‹ La femme romaineChapitre 83 sur 313 · COUTUMES ÉTRANGES · texte numérisé non relu

COUTUMES ÉTRANGES

teté de l’épouse. Il en était probablement ainsi du culte de Junon, la protectrice du mariage. Mais tout n’était pas aussi pur dans la vieille religion romaine, et plus d’une coutume étrange devait révolter la pudeur de la matrone. Que dire du rôle que jouaient les femmes pendant les Lupercales, et les fêtes de Flore, et celles de Liber, la divinité associée, comme Bacchus chez les Grecs, à Cérès et à Proserpine? Bona Dea même, cette déesse agricole que l’on adorait aussi comme une protectrice de la dignité féminine, Bona Dea était l’objet de légendes dont l’immoralité ne préparait que trop bien les scènes scandaleuses qui, plus tard, souillèrent ses fêtes’. Certes, il fallait que Dieu eût bien profondément imprimé dans Le cœur de la femme la notion de la pureté, il fallait que les mœurs patriarcales fussent bien vivaces chez les Romains, pour que la matrone püt conserver sa chasteté au milieu de semblables cultes. Comme nous l’avons déjà remarqué à propos des usages nuptiaux, ces traditions présentent une véritable opposition avéc le soin que devaient prendre les Romains de ne prononcer devant leurs femmes aucune parole malséante.

Nous avons dit que la vertu de la matrone était déjà une sauvegarde contre la puissance absolue que le vieux droit quiritaire attribuait au mari. Pour

1. Saint Augustin, Cité de Dieu, vn, 21, 24 ; Preller, ouvrage cité.

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