LA COMMUNAUTÉ DES BIENS SACRÉS
qui, dans la confarréation, et plus tard dans les autres mariages, avait été porté devant l'épouse, était plongé dans une pure eau de source, et que l’époux aspergeait sa compagne avec cette eau‘. C’était là comme une bénédiction dont le signe avait été consacré par le feu allumé chez les parents même de la mariée, et alaquelle se rattachaient ainsi pour la jeune femme les souvenirs du foyer paternel et les espérances du foyer conjugal.
Ce feu domestique qui se rencontre plus d’une fois dans les cérémonies du mariage, l’épousé le retrouvera encore quand les Pronubæ l’auront amenée dans la chambre nuptiale, quin’est autre que l’atrium où s'élève l'autel de Vesta ?.
C’est à cet autel que, le lendemain de leur mariage, les époux offrent ensemble un sacrifice que suivra une nouvelle fête * ; et le jeune couple inaugure ainsi la communauté des biens sacrés.
Comme nous le remarquions au début de ce livre, la pierre du foyer est l’autel qui réunit les époux, et c’est la matrone qui en est la prêtresse. Aux kalen-
1. Becker-Rein, {. c. Sur l'emploi de l’eau dans les cérémonies païennes, cf. Tertullien, Du baptéme, v. è
2, Horace, Épitres, 1, 1, 81; Becker-Rein, Z. c. Le feu domestique des nouveaux époux était allumé chez les édiles. Plutarque, Questions romaines.
3. Horace, Satires, II, n, 59-61; Becker-Rein, ouvrage cité. — La jeune femme paraît aussi avoir reçu de son mari un don analogue au Morgengabe des Germains. Voir Juvénal, vi, 204-206.