‹ La fête du LouiséeChapitre 2 sur 13 · XVJ · texte numérisé non relu

XVJ

« oreilles avec tant d'autres dues au grand Lama de nos a Sages

« Le premier qui fat Roi fut un soldat heureux. » (1).

J.-B. Laignei qui, en ces dernières lignes, se montrait si bon prophète ne devait pas être des derniers à souffrir de la Révolution. Entré au barreau du Havre en 1762, quelques années après syndic perpétuel des avocats de ladite ville, maire-échevin, il ne tarda pas à voir disparaître ses charges et diminuer son influence. V Instante Sollicitation lui fit des ennemis de presque tous les partisans des idées nouvelles. Non seulement un sieur Maraine, marchand drapier, entreprit d'en détruire l'effet, mais la nièce de l'abbé Dicquemare, M"* Le Masson Le Golft, comme son oncle grande amie des philosophes, écrivit alors : a On a répondu à cette tirade, dont on a conclu que M. Laignei aurait envie d'être choisi pour aller aux Etats-Généraux. »

Le fait est qu'il fit partie des vingt députés nommés par les délégués des diverses Communautés pour porter à l'Assemblée générale des Députés du Tiers-Etat du bailliage du Havre, le cahier des doléances de la Ville ; mais il ne fut pas choisi pour la députation ; c'est à M. Bégouen-Demeaux qu'échut cet honneur.

Tant que la Révolution respecta les croyances, Laignei l'accepta. Lorsque Necker, pour combler le déficit du

(1) Manuscrit original de la Respectueuse et instante Sollicitation, p. 1, 2 et 7.

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