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THÉORIE SCIENTIFIQUE (nI INFÉRIEURE NI ÉGALE)
Les caractères propres à chaque sexe s'accusent de plus «n plus à mesure que l'on s'élève dans la série animale; la sexualité s'atlénue au contraire et disparaît quand on descend l'échelle des êtres et qu'on arrive aux animaux les plus inférieurs. Il n'y a pas de longues réflexions à faire ou de profonde théories à analyser pour admettre cette vérité, il n'y a qu'à regarder la nature; on pourra constater ainsi que depuis le protozoaire qui se multiplie par scission, que depuis la monère, par exemple, dont chaque division produit une monère nouvelle, jusqu'à l'homme, il y a une gradation insensible et une complication de plus en plus grande dans la fonction de la reproduction.
Les animaux rudimentaires qui occupent le Las de l'échelle xoologique n'ont pas de sexe; ils se reproduisent par division, par bourgeonnement, par produits de bourgeons germinatifs. 11 n'y a chez ces êtres ni mâle ni femelle : les descendants sont un fragment de la propre substance de l'ascendant et prennent les dimensions et les caractères des organismes dont ils sont une partie; ou bien un bouroeon
véritable qui, en tombant, reproduit l'organisme sur lequel il s'est développé.
La première forme de reproduction sexuelle se manifeste sur des êtres encore bien inférieurs; aussi est-elle très simple : la fécondation se produit sans organes spéciaux, non seulement il n'y a chez ces animaux ni mâle ni femelle, mais encore ils ne possèdent pas d'appareils reproducteurs. Dans la forme la plus simple de la reproduction sexuée, deux cellules se détachent du même animal', se rencontrent dans le milieu ambiant ou dans l'organisme même d'où ils proviennent, se pénètrent et se fondent ensemble pour former un être semblable à l'ascendant.
C'est ainsi que cela se passe dans l'Olynthus, éponge inférieure, dont le corps entier n'est qu'une poche dans laquelle se fait la digestion. Quand la reproduction doit s'accomplir, quelques cellules se détachent de ce sac à digérer, les unes sont femelles ou ovulaires, les autres sont mâles ou spermatiques, elles se rencontrent soit dans l'eau où elles vivent, soit même dans la poche intestinale, et se marient et se pénètrent pour former un être nouveau.
En remontant la série zoologique, et en observant des animaux plus élevés, on constate que les cellules sexuelles ne se détachent plus de la paroi de l'animal ; elles sont élaborées pour chaque sexe dans un appareil séparé. Mais, dans quelques espèces, le même individu porte les deux appareils mâle et femelle, et l'animal est dit hermaphrodite ou androgyne.
L'hermaphrodisme est complet sur certains entozoaires ; l'animal se suffit à lui-même, ses organes sexuels fonctionnent entre eux, et il se reproduit tout seul. Dans d'autres espèces, quoique le même individu soit porteur des organes reproducteurs des deux sexes, la fécondation cependant ne peut se produire qu'à deux; c'est ainsi que les limaçons, les
THÉORIES
sangsues, etc., s'accoiiplenL el que chacun d'eux est à la fois et dans le même instant, mâle et femelle.
Au-dessus des liimdinées et des gastéropodes les sexes sont séparés; les animaux qui les portent deviennent de plus en plus distincts et se différencient par des caractères de plus en plus tranchés.
Dans l'espèce humaine, dontles différences sexuelles sont plus grandes que chez presque tous les quadrumanes, les attributs de l'homme et ceux de la femme sont absolument distincts et se développent d'autant plus que ceux qui les portent se rapprochent davantage de leur âge de maturité et de force. Comme dans tout le reste de la série animale d'ailleurs, ce sont les races humaines les plus élevées en intelligence et en civilisation qui offrent entre les sexes les caractères différentiels le plus accusés.
Dans les races supérieures de l'espèce humaine, la physionomie de chaque sexe étant très accusée, lorsque des exceptions se produisent etque les attributs de chacun d'eux sont assez peu marqués pour qu'il puisse y avoir confusion, on peut-être convaincu que la puissance génitale est altérée, ou qu'elle n'existe pas. Comment confondre la haute stature, les épaules carrées et puissantes, la poitrine développée et à large expansion, la musculature saillante, le bassin étroit, la marche ferme et rapide, la voix grave et sonore, la peau épaisse et velue, le crâne développé, le visage énergique et couvert de barbe de l'homme, avec la taille plus petite, les épaules tombantes, la poitrine étroite aux seins proéminents, les formes délicates et gracieuses, le bassin large et ample aux hanches évasées et arrondies, la démarche onduleuse et légère, la voix aiguë, harmonieuse et tendre, le visage glabre, aux contours délicats et voluptueux, la peau fine, douce et blanche de la femme? — Comment confondre la force avec la grâce,, la volonté avec la tendresse, la logique
avec la finesse, l'emportement avec la douceur, la bravoure bruyante et vaniteuse avec le courage tenace, caché, et sans la préoccupation de la gloire? L'homme c'est la lutte, la femme c'est l'amour.
Nous sommes nés ainsi ; notre organisme enlier le démontre. Et plus la civilisation avancera, plus s'accuseront ces caractères particuliers de l'un et de l'autre sexe, car le développement du bassin devra fatalement marcher parallèlement au développement du cerveau, puisqu'il devra le contenir et lui livrer passage au moment de la parturition.
En dehors des organes génitaux, la différence des caractères sexuels n'existe pas dans l'enfance; les filles et les gar- «;ons se ressemblent, et s'ils étaient vêtus de même, si on leur donnait à cet âge, où ils sont neutres encore pour ainsi dire, la même éducation, si on les livrait aux mêmes exercices comme dans l'antique Sparte, la ressemblance serait complète jusqu'à l'époque de la puberté. Mais aux approches de l'âge adulte la différence s'établit nettement et chaque être, en se préparant à suivre sa destination, prend les caractères que cette destination lui impose.
Plus on observe la nature, plus on constate que les deux sexes ne peuvent se comparer, ayant chacun un rôle spécial à remplir et une organisation entièrement adaptée à ce rôle; plus il est évident aussi qu'il ne peut être question entre l'homme et la femme ni de supériorité, ni d'infériorité. En considérant l'évolution des êtres et leurs transformations successives, on doit induire avec certitude que plus l'espèce humaine s'élèvera en intelligence et en civilisation, plus la séparation des sexes deviendra profonde, et leur spécialisation précise.
Il ne pourrait y avoir d'égalité réelle entre les êtres humains que par l'hermaphrodisme ou par la neutralité sexuelle; mais si cette neutralité a été fréquemment observée
TiiuuÉ. — La femme. 1^
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et peut s'obtenir facilement parla castration, l'Iicrmaplirodisme vrai est on ne peut plus rare; on n'en connaît qu'un cas scientifiquement certain. D'ailleurs hermaphrodites ou castrats sont des monstres condamnés à la stérilité.
L'hermaphrodisme n'est le plus souvent qu'apparent; le malheureux qui le porte n'a, en réalité, qu'un sexe et ordinairement même ne possède que le rudiment d'un sexe. On raconte bien qu'en 1807 il y avait à Lisbonne un individu ayant de l'homme un pénis imparfait et des testicules, et de la femme la voix, les appétits sexuels, la vulve, la menstruation, et, ce qu'il y a de plus féminin au monde, ayant eu deux grossesses. Mais l'observation n'est pas considérée comme apportant un degré suffisant de certitude, surtout en ce qui concerne la présence des testicules, et ce cas n'est pas admis dans la science comme de l'hermaphrodisme vrai; pas plus d'ailleurs que celui du moine d'Issoire qui, d'après Montaigne, accoucha dans son couvent.
11 y a cependant un cas d'hermaphrodisme vrai qui est absolument authentique; il a été constaté et étudié par les autorités scientifiques les plus importantes : Scanzoni^ A^'irchow, Schultze, Mundé.
Le sujet bi-sexué était né en Franconie en 1824 et portait le nom de Catherine Homann. A douze ans les organes génitaux et les mamelles se développèrent, à dix-sept ans les règles s'établirent et se présentèrent régulièrement jusqu'à quarante ans. Voici la description que la Gazelle hebdomadaire donne de cet hermaphrodite vrai' : « Les organes génitaux externes de Catherine se rapprochent du type masculin. Ils consistent en un pénis de cinq centimètres, incurvé en bas et fixé par deux replis muqueux à la manière des hypospodes. Ce pénis n'est pas perforé et