CHAPITRE VI
Le docteur.
Rarement un homme et une femme se trouvent familièrement associés sans qu'il y ait à l'œuvre des influences plus subtiles et plus mystérieuses que ne le soupçonnent ceux qui les subissent. Alors même que le sentiment le plus vif des deux sexes semble complètement hors de question, je ne sais quoi de particulier et d'insidieux se glisse néanmoins dans leurs relations. Un bon vieux gentleman qui se charge de la tutelle d'une jeune étourdie s'aperçoit bientôt, à son grand étonnement, que la petite personne a tissé autour de lui toutes sortes de filets dont il ne sait plus se débarrasser. Les plus graves professeurs ne donnent point leurs leçons à leurs élèves féminines du même ton qu'à ceux du sexe plus rude, et plus d'une fois la fable de Gadenus et de Vanessa s'est trouvée jouée de nouveau par les acteurs les plus invraisemblables.
Le docteur était un philosophe, un métaphysicien, un philanthrope et, dans le sens le plus vrai et le plus élevé du mot, un ministre du bien sur la terre. Aucune sentimentale affectation de sainteté n'éloignait des légitimes relations humaines le clergé de la Nouvelle- Angleterre, et conséquemment notre bon docteur avait toujours eu l'intention de se choisir une compagne lorsque l'état de ses affaires matérielles le lui permettrait. L'amour, tel qu'on le peint dans
les romans, était à ses yeux un sentiment profane et insensé, indigne de toute créature sérieuse et raisonnable. Quant aux métaphores des poètes sur ce sujet, c'était pour lui un langage inconnu. Il envisageait l'idée de se marier à peu près ainsi qu'il suit : à une époque et dans un endroit convenables, il chercherait autour de lui une femme d'une physionomie aimable et d'une bonne réputation, une chrétienne sincère et zélée, experte et habile dans tous les travaux du ménage, qu'il inviterait loyalement, comme Isaac avait fait Rébecca, à venir sous l'ombre de sa tente et à être sa compagne dans ce qui lui restait à faire du voyage de cette vie. Mais son peu de fortune et l'incertitude de toutes choses pendant la révolution, à laquelle il avait pris une part active et zélée, avaient retardé l'accomplissement de cette résolution.
Une fois sous l'aile protectrice de mistress Scudder, toute nécessité matérielle d'un choix immédiat avait disparu pour le bon docteur, qui se trouvait dans la situation la plus chère à tout homme studieux et méditatif : il n'avait plus à se préoccuper en rien de la vie extérieure ; tout semblait venir se placer sous sa main, juste au moment où il en avait besoin, sans qu'il sût pourquoi ni comment. Il n'était pas à la tête d'une église nombreuse ni prospère, et en qualité de pionnier d'une théologie nouvelle dans un pays où les questions théologiques absorbaient toutes les autres, il lui fallait faire face à la réaction qui suit toujours l'avènement d'idées nouvelles. Ses talents oratoires étaient médiocres. Ses études s'étaient portées sur la logique, non sur l'esthétique.
Ainsi qu'à tout le clergé de son pays, on lui avait appris à se préoccuper bien plus de ce qu'il dirait que de la manière dont il le dirait. En conséquence, son style, bien que possédant cette sorte de grandeur que donne toujours une nature élevée, manquait de l'attrait nécessaire pour populariser les abstraction. Il donnait à ses auditeurs les résultats de sa pensée, non pas son enchaînement, et il s'ensuivait que bien peu d'entre eux parvenaient à le comprendre. Sou enseignement religieux était de même caractérisé par
une idéalité si haute, qu'elle décourageait complètement les vertus communes.
Il y a pour monter au ciel une échelle dont Dieu a placé la hase dans les affections humaines, les tendres instincts, les sentiments symboliques, sacrements d'amour à l'aide desquels l'âme s'élève de plus en plus, s'épurant k mesure qu'elle monte, jusqu'à ce qu'elle dépasse l'humanité et, en s'élevant, se métamorphose en une image de la Divinité. Tout en haut de cette échelle, au seuil ipême du paradis, brille éblouissante cette ligne céleste où l'âme s'oublie ellemême après avoir appris, par un long exercice de dévotion, la joie de se perdre dans cette beauté et cet amour infinis dont toute beauté et toute grandeur terrestres ne sont que l'ombre et le reflet.
Ce dernier pas, cette élévation sublime, que quelques âmes d'élite atteignent seules dès ce monde, vers laquelle cette vie avec ses joies et ses douleurs n'est qu'un long exercice, cette ultima Thule de la vertu était envisagée par le docteur comme le tout de la religion. Brisant toutes les marches de l'échelle, à l'exception de la plus haute, et en montrant au monde l'abrupte splendeur, il lui disait : « Atteignez-!^ pt soyez sauvé ! »
En dehors de ce renoncement absolu, 4e cette complète résignation de soi-même à l'infini, rien n'était méritoire, car si cela était commandé, chaque moment de refus était une rébellion. Il regardait toute prière qui ne se basait pas sur cette entière consécration, comme une insulte faite à la majesté divine ; — la lecture de la Bible? une conduite vertueuse et régulière, l'accomplissement des devoirs envers ses semblables n'étaient sans cela que les actes viciés et stériles d'une créature en état de rébellion volontaire contre son souverain. On ne devait rien prêcher au pécheur que sa capacité et l'obligation où il était de s'élever immédiatement à cette hauteur.
