‹ La fermièreChapitre 14 sur 23 · MAURICE, CATHERINE, NICOLAS · texte numérisé non relu

MAURICE, CATHERINE, NICOLAS

CATHERINE , faisant passer Nicolas de\^ant elle. Allons , imbécille , passe devant moi.

Je passe, la bourgeoise.

CATHERINE

Il retournait aux champs sans avoir déjeûné. (.1? Maurice') Ah ! bon jour, voisin.

MAURICE

Bon jour, voisine.

isiCOLAs , tremblant.

Je vous assure , madame Catherine , que je n'ai pas faim.

CATHERINE

Je veux que lu manges, et ne me réplique pas. . . voyez comme il est fail ! demandez-moi de quoi il a Tair . . allons, avance ici. . . il serait gentil comme tout, s il avait soin de lui- .. mais ce Nigaud-là, Tamour lui tourne l'esprit... laisse-moi faire , j y mettrai bon ordre. NICOLAS , il part.

Si celle-là dit aussi le contraire de ce qu'elle pense , mes affaires sont en bon chemin,

MAURICE

Allons, voisine, ne le chagrinez pas, ce garçon; votre ton brusque Teffraie toujours.

CATHERINE, i emportant tout à coup.

Eh ! bien , de quoi vous mêlez-vous , M ■ Maurice ? quand vous étiez maréchal-des-logis ; vous commandiez à vos soldats ; moi , je suis le capitaine de ma ferme, et je veux qu'on m'obéisse.

NICOLAS , à part. Tout le monde en aura sa part.

CATHERINE

Qu'esl-ce que tu dis ?

NICOLAS, à part.

Rien, rien.

MAURICE, de même.

Quelle tête î

CATHERINE, à Nicolas.

As-fu du pain ?

NICOLAS , tirant de sa poche un gros morceau de pain bis.

Oui , la bourgeoise.

CATHERINE , très- du rement .

Avance auprès de moi .

:ricolas , h demi voix .

Dieu I quoiqu'elle ra me faire ?

CATHERINS, allant ù ta table.

Qu'est-ce que tu as fait ce matin .''

î»ICOLAS,

J'ai mène les chevaus àl'abreuToir, et j'ai ébigneté deux carrés de vignes.

CATHEftlNE .

Dieu ! v'ià une bffUe ponôsée î t'aurais pu en faire tjuatre. . . tu es un paresseax !. . . tends ion pain : (elle Ivi donne un morceau de jambon.) as-tu rentré les quatx-e charrettes de foin qui sont arrivées hier.

NICOLAS, mangeant.

Il n'en reste plus qu'une.

Comment ! tout n'est pas rentré ?. . . et s'il vient à pleuvoir , le foin qui restera sera perdu... je te chasserai, prcnds-y ^rt'e. . . tiens ce verre. . . {Elle lui verse du vin.) (// part.) i^a lui donnera des forces. (Haut.) Allons, avalemoi ça.

NICOLAS , boit en tremblant.

Il est bon !

CATHERINE

Décampe, et souviens- toi que si je te prends jamais à perdre ton temps à déranger Louison de sa besogne, je te chasse sans te donner un sou.

NICOLAS , s^cn allant ci mangeant io/i lard. Qu'elle est bonne !',qu'ellc est bonne!

Page 1