‹ La fete de Moliere comedie en un acte, en versChapitre 8 sur 30 · I. A FÊTE UE MOLIÈRE · texte numérisé non relu

I. A FÊTE UE MOLIÈRE

JOURDAIN

Pour moi le philosopha est grand... et riionime, houuélc. Est admirable, autant que parfait le poêle,

Car, restant à l'appui de sublimes écrits.

L’exemple de sa vie en décuple le prix !

Chez lui morale, esprit, science et poésie Rayonnent tour à tour selon sa fantaisie :

Tout est là ! — Mais pourtant plus d’un auteur nouvetui Pour inventer encor se creuse le cerveau,

Sans songer, par malheur, que, quoi qu'il puisse faire. Tout fut fait avant lui. Car tout est dans Molière!... a l puon s e.

Oui, mais cent cinquante ans, passés depuis sa mort,

Ont tant changé nos mœurs, qu’il s'étonnerait fort, —

S’il pouvait revenir pour un jour en notre âge, —

De ces perfections qui sont notre partage :

Il verrait à coup sûr ses sujets lui manquer Et ne pourrait trouver matière à critiquer.

— D'ici, le voyez-vous arrivant dans le monde Avec petit chapeau, pourpoint, perruque blonde,

Souliers enrubanés? Voyez -vous scs canons Parmi nos habits noirs et nos noirs pantalons ?

Peste! se dirait-il, quel goût, quelle élégance!

Que ceci d’un mortel dessine la prestance !

Que ces ailes 1 , traînant sur ces minces fuseaux, Transforment galamment les hommes eu oiseaux !

Que sur leurs cheveux plats cette haute coiffure Couronne avec bonheur l’œuvre de la nature !

Et Molière soudain, de nos modes épris,

Au Prophète s’irait habiller à bas prix !

JOURDAIN, joyeux.

Mais vous raillez fort bien !

ALPHONSE

Quant à nos mœurs, je gage Qu’il n’y pourrait trouver aucun sujet d'ouvrage;

Et tout ce qu’il a fait a profilé si bien,

1 l.cs lmsj|ues de l'hiiliit.

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