Rien d'étonnant donc que beaucoup ne pussent endurer un enseignement de cette nature, et que la multitude, abandonnant le prédicateur s'écriât : « Ce discours est bien dur; qui peut l'écouter? »
Là sécheresse de ces discussions métaphysiques fatiguait la jeunesse, pour qui elles étaient aussi inintelligibles que l'exposé des derniers résultats d'un mathématicien le seraient pour un enfant qui apprend la table de multiplication. Il ne resta donc autour du docteur qu'un auditoire choisi, quelques penseurs pénétrants et sagaces que ravissaient les subtilités métaphysiques, — quelques natures dévouées et sérieuses qui révéraient l'austère droiture de sa vie, son active philanthropie et son infatigable dévouement ; quelques hommes courageux qui admiraient son indépendance de pensée, et la liberté avec laquelle il s'attaquait à des opinions reçues et fortement établies, puis enfin ces braves gens qui vont à l'église où les conduisent les convenances de l'heure et de la distance; bonnes gens qui servent en ce monde, parmi ceux qui sentent et qui pensent, à peu près au même usage que la graisse dans le corps humain, à former une sorte de coussin entre les nerfs du sentiment et les muscles de l'activité.
Il y avait quelque chose de touchant dans la persévérance du bon docteur à développer ses doctrines devant la minorité décourageante de ses auditeurs. Son salaire était peu considérable ; son église, endommagée pendant les luttes de la révolution, tombait en ruine, en hiver sans feu, et l'été inondée de soleil et de poussière à travers ces grandes fenêtres qui forment un trait si caractéristique des premiers efforts de l'architecture puritaine.
Néanmoins, grand dans son humilité, il continuait de prêcher, et comme un soldat qui, sans demander pourquoi, demeure au poste en apparence le plus inutile, il poursuivait sa tâche de dimanche en dimanche, se consolant par la pensée que personne ne pouvait faire moins d'estime de son ministère que lui-même. « Je ressemble à Moïse, en cela seulement que je ne suis pas éloquent, disait-il dans sa simplicité. Ma prédication est faible et stérile, ma voix est âpre et rude; mais Dieu est le maître et il peut faire de moi son instrument. Il s'est jadis servi d'un corbeau pour nourrir Elisée, il se servira peut-être de moi pour nourrir quelque pauvre âme égarée.
La seule erreur du digne homme consistait à croire que discuter la théologie, c'était prêcher l'Évangile, mais en revanche, il le prêchait perpétuellement par sa vie pure et mortifiée, par ses visites aux pauvres et aux affligés, par sa charité envers les esclaves africains, en instruisant ceux qu'à cette époque personne n'avait encore songé à instruire, et par l'humanité avec laquelle, devançant son siècle, il protestait contre l'esclavage et la traite des noirs. Mais lorsque, montant en chaire, il se livrait à un ordre de considérations qui n'eussent convenu qu'à des conférences théologiques, il le faisait aveuglément, suivant cette loi de développement qui contraint les esprits ardents à énoncer ce qui est en eux, soit que les autres veuillent ou non les écouter.
L'endroit où le bon docteur se sentait le plus heureux, c'était son cabinet de travail. Là il allait, venait, lisait, méditait à son gré, et menait la vie la plus intellectuelle, la plus idéale qu'homme puisse souhaiter.
Était-il possible que l'amour entrât dans le cabinet d'un révérend docteur, et pénétrât dans un cœur vide et dépouillé de tous les lambeaux de poésie et de roman qui sont d'ordinaire les matériaux de ses sortilèges? Oui vraiment, mais il entra si discrètement, si respectueusement, d'un pas si sage et si prudent, que le bon docteur ne releva pas même ses lunettes pour voir qui était là. La seule chose qu'il sût, le pauvre homme, c'est qu'il respirait un air d'une étrange et subtile douceur. De quel paradis émanait cet air? Le docteur n'interrompit pas ses études pour se le demander. Il était comme un grand orme noueux, avec sa parure de rameaux et de brindilles qui dressa sa tête nue et glacée jusqu'au bleu métallique d'un ciel d'hiver, oublieux de ses feuilles, patient dans son dépouillement, calme et satisfait de sa force toute nue et de la précision rigoureuse de ses contours. Mais avril vient; un mouvement, une fermentation se produisent à l'intérieur du géant; les bourgeons commencent à murmurer dans leur prison, la sève s'élance et répand de branche en branche la chaleur et la vie, et sans que le vieil orme en sache rien, une nouvelle création se prépare. Ainsi depuis que l'excellent homme vivait sous le
toit de niistress Scudder, et avait la douce Marie pour catéchumène, une vie plus riche colorait ses pensées ; il trouvait dans l'étude des jouissances qu'il n'avait jamais ressenties auparavant.
On ne pouvait regarder le front du bon docteur sans y remarquer l'organe de l'idéalité qui en 'était le signe caractéristique. Jusqu'ici cette idéalité, appliquée uniquement aux choses invisibles et intellectuelles, l'avait conduit à des raffinements subtils d'argumentation et à des idées morales exaltées, mais au fond de son âme était renfermée, à l'état brut, toute une mine de ces sentiments et de ces perceptions artistiques qu'éveille seule la vue de la beauté. S'il eût vécu à l'ombre du dôme de Florence, d'où le campanile de Giotto s'élance comme la tige d'un lis céleste, où des mosaïques de marbre, des vitraux coloriés, de splendides tableaux, de sublimes statues rappellent sans cesse à l'homme le souvenir des grandeurs évanouies de son état premier, son âme se fût peut-être épanouie en tous sens comme celle d'un Léonard ou d'un Michel- Ange. Mais il était aussi ignorant de toutes ces choses que Test un enfant, et la première révélation de ses facultés dormantes devait lui être faite par le visage d'une femme, cet ouvrage du divin artiste qui se retrouve dans tous les siècles et sous toutes les latitudes.
L'amour, chez un grand esprit, a quelque chose d'effrayant à son début, parce qu'il a souvent pour effet de mettre en activité une portion encore non développée d'un être puissant. Pour d'autres yeux, la femme peut n'être pas à la hauteur de l'effet qu'elle a produit, mais lui ne saurait l'oublier, parce qu'à son apparition s'est opéré en lui un changement qui l'a transformé pour toujours. Ainsi arrivait-il à notre ami. C'était une femme qui devait lui donner cette conscience de lui-même, que la musique, la peinture, la poésie éveillent chez les esprits plus également développés; c'était la silencieuse aspiration de cette présence créatrice qui renouvelait en ce moment tout son être sans qu'il s'en doutât.
Il ne s'était jamais demandé, ce cœur d'or, si Marie était
belle ou non; il n'avait pas conscience de l'avoir jamais regardée ; encore moins savait-il comment il se faisait que les vérités de sa théologie prenaient dans cette petite bouche une merveilleuse beauté qu'il ne leur avait point connue. Quand elle était assise près de lui, mettant silencieusement au net pour l'impressionaquelqu'un de ses manuscrits embrouillés, il ne devinait pas pourquoi son cabinet de travail était tout rempli d'un divin parfum, comme si, de même que sainte Dorothée, Marie eût porté invisibles dans son sein toutes les roses du paradis. Il enregistrait honnêtement dans son journal quelle merveilleuse fraîcheur d'esprit Ae Seigneur lui avait donnée ce jour-là, et comment il s'était senti élevé au-dessus de la terre dans ses entretiens avec le ciel, sans jamais penser à l'ange dont la robe répandait ces parfums.
Le dimanche, quand de la chaire il voyait la bonne mistress Jones endormie, le regard dur de Siméon Brown, le diacre Twitchel se balançant tristement sur son siège, et sa femme distribuant des gâteaux à ses enfants pour les tenir éveillés, il jetait un coup d'œil sur la tribune où un jeune et sérieux visage animé par l'affection et brillant d'intelligence suivait toutes ses paroles, et il se sentait relevé et consolé. Les dimanches matin, quand Marie sortait de sa petite chambre, en robe blanche, son livre à la main, le regard encore sérieux de sa prière récente, il songeait h cette blanche et mystique fiancée, l'épouse de l'Agneau dont l'union avec le divin Rédempteur, au jour du millénium, était le sujet fréquent et favori de ses méditations; il ne s'apercevait pas que cette fiancée céleste, dans ses vêtements d'éblouissante blancheur, voilée de douceur et d'humilité, revêtait dans son esprit la forme terrestre qu'il avait sous les yeux. Non ; il n'y avait jamais songé ; seulement quand Marie avait passé près de lui, cette mystique vision lui apparaissait plus radieuse, plus facile à saisir.
Lorsqu'on plante, dit-on, une vigne dans le voisinage d'un puits, ses racines, courant silencieusement sous terre, s'entrelacent autour des eaux, et la fraîcheur inaccoutumée de son feuillage, l'abondance plus grande de ses fruits,
révèlent seules la source qui vivifie ses rameaux. C'est ainsi que ces amours sont les plus fatals et les plus absorbants dans lesquels, à notre insu, toutes nos pensées, toutes les fibres de notre cœur s'élancent graduellement autour de quelque âme humaine qui devient, avant que nous nous en doutions, la source où s'alimente en secret tout notre être. Cette vue effraye; il advient si souvent qu'il faut déraciner la vigne, en briser ou en arracher les fibres î mais jusqu'à ce qu'arrive l'heure de la découverte, comme elle est glorieusement transfigurée par cette nouvelle vie !
Rien en ce monde n'est plus beau que cette douce et calme aurore qui précède dans l'âme le lever de l'amour. Quand l'être tout entier est tranquillement et imperceptiblement pénétré par un autre être, et qu'on se sent heureux sans savoir et sans chercher pourquoi, l'âme alors reçoit tout sans rien demander. Plus tard, avec la conscience de son amour lui viennent les exigences, les questions infinies; puis le monde matériel tout entier arrive avec ses