‹ La ferveurChapitre 17 sur 25 · II. — La. réforme de la vie · texte numérisé non relu

II. — La. réforme de la vie

Votre vie étant réglée et dirigée, il faudra travailler à la réformer, c'est à-dire à combattre les ennemis de la ferveur, qui sont vos défauts.

La lutte ne sera pas d'un jour, ni même de quelques mois ou de plusieurs années. Elle devra se continuer jusqu'à votre dernier soupir.

« Si quelqu'un veut venir après moi, dit Jésus, qu'il se renie lui-même, qu'il porte sa croix chaque jour, et qu'il me suive! »

Vous ne devrez jamais vous croire en sécurité, car vos adversaires ne désarmeront jamais complètement. Toutefois, vous les affaiblirez progressivement par les victoires partielles que vous remporterez sur eux; et, à mesure que la lutte se prolongera, elle deviendra généralement plus facile.

Il vous arrivera d'être blessées ou renversées. Relevez-vous sans retard et pansez de suite vos blessures. Celles-ci se fermeront d'autant plus vite que vous y porterez plus tôt le remède; et vos chutes vous nuiront d'autant moins que vous vous relèverez plus promptementpour reprendre votre marche en avant.

Soyez donc décidées à combattre toujours, sans jamais vous décourager.

Pour que cette lutte contre vous-mêmes soit plus ellicace, les maîtres de la vie spirituelle vous recommandent de la faire porter principalement sur un défaut en particulier.

Tout chef militaire habile attaque d'abord le point central des positions de l'adversaire. Il y dirige toutes ses forces, assuré qu'il est, s'il parvient à s'en emparer, de mettre ensuite facilement l'ennemi en déroute.

L'examen particulier, qui a pour but de découvrir le défaut le plus saillant et de lui faire la guerre chaque jour, n'est donc pas une complication dans le combat spirituel, mais au contraire une simplification en même temps qu'un moyen assuré de succès.

Les méthodes pour le faire vous ont été tracées par les Saints : vous n'avez qu'à les suivre avec persévérance.

S'il arrive que, pour donner le change, Tennemi se déplace, et qu'après avoir disparu d'un point il surgisse sur un autre, vous le poursuivrez, de la même manière, sur la posi- [tion nouvelle qu'il aura prise.

Le combat spirituel, par la méthode de

[l'examen particulier, doit s'adapter à l'état de

[l'âme. Là où la nature se défend le plus, là

loii elle voudrait se ressaisir, c'est là que vous

devez l'attaquer de préférence, vous efforçant,

d'après le conseil de saint Ignace, de faire le

contraire de ce qu'elle vous suggérera. Par

exemple, si vous êtes tentées de raccourcir

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une prière, allongez-la ; si vous avez envie de dire du mal du prochain, dites-en du bien. En un mot, ne vous bornez pas à repousser les coups de l'ennemi, en gardant une attitude défensive ; mais, passez à l'offensive et attaquez vaillamment votre adversaire. Vous doublerez vos chances de victoire et les résultats de vos efforts.

A certains moments, l'ennemi se cachera : vous serez portées à penser qu'il aura disparu pour jamais. Gardez-vous de le croire, et tenez-vous toujours attentives et défiantes. Veillez tranquillement, mais veillez prudemment.

A d'autres moments, l'ennemi redoublera ses assauts : il fera rage contre vous. Armezvous de courage et de confiance ; c'estl'heure de vous signaler au service de Dieu; c'est l'heure des grands progrès et des victoires éclatantes ! Jamais l'ennemi ne sera plus affaibli que lorsque vous aurez repoussé ses suprêmes efforts.

Le bon soldat préfère la lutte au repos. Il s'ennuie en temps de paix ; il a hâte deprouver sa valeur et de gagner ses galons.

Craignez la paix plus que la guerre, le repos plus que la fatigue. Voyez dans la paix un danger, une tentation de vous amollir. Voyez dans la lutte une occasion de progrès, un moyen certain de plaire à Dieu.

Les âmes pusillanimes sont vaincues à

l'avance. Les âmes généreuses grandissent en face de l'effort.

Votre ferveur sera d'autant plus profonde, elle aura d'autant plus de mérite et d'éclat aux yeux de Dieu, qu'elle vous aura coûté davantage. Elle s'accroîtra de toutes vos peines, de tous vos sacrifices, de toutes vos victoires. « Ceux qui sèment dans les larmes, dit l'Ecriture, récolteront dans l'allégresse ! »

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