ACTE DEUXIEME
DJOVITA, avec humeur.
On est joyeux! Qu'a-t-on trouvé?
La mer te livre ses trésors î
MORIK, du dehors, joyeusement et faisant l'aimable.
Qui sait?... Kerdée était ici :
Mon chant, c'était fatal, L'a mis en fuite !
Il rit et il entre. Tirant de dessous son caban un petit coffret, il le montre gaiement à Djovita.
Tiens, Djovita, Tiens... vois ceci!
A l'aube, sur le sable Je l'ai découvert...
Montrant son couteau on riant.
J'avais ma clef...
Faisant le simulacre d'opérer une pesée.
Le couvercle, cric-crac! saute...
Ah ! quel trésor !
De For Et tout un tas de pierreries !
Il ouvre le coffret.
Vois!
DJOVITA, avec admiration.
Grands dieux !
MORIK, jetant un coup d'œil par la fenêtre.
Nous sommes seuls !
Il étale complaisamment les joyaux sur la table.
Ceci ! — cela ! — Et puis encor !
Tiens, tiens !
Ce n'est pas tout !
Encore! — toujours! — toujours!...
un cri de joie.
Tout est à moi !
Ce lourd trésor, Il est à moi !
L'amour, tout féminin, de la parure et des bijoux s'éveille chez Djovita. Mùtik s'en aperçoit. Elle prend un bracelet et le fait chatoyer en souriant.
MORIK, lui passant le bracelet au poignet droit.
Prends donc ! Voyons un peu !
Choisissant un second bracelet.
A l'autre...
Le lui passant au bras gauche.
Point de jaloux !
Prenant une poignée de bagues.
Minois charmant, doux minois !
Les lui passan1 aux doigts.
Cinq, six bagues, là, A ces doigts mignons !
Il veut lui mettre également des pendants d'oreilles, mais elle lui donne une tape sur la main et les met elle-même.
Deux boucles d'or Vous siéraient à ravir 1
Même jeu pour une broche et une chaîne d'or.
La chaîne pour ce cou de mouette...
Sur cette gorge ferme et blanche, Un médaillon en diamant !
Scène muette. Il va décrocher la petite glace et la lui présente. Djovita s;y regarde complaisamment.
Pour une reine L'on te prendrait vraiment !
Avec avidité.
Tout est à moi !
Ce lourd trésor, Il est à moi !