SCENE III
M. FÉLIAT, THÉRÈSE, puis M. GUÉRET
MONSIEUR FELIAT
Vous VOUS êtes fait un ennemi, ma bonne Tliérèsc.
THÉRÈSE
Pou inijiurlc. Tant (jue j(> le pourrai, j'empêcherai le travail des femmes d'enlrcîtenir la paresse et l'alcoolisme des maris.
MONSIEUR FÉLIAT
Et je VOUS approuve. Je suis avec vous.
THÉRÈSE, rianl.
J'ai eu assez de mal à vous convaincre.
MONSIEUR FÉLIAT
Oui, nuiis ceux qui sont difficiles à conquérir sont plus sûrs que les autres... La générosité de vos idées
les a imposées à moi... J'espère encore que ces gaillai'ds-là ne nous feront pas de sottises.
THÉRÈSE
Que voulez-vous dire ?
MONSIEUR FÉLL\T
Rien... Rien... {Changeant de ton.) Dites-moi. ma chère enfant, savez-vous que René doit arriver à Evreux aujourd'hui ?
THÉRÈSE
Oui.
MONSIEUR FÉLIAT
Vous pensez toujours à certain projet?...
THÉRÈSE
Toujours.
Et René ?
THERESE
J'ai encore reçu une longue lettre de lui ce matin. Il doit venir : je voulais vous demander la permission de le recevoir ici...
MONSIEUR FÉLIAT
Mon Dieu... je ne puis guère m'y opposer... Mais j'ai peur que ses parents ne m'en sachent aucun gré...
204 LA FEMÎIE SEULE
THERESE
Soyez tranquille... II paraît que tout est changé. [Entre M. Giiéret.)
MONSIEUR GUÉRET, à part, à M. Félial.
Les deux délégués de Paris sont arrivés...
MONSIEUR FÉLIAT
Le diable les emporte.
MONSIEUR TtUÉRET
L'un d'eux veut vous parler.
MONSIEUR FÉLIAT
Je n'ai rien à lui dire.
MONSIEUR GUÉRET
11 vaut mieux le recevoir.
11 est là?
MONSIEUR GUÉRET, avcc wie insistance sous-entendue. Oui.
MONSIEUR FÉLIAT
Eh bien, cnvoycz-lo moi, et vous, employez-vous à surveillcF son acolyte.
MONSIEUR GUERET
Bien.
{Il sort.)
MONSIEUR FÉLIAT
Voulez-vous me laisser, Thérèse, j'ai à recevoir une visite embêtante...
THÉRÈSE, en sortant par la droite.
Rien de grave ?
MONSIEUR FÉLIAT
Mais non, mais non... C'est M. Guéret qui fait des mystères pour les choses les plus simples.
{Entre le délégué.)