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CHAPITRE III Les promesses de la vie future

Si belles que soient les promesses de la ferveur pour la vie présente, celles qui concernent la vie future les surpassent encore. En effet, tout ce que vous pouvez souhaiter pour l'autre vie, la ferveur vous le promet.

Et d'abord, votre premier intérêt par delà ce monde, celui que TEvangile appelle « Tunique nécessaire, » à savoir le salut, la ferveur vous l'assure.

Gomment cela ? C'est que la ferveur vous donne la force contre le mal, contre la tentation, contre vos passions. Votre faiblesse naturelle est si grande, votre inclination au péché parfois si violente ! Sans le secours de Dieu, vous êtes impuissantes à éviter le mal et à faire le bien. Ce secours, c'est la ferveur qui vous le donne, puisqu'elle vous donna Dieu. Seule, la personne pieuse est véritablement armée et capable de se défendre contre ces redoutables assauts qui vous sont livrés, tôt ou tard, par l'ennemi de vos âmes. Seule, elle est vraiment en sécurité. Pour elle seule,

on peut dire que le salut est assuré : « La ferveur a les promesses de la vie future. »

Quelles promesses que celles-là I Le navigateur, qui part pour un voyage au long cours, est exposé à tant de dangers : les brouillards au milieu desquels on s'égare, les écueils auxquels on se brise, les vaisseaux contre lesquels on se heurte quand la brume est épaisse, les tempêtes qui soufflent, les flots qui s'élèvent et engloutissent !... Arrivera-tilau port? Question pleine d'angoisses et d'incertitudes.

Sauverez-vous vos âmes ? Il y a tant d'obstacles, tant d'écueils s-ur la route î Des passions si redoutables peuvent souffler tout à coup '....Tant d'autres ont sombré déjà ! Serezvous plus heureuses ? Question non moins incertaine, et autrement poignante, mais qui, par la ferveur, peut se changer, si vous le voulez, en une douce et consolante certitude! w La ferveur aies promesses de la vie future, » promesses du salut éternel.

La ferveur ne vous prémunit pas seulement contre le péché, elle le répare ; elle panse vos plaies; elle y verse l'huile et le vin, elle les guérit ; elle en efface jusqu'aux dernières traces, elle satisfait pleinement à la justice de Dieu, elle paie jusqu'à la dernière obole.

Que d'âmes ne seront sauvées qu* « en passant par le feu!» Que d'âmes paraîtront devant Dieu couvertes encore d'iniquités,

chargées de dettes nombreuses et criardes, ot iront s'ensevelir dans les flammes, pour y trouver dans de longues et cruelles souffrances la pureté sans laquelle on ne peut entrer au royaume des cieux !

La ferveur est un purgatoire volontaire et combien plus doux ! Les sacrifices qu'elle vous demande, les expiations présentes qu'elle vous fait embrasser joyeusement, sont à peine des gouttes d'eau auprès de l'océan des amertumes et des douleurs qui vous attendent dans l'autre vie.

Il n'y aura pas ou presque pas de purgatoire pour les âmes vraiment ferventes, tant la ferveur répare, expie, dégage l'âme du mal, va^ le détruire jusque dans sa racine et en effacerj les moindres traces !

La ferveur accumule, chaque jour et à chaque instant, dans l'âme, d'incroyables mérites et d'incalculables richesses. Elle n'ouvre paî seulement le ciel, elle vous élève incessamment dans le degré de gloire et de bonheui qui vous sera départi.

On tient aux biens de ce monde ; on fait dej bassesses pour les avoir ou pour les garder on use ses forces, sa santé, sa vie, pour lei acquérir ; on se désole, on croit tout perduj quand on les perd. Et cependant que sont-ilsi auprès des biens éternels ? De la poussière! que le souffle du vent emportera et dissiper^ bientôt 1 Ne serait-ce pas de la démence, uni

impardonnable folie, de ne pas s'attacher cent fois plus aux biens éternels et à la ferveur qui les donne?

La ferveur vous unit tellement à Dieu qu'elle ne vous confère pas seulement ses propres biens, mais sa propre puissance; elle vous fait tellement un avec Lui que l'âme fervente obtient de Dieu tout ce qu'elle veut. Vivant de la vie même de Jésus, c'est en son nom qu'elle demande toujours; et, l'Evangile est formel, une pareille demande n'est jamais repoussée.

Le crédit que les âmes ferventes ont sur Dieu est immense. Les Saints faisaient des miracles parce qu'ils avaient, par la ferveur, la toute-puissance de Dieu à leur service.

La ferveur vous assure, enfin, la dernière de toutes les grâces ici-bas, celle qui couronne toutes les autres, une douce et sainte mort : « Bienheureux, dit l'Évangile, le serviteur que son maître trouvera vigilant, quand il viendra frapper à sa porte ! » La mort est ce maître qui vient frapper à la porte. Bienheureuse alors l'âme vigilante, c'est-à-dire l'âme fervente!

« Je ne savais pas qu'il fût si doux de mourir, » s'écriait un saint prêtre. Ce sera le sentiment de toute âme fervente à ses derniers instants.

L'âme pécheresse et égoïste sera attachée à elle-même et aux biens de la terre, comme

ces arbres qui tiennent au sol par de profondes et fortes racines: il faudra un violent effort et une grande secousse pour la déraciner de ce monde.

L*âme fervente, comme un fruit mûr depuis longtemps déjà, tombera d'elle-même dans la main de Dieu.

Telles sont les magnifiques promesses de la ferveur. Notre-Seigneur les faisait à ses apôtres, quand il leur disait : u Vous qui avez tout quitté pour me suivre, vous recevrez le centuple et vous posséderez la vie éternelle. » Quittez tout, comme les apôtres, dans un généreux élan de ferveur pour suivre le Maître, et vous recevrez les mêmes récompenses : « La ferveur est utile à tout, elle a les promesses de la vie future. »

Une jeune femme se mourait. Elle avait un beau nom et unegrande fortune; elle avait joui de tous les biens de la terre; mais elle avait oublié Dieu. Et maintenant, elle allait tout quitter; ses instants étaient comptés, elle le savait. Sentant la fin venir, elle eut un accès de désespoir; se tournant vers la Sœur qui la soignait, et étendant vers elle ses deux mainsj ouvertes : « Ah! ma Sœur, s'écria-t-elle, jej meurs les mains vides ! »

Duraat sa courte vie, elle avait eu les mains^ pleines : pleines d'argent, de plaisirs, d'honneurs, de vanités, de folles joies! Mais, à cette heure, tout avait disparu, tout s'était évanoui

LES MOTIFS DB LA FERVEUR qB

comme un songe: il ne lui restait plus rien du passé, et elle répétait avec des sanglots : « Je meurs les mains vides ! »

La Sœur eut une inspiration; elle détacha son propre crucifix qui pendait sur sa poitrine et, le mettant entre les mains de la moribonde : « Non! lui dit-elle, vous ne mourrez pas les mains vides : vous avez Jésus-Christ entre vos mains ! »

0 chrétiennes ! voulez-vous ne pas mourir les mains vides ? Voulez-vous, à l'heure dernière, n'avoir pas seulement entre les mains l'image du divin Crucifié, mais avoir les mains pleines de bonnes œuvres et d'assurances de salut, pleines d'immortalité, pleines d'expiations, de vertus, de mérites, de gloire pour l'éternité? — Soyez ferventes! « La ferveur a les promesses de la vie présente et celles de la vie future ! »

La FEBTÏim

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