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Ovide, Fastes, vi

130 LA MOUNOGAMIE

emblème rustique, la tête d'un âne couronnée 1. Mais la matrone avait alors des habitudes trop sé: vères pour adopter l'usage de ce lit. Elle continua de s'asseoir aux repas ?.

Sur une table de noyer, à trois ou quatre pieds, paraissaient les légumes cultivés par le chef de famille, et la bouillie que l’on servait dans un plat étrusque. Si le dîner avaït lieu à l’occasion d'une fête, qui pouvait être le jour natal du maître de céans, la pièce de porc, détachée de la claie, donnait un plat de lard; et si un sacrifice avait été offert, la viande fraîche figurait au festin ?.

La matrone présidait donc avec son époux aux rites religieux du foyer, aux travaux de la maison, aux affaires domestiques, et même à ces paisibles et joyeuses fêtes de famille après lesquelles on reprend avec plus de force et de gaïeté les occupations journalières. Mais il est entre les époux une communauté de plus, et celle-ci est la plus importante! 14 communauté des enfants. Avant de dire ce que fut la mère, ajoutons encore quelques traits au rôle de l'épouse, et disons comment la femme était la seule maîtresse du logis, et comment la possession de cette place d'honneur lui était assurée.

Aucun peuple de l’antiquité ne garda aussi sévérement que le peuple romain le principe de la mono-

1. Juvénal, x1, 96, 97. —2. Valère Maxime, IT, 1, 2. — 3. Juvénal, x1, 78-85, 108, 117-119.

gamie, tel que Dieu l'avait institué dans l’Éden. Alors aussi. les liens du mariage étaient indestructibles, du moins par. le fait. Limité par la loi, le divorce est repoussé par les mœurs. La loi permet à l’homme derrépudier sa compagne si celle-ci a trahi la foi conjugale, ou empoisonné ses enfants, ou possédé de fausses clés. Après que le mari de cette femme aura pris l’avis du tribunal domestique, la loi l’autorise à prononcer, la formule du divorce, cette redoutable formule qui est gravée dans les Douze Tables : « Reprends ce qui est à toi !.» Et la femme, qui jusqu'alors à été maîtresse de la maison, doit rendre à celui qui n’est plus son époux les clés dont elle avait la garde. L'homme, dont la respectueuse affection l’entourait naguère, lui fera entendre cette brève et dure parole : « Va dehors, femme 2. » Et c’est ainsi qu'elle sera ignominieusement chassée de ce foyer où elle était reine.

Sile mariage de la femme répudiée à été contracté avec la manus, d’autres formalités seront nécessaires: La confarréation, qui produit en même temps le mariage et la manus, sera dissoute par une cérémonie spéciale qui abolira, en même temps aussi, le lien nuptial et la puissance de l’époux : c’est la diffaréation, à laquelle doivent concourir les pon-

4. Tibi habeas res tuas. Plaute, Amphitryon, acte II, scène u. Comp. Cicéron, Philippiques, n, 28; etc.

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