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CHAPITRE V Pressantes instances

S*il fallait de nouveaux motifs pour vous presser d'être ferventes, en voici qui ne peuvent laisser insensible aucune âme généreuse.

Nous venons dédire quelle gloire la ferveur donnait à Dieu. Or, cette gloire, vous la Lui devez principalement à deux titres : Il est votre Créateur et votre Bienfaiteur. Il en résulte, pour vous, une double et pressante obligation de travailler à devenir ferventes. -

Créateur, Dieu vous a tirées du néant, a Vous n'étiez pas ; vous êtes par Lui *, donc, vous êtes à Lui. L'ouvrage que vous confectionnez de vos mains est à vous; vous avez sur lui tous les droits : droits de le donner, de le vendre, de le détruire même. Cet ouvrage, vous ne l'avez pas. tiré du néant : la matière en existait ; vous ne lui avez donné que sa forme ; et, cependant, vous dites : il est h moi, j'en suis la maîtresse absolue. Vous n'admettriez pas qu'on vous en contestât la propriété, .

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ni le droit d'en user selon la plénitude de votre bon plaisir.

Combien plus appartenez-vous à Dieu ! Vous êtes son bien et sa propriété. Il est votre maître absolu et souverain.

Tout en vous est à Lui : Tesprit, la volonté, le cœur, les sens, le corps et l'âme. Rien n'existait; tout a été fait par Dieu, donc tout est à Dieu. Ses droits sur vous sont souverains et universels. Et non seulement vous êtes par Dieu, mais vous ne subsistez que par Lui. S'il cessait un instant de vous soutenir dans l'être, vous rentreriez aussitôt dans le néant. On pourrait dire que Dieu vous crée à chaque instant. Comprenez-vous la profondeur, l'étendue et la force de ses droits sur vous? Et ne sentez-vous pas quelle pressante et impérieuse obligation en découle, pour vous, de travailler à la ferveur ?car la ferveur est la reconnaissance pratique de ce domaine de Dieu sur vous: c'est la livraison qui Lui est faite d'un bien dont II est le propriétaire.

Dès que vous cessez d'être ferventes, vous cessez de vous donner à Dieu, vous Lui dérobez ce qui est à Lui; vous faites injure à sa souveraineté, vous méconnaissez ses droits absolus de Créateur.

Et quelle injure, aussi, vous faites à sa bonté I Dieu vous a comblées de faveurs. La vie naturelle déjà est un si grand bien. Et vous

savez tout ce que Dieu y a surajouté. Il vous a élevées jusqu'à Lui; Il vous a donné sa grâce, c'est-à-dire sa propre vie ; Il vous a rendues participantes de sa nature et capables de Le voir un jour face à face, comme II vous voit Lui-même.

Tous ces biens incommensurables, il n y a pas un moment où II ne veuille vous les donner, en une abondance toujours plus grande, si vous consentez à les recevoir. Une seule aspiration de votre cœur vers Dieu peut augmenter à chaque seconde, si vous le voulez,/ la vie surnaturelle dont vous jouissez déjà. En somme, Dieu est à votre merci ; vous pouvez prendre de Lui, à tout instant, autant qu'il vous] plaît. Le moindre de vos désirs, dans rordrd] de la grâce, est exaucé avant d'être formulé.)

Toutes ces richesses inappréciables, vous, savez ce qu'elles ont coûté à Dieu. Elles Lui! ont coulé son Fils unique! Elles ont coûté à] Jésus les plus horribles souffrances, les plus' indicibles douleurs !

Voilà ce qu'a fait Dieu I Voilà quel insigne! bienfaiteur Dieu est pour vous. Est-ce que le] cœur et la reconnaissance ne vous crient) pas l'obligation impérieuse d'être ferventes, puisque la ferveur est le seul moyen de témoi gner votre gratitude à Dieu et de Lui dire! merci ?

Si une personne avait fait pour vous la mil-1 lième partie de ce qu'a fait Dieu, vous ne sau-j

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riez comment vous acquitter envers elle Pet si, à votre tour, vous ne faisiez pas pour elle ce qui est en votre pouvoir, vous seriez la dernière des créatures et digne du mépris de tous.

Mais, quand il s'agit de Dieu, quand il s*agit de bienfaits si nombreux que jamais vous ne pourrez les compter, si précieux que jamais vous ne pourrez en connaître la valeur, alors l'ingratitude et l'oubli prendraient d'incalculables proportions et mériteraient tous les anatbèmes.

Or, ne l'oubliez pas, le manque de ferveur c'est l'ingratitude et Poubli envers Dieu! Vous voyez donc à quel point vous êtes obligées d'être ferventes I

Il est vrai, Dieu est si bon qu'il ne vous fait un devoir sous peine de péché que d'une certaine mesure de ferveur: à savoir la ferveur nécessâifs pour n'enfreindre aucun de ses commandements formais. Mais cette délicate condescendance, du Père qui est aux cieux, doit ouvrir et toucher votre cœur, redoubler votre désir de Lui plaire en toutes choses et donner une impulsion nouvelle à votre amour et à votre ferveur.

Méditez souvent les droits de Dieu et l'étroite dépendance où vous vous trouvez par rapport à Lui ; méditez surtout, et plus souvent encore, ses bienfaits, sa miséricorde, son amour, les grâces dont II n^ cesse de vous

combler à chaque instant; et le feu divin que Jésus est venu jeter sur la terre, s'allumera de lui-même et brûlera dans votre cœur d'une flamme immortelle et tous les jours plus ardente. <( Dans ma méditation, dit le Psalmiste, le feu jaillira en brûlantes étincelles. »

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