PRÉFACE. XVII
que ses critiques on que ses lecteurs où il va quand il compose, un livre. S'il abandonne ses* idées premières pour des idées surgies après son plan primitif, il les trouve sans doute de plus agréable façon , pour lui s'entend :
la main-d'œuvre est moins chère , le personnage exige moins d'étoffe dans son habillement, les couleurs de la description sont moins coûteuses. Il y a, voyez-vous, beaucoup de petites considérations que connaissent ceux qui se plaignent le plus , et qui néanmoins prennent plaisir à ameuter le public contre le fabricant. Cette mauvaise foi réduit la Critique à n'être que des querelles de boutiquier, ce qui déshonore la littérature beaucoup plus que cette prolem sine maire créatanij ce livre enfanté sans argent.
Qui sait ! le hasard est un bon ouvrier, il
se charge peut-être de répondre à ces criailleries assassines. Plus tard, il se poursaift que tMus ees^moieeaiix fissent une masaiqiie : seuien^oft il est certain qu'elle ne sera pas à fond d'or oMuue celles de Samt-Marc à Venise , ni à fond de marbre comme ceHes de l'amÂquité, nia fond de {ûerres prée^oas comme celles de Florence, elle sera de ia plus vulgaire terre cuite, matière dont sont faites certaines ^ses de village en Itafie; elle accusera plus de patience que de talent, mie probe indigence de matériaux , et la parcimonie des moyens d'exécution. Mais ccxnme dansée^ ^lises, cette construction aura, un portail à mille figures ea pied, elle offrira quelques profils dans kars cadres, des madones sortiront de leurs gaines pour sourire au passant : on ne les donnera pas pour des vier-
PitÉFACS. XIX
ges de Raphaël, ni de Corrège, ni de Léonard de Vinci, ni d* Andréa del Sarto, mais pour des madones de pacotille, comme des artistes, pauvres de toute manière , en ont peint sur , les murailles par les chemins en Italie. On reconnaîtra chez le constructeur une sorte de bonne volonté à singer une ordonnance quelconque, il aura tenté de fleureter le tympan, de sculpter une corniche , d'élever des colonnes, d-allonger une nef, d'élever des autels à quelques figures de saintes souffrantes. Il aura essayé d'asseoir des manières de démons sur les garçouilles, de prendre quelques grosses physionomies grîtnaçantes entre deux supports. Il aura semé çà et la des anges achetés dans les boutiques de carton pierre. Le marbre.est si cher! Il aura fait comme font les gens pauvres, comme la ville de
XX PRÉFACE
Paris et le goayernement qui mettent des papiers mâchés dans les monumens publics. Eh!
diantre, l'auteur est de son époque et non du siècle de Léon X, de même qu'il est un pauvre Tourangeau , non un riche Écossais. Toutesces choses se tiennent. Un homme sans liste civile n'est pas tenu de tous donner des livres semblables à ceux d'un roi littéraire»
Les critiques disent et le monde répète que l'argent n'a rien à faire en ceci. Dites donc ces raisons à la chambre des députés, diteslui que l'argent ne signifie rien pour achever un monument! Vous verrez s'élancer toutes les banquettes d'arrondissement et jeter des clameurs furieuses! Rubens, Van- Dyck, Raphaël, Titien, Voltaire, Aristote, Montesquieu, Newton, Cuvier, ont-ils pu monumentaliser leurs œuvres sans les ressour-