LA PRATIQUE DE LA FKRVEUR IS
La grftce n'agit pas toute seule par une action physique et automatique : la collaboration de Tàme lui est aussi nécessaire querelle de l'estomac à Talimentqu'il reçoit.
L'aliment contient la vie matérielle, la grâce la vie spirituelle.
Mais, il faut que l'aliment s'assimile à l'organisme : c'est le travail de la digestion. Ce n'est pas ce que l'on mange qui profite, c'est ce que l'on digère.
Il faut aussi que la grâce s'unisse à l'âme : c*est le travail de la disposition, par laquelle seulement se fait la digestion morale et le profit spirituel.
Si l'aliment matériel n'augmente pas la vie et la force, il leur nuit; c'est l'indigestion, qui alourdit et fatigue Torganis.me.
Si l'aliment spirituel ne tourne pas au profit de l'âme, il se retourne contre elle par la profanation ou au moins l'abus de la grâce.
Les âmes pieuses passent trop légèrement sur ces considérations de la plus haute portée ; elles devraient s'en pénétrer en les méditant sans cesse.
Or, la disposition fondamentale pour profiter des sacrements, pour que le travail d'assimilation se fasse sans obstacles, c'est la contrition des péchés. Celle-ci ne doit pas toujours se mesurer au plus ou moins grand nombre de fautes commises après la confession. Le nombre de nos péchés dépend de notre nature
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plus OU moins passionnée, des tentations plus ou moins fortes, des occasions plus ou moins nombreuses; il ne constitue pas un critérium certain du degré de la contrition. Les unes pécheront davantage et auront plus de réelle contrition ; d'autres pécheront moins et auront cependant moins de contrition.
La contrition est le sincère regret des fautes commises, le ferme propos de n'y plus retomber; elle est dans la volonté et dans le cœur, encore plus que dans les actes. Elle forme l'élément essentiel de l'amour de Dieu; car l'amour de Dieu exclut nécessairement la volonté de pécher.
Là est donc le point précis où vous devez porter vos efforts, pour tirer des sacrements tout le profit que Dieu y a placé pour vous, et^ ne rien perdre des grâces qu'ils contiennent.!
C'est le cœur et la volonté qu'il faut regar-| der, surveiller, réformer, mettre en bon état; comme le médecin s'applique à soigner l'estomac du malade, sachant bien que c'est parluij que les forces et la santé reviendront.
En résumé, s'il y a tant d'âmes qui s'en-j dorment dans une torpeur déplorable, ou qui se traînent dans une sorte d'anémie incurable, c'est qu'elles manquent de nourriture ou digèrent mal ; je veux dire, c'est qu'elles ne s'approchent pas assez souvent des sacrements ou qu'elles n'y apportent pas les dispositions requises.
l.A IT.AriQUE DE LA FERVEUR
Les sacrements, fréquemment et bien reçus, renouvelleraient, en peu de temps, toutes les énergies vitales, guériraient toutes les maladies spirituelles, réchaufferaient les âmes les plus refroidies, ressusciteraient les mortes elles-mêmes, et communiqueraient à toutesj avec la plénitude de la santé, le courage, l'ardeur, Télan, le zèle : en un mol, la véritable ferveur!