LA MATRONE A SON FOYER
savoir quelle fut en réalité la situation de l'épouse devant l’époux, faisons reparaître une image que nous avons déjà saluée au commencement. de ce livre : la matrone à son foyer, ou, pour mieux dire, au foyer domestique, car ici la femme n'est pas, comme à Athènes, reléguce dans un gynécée; elle habite la grande salle de la maison, l’atrium !.
Il fait nuit. Tout repose, excepté la main de la femme laborieuse. Une torche éclaire l’atrium, et jette ses reflets sur la pourpre et l’or dont la matrone est couverte?, parure royale qui convient merveilleusement au caractère majestueux et seulptural de sa beauté.
La maîtresse de maison occupe la place d'honneur. Elle est assise sur son lit, en face même de la porte d'entrée. Le mobilier est pauvre. Fussions-nous chez un sénateur, nous sommes dans une chaumièere ; et le feu de Vesta, les Pénates, les Lares, les masques de cire moulés sur les visages des ancêtres morts, les archives de la famille, sont les seuls trésors que la femme ait sous sa garde dans l'atriumÿ.
Il y a une singulière opposition entre le luxe personnel de la matrone et la rustique simplicité de sa maison. C’est que le Romain veut adoucir pour sa