LA PUDICITÉ PLÉBÉIENNE
dans une famille aristocratique? n’avait-elle pas été mariée une seule fois? Et quant à l’époux qui avait eu son premier amour, elle ne rougissait ni de lui, ni des honneurs et de la gloire qu'il avait mérités. Loin de là, elle était fière de cette alliance.
Après cette généreuse revendication, la femme du ‘ consul se retire. Elle se dirige vers la rue Longue où est sa maison. Rentrée chez elle, Virginie sépare de sa demeure un espace suffisant pour un lieu sacré, et dresse un autel dans cette enceinte. Alors elle réunit les matrones plébéiennes. Après leur avoir dit l’outrage que lui ont infligé les femmes des patriciens, elle ajoute : « Je dédie cet autel à la Pudicité plébéienne, et je vous exhorte à ce que, comme dans cette ville la lutte du courage oblige les hommes, il en soit ainsi de la pudeur entre les matrones; et à ce que vous fassiez en sorte qu’il soit dit que cet autel, si c’est possible, soit honoré plus saintement que l’autre, et par de plus chastes adoratrices!.
La ou d’une vertueuse matrone était digne de donner un nouvel autel à la Pudicité.
De même que le culte de Vesta, le culte de la Pudicité né pouvait que contribuer à maintenir la chas-
1. Hanc ego aram, inquit, Pudicitiæ plebeiæ dedico : vosque “hortor, ut quod certamen virtutis viros in hac civitate tenet, hoc pudicitiæ inter matronas sit, detisque operam, ut hæc ara, quam
illa, si quid potest, sanctius et a castioribus coli dicatur. Tite- Lave,;x, 25.
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