‹ La fiammina contre Odette, un dossierChapitre 13 sur 18 · I. \ MA M MINA (.(tNTUi; oDKTTi · texte numérisé non relu

I. \ MA M MINA (.(tNTUi; oDKTTi

Vitu, dont la 1res grande autorité est deiiuis longtemps reconnue. Peu d'érudits de pareille trempe sur les choses de théâtre et de presse ont creusé, comme lui, les questions de propriété littéraire. Plusieurs fois président de la Société des Gens de lettres, mêlé aux débats de la loi de 1866, sa profonde compétence est presque sans égale.

Selon Vitu, autre ami de Sardov, les principes émis par les partisans des libres franchises de l'emprunt ne sont point soutenables. Pour lui les droits d'un auteur sur son œuvre ne sauraient être discutés !

Enfin, depuis lors, au point de vue contraire et philosophique des imitations, M. Brunetière, mon collègue à la Revue des Deux-Mondes, délaissant en artiste le côté industriel que Sardou a[)pelle, chez les Anglais, la « Piraterie littéraire » et prenant le ton de très haut a, d'autre part aussi, revendiqué les franehises dans la Revue, en appuyant d'illustres exemples « les droits du poète sur toute œuvre, d'où qu'elle vienne et quel (pi'en soit le premier inventeur. » De cette plume habile aux critiques littéraires, M. lirunetière a éiuunéré les chefsd'œuvre tirés do (piehiue ébauche naïve, d'un conte ou d'une nouvelle, naissant sous Ja main du génie et prenant à travers les ûges la forme

d'un drame immortel ... Il a cité Goethe, s'emparant de la légende populaire du docteur Faust ; et Molière « qui fut aussi, dit-il, un grand et habile picoreur, ou qui, du moins, en eut, en son temps, la réputation », Molière empruntant sans façons : l'Avare, l'Amphytrion, V École des femmes. . . puis Shakespeare, prenant Troilus et Crcssida, de Chaucer, qui le tenait de Boccacc ; et Roméo cl Juliette, d'une Novella de Bandello . . .

Pourtant, en s'élevant aux nobles et pures régions de l'esthétique, en son essor de philosophe et de critique, M. Brunetière n'a-t-il pas un peu dédaigné ce côté créateur qui serait, après tout, peut-être bien aussi pour quelque chose dans l'invention d'une grande œuvre ? — N'a-t-il pas oublié, par-dessus tout, la question de temps, dans ce superbe plaidoyer pour les franchises de la pensée humaine ?

Autres temps, autres mœurs littéraires ! pourraiton lui dire.

Certes il est tout acquis que, contre Molière: ni Térence, ni Plante n'ont jamais réclamé.

Mais, si Shakespeare faisait Roméo et Juliette « de notice temps », et que son confrère Sardou, jaloux de lui donner quelque regain de gloire, lui empruntât son drame pour c y ajouter des ailes » (comme dit élégamment Montégut), M. Brunetière est-il bien

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certain que Shakespeare ne réclamerait point un peu contre ces droits du génie de Sardou de lui remplumer son œuvre?

Et si, par surcroît, Bandello, édité chez Lévy, survenait dans le débat, comme les héritiers de Ch. de Bernard à propos des Pommes du Voisin, pour réclamer contre ce trop libre vol de sa I^ovella, M. Brunetière ne pense-t-il pas « qu'un juste petit procès contre Shakespeare et Sardou résumerait, à nouveau, cette question de sublime remplumage, sous un tout autre point de vue que le sien? »

N'est-il pas évident cnlin que, si Shakespeare, contemporain, eût remplacé M. Mortimer pour ajouter des ailes à la Papillonne, notre éminent confrère Sardou eût traité son confrère Shakespeare de même façon très verte, dans le Figaro du 20 juin 1881 ?

Certes oui, rien n'est plus beau, rien n'est plus grand que ce merveilleux, don du talent qui, comme l'enchanteur, sait faire naître des fleurs sous ses pas, et changer en semis de perles les cailloux du chemin ! Certes, comme le remarque Sarcey, il ftiut savoir gré :\ Sardou, dans le seul cours d'une année, d'ajouter des ailes à Brutns lâche César et ù la Fiammina...

Une faut, pour preuve du profit apporté au fonds commun de l'intelligence humaine, que ce simple entrefilet du Figaro, envoyé de Monaco par dépArho :

UN DOSSIKU

TIIÉATllE DU CASINO DE MONACO

l.a prcniiiTO représentation de Divorçons a pu avoir lieu avec le consentement de l'auteur. M. Sardou, après avoir beaucoup marchandé, a bien voulu se contenter de vingt-cinq napoléons pour ses droits d'auteur, pour chaque représentation, plus vingt-cinq francs de commission, en dehors, pour son agent dramatique;.

M. Sardou tenait particulièrement aux cinq pour cent supplémentaires, et il aurait volontiers dit : « Voilà comment on meurt pour vingt-cinq francs! »

L'Académie française a aussi ses héros, le Fig<nn, ^^ janv.

'( DES ailes! des ailes! des ailes !.. » (r. Sardou.)

Mais, si beau et si grand (jue soit cet honneur do contribuera la gloire de son siècle, tout en admirant les généreux, principes de mes adversaires, il me faut bien rabaisser le débat aux préjugés de notre triste temps. Ne lût- ce que pour Caire, une» bonne fois, consacrer ces droits superbes auxquels prétend l'auteur (VOdelte sur les productions contemporaines; il me faut bien ramener notre affaire à cette malencontreuse loi de la propriété littéraire, désagréablement plantée là comme un obstacle, cl ({ui, souvent déjà, a gêné notre éminent confrère Sardou lui-même, dans sa mission d'ajou/cur d'ailes... qui le trouble encore aujourd'hui, à propos de cette singulière rencontre de sujet de ses fleux dernières œuvres, avec Jirvtus lâche ('('snr

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