SCENE îî
Les Mêmes , CATHERINE.
CATHERINE , à /a cantonnade.
C'est bon ; c'est bon. Vous lui direz qu'il attende,., n' faufil pas être à ses ordres ? S'il se fâche , tant pis pour lui. (^Aux paysans. )^h. ! bien , qu'est-ce que vous faites là , vous autres "? . . paresseux , vous n'êtes pas encore à l'ouvrage,^ LOUISON , tremblante.
Ma marraine , c'est que . • •
NICOLAS
Madame Catherine , c'est à cause de . . .
CATHERINE
C'est à cause de... vous n'en finissez pas.,, si c'était pour aller à vos plaisirs , il y a long-temps que vous seriez en route ; mais le travail vous tient au cœur . . . Mon déjeûner est-il prêt ? ( EUe voit la table.) Ah ! c'est bien heureux !
LOUISON
Ma marraine , j' vous assure. . •
CATHERINE , la poussant.
C'est bon ! partons, et dépêchons. {T arrêtant.') Ah ! çà , ton grand père , comment se porle-t-il .•' Je sais qu'il a été malade.
LOTJÏSON.
Il va mieux , ma marraine ; il va bien mieux.
CATHERINE
Oui , et il ne nous fait rien dire. . . il a besoin de mille choses j il se laisserait mourir sans seulement nous-., j'irai le voir , moi , et je lui laverai la tête, (y/ Nicolas.') Eh ! bien , toi , quand lu nous écouteras là , comme un grand imbécille ! et nos vignes , est-ce qu'elles ne sont pas encore taillées ?
NICOLAS
Dam !... dame Catherine, c'est que... j'ai été... je v'nais pour. . . j'ai pas encore déjeûné.
CATHERINE
Tu n'as pas encore déjeûné .■* Avez-vous jamais vu un petit drôle pareil I il a été hier Irois fois à la ville. . . et il ne se nourrit pas ; il s'abime la santé . . eh ! bien , tu ne déjeûneras pas ; ça t'apprendra à te lever plutôt. , . allons , prendsmoi ta serpette , et aux vignes.
NICOLAS
Comme c'est restaurant !
CATHERINE
Une autre fois tu seras plus diligent.
Air : Vaudeville de l'Intérieur d'une Etude.
Vivre d' l'air en rêvant sur l'herbe , Des amoureux , voilà I' régal Qui dort dine , dit le proverbe, Désormais sois plus matinal.
NICOLAS
Vous qui raisonnez , dam' Cath'rinc , D' vous entendre j' suis elonne', Je sais comme vous que qui dort dine , Mais qui dort n'a pas déjeuné.
CATHERINE
Je suis sûre que tu en contais à Louison; lu lui parlais de ton amour.
LOUISON
Non, ma marraine, au contraire.
NICOLAS , aux paysans.
Ah ! n'est-ce pas , les autres, que j' lui en parlais pas .•* C'est pas qu' j'en avions bonne envie; mais comme nous allons nous marier . . .
CATHERINE
Vous marier !.. pr . . . pr . . . je n' m'en occuppe pas .... vous n'en êtes pas là, vraiment... nous avons bien autre chose à penser.
NICOLAS
Cependant...
CATHERINE , très-vivi'rnent.
A l'ouvrage ! . . Nous verrons ça plus tard.
Air : Tôt, tôt ^ tôt.
Ne babillez pas tant ; Sans perdre un seul instant , Qu'on s'en aille Et que l'on travaille ; C n'est pas en restant là Que le bled mûrira Et que la vigne poussera.
Toi , Jean , va-t-en dans 1' clos Fair' la chasse aux
Oiseaux ; Toi , Pierr' , va-l-en là-bas Chercher des e'chalas.
Ne babillez pas tant , etc.
Ils sortent tous.