MAURICE, CATHERINE, NICOLAS
CATHERINE , faisant passer Nicolas de\^ant elle. Allons , imbécille , passe devant moi.
Je passe, la bourgeoise.
CATHERINE
Il retournait aux champs sans avoir déjeûné. (.1? Maurice') Ah ! bon jour, voisin.
MAURICE
Bon jour, voisine.
isiCOLAs , tremblant.
Je vous assure , madame Catherine , que je n'ai pas faim.
CATHERINE
Je veux que lu manges, et ne me réplique pas. . . voyez comme il est fail ! demandez-moi de quoi il a Tair . . allons, avance ici. . . il serait gentil comme tout, s il avait soin de lui- .. mais ce Nigaud-là, Tamour lui tourne l'esprit... laisse-moi faire , j y mettrai bon ordre. NICOLAS , il part.
Si celle-là dit aussi le contraire de ce qu'elle pense , mes affaires sont en bon chemin,
MAURICE
Allons, voisine, ne le chagrinez pas, ce garçon; votre ton brusque Teffraie toujours.
CATHERINE, i emportant tout à coup.
Eh ! bien , de quoi vous mêlez-vous , M ■ Maurice ? quand vous étiez maréchal-des-logis ; vous commandiez à vos soldats ; moi , je suis le capitaine de ma ferme, et je veux qu'on m'obéisse.
NICOLAS , à part. Tout le monde en aura sa part.
CATHERINE
Qu'esl-ce que tu dis ?
NICOLAS, à part.
Rien, rien.
MAURICE, de même.
Quelle tête î
CATHERINE, à Nicolas.
As-fu du pain ?
NICOLAS , tirant de sa poche un gros morceau de pain bis.
Oui , la bourgeoise.
CATHERINE , très- du rement .
Avance auprès de moi .
:ricolas , h demi voix .
Dieu I quoiqu'elle ra me faire ?
CATHERINS, allant ù ta table.
Qu'est-ce que tu as fait ce matin .''
î»ICOLAS,
J'ai mène les chevaus àl'abreuToir, et j'ai ébigneté deux carrés de vignes.
CATHEftlNE .
Dieu ! v'ià une bffUe ponôsée î t'aurais pu en faire tjuatre. . . tu es un paresseax !. . . tends ion pain : (elle Ivi donne un morceau de jambon.) as-tu rentré les quatx-e charrettes de foin qui sont arrivées hier.
NICOLAS, mangeant.
Il n'en reste plus qu'une.
Comment ! tout n'est pas rentré ?. . . et s'il vient à pleuvoir , le foin qui restera sera perdu... je te chasserai, prcnds-y ^rt'e. . . tiens ce verre. . . {Elle lui verse du vin.) (// part.) i^a lui donnera des forces. (Haut.) Allons, avalemoi ça.
NICOLAS , boit en tremblant.
Il est bon !
CATHERINE
Décampe, et souviens- toi que si je te prends jamais à perdre ton temps à déranger Louison de sa besogne, je te chasse sans te donner un sou.
NICOLAS , s^cn allant ci mangeant io/i lard. Qu'elle est bonne !',qu'ellc est bonne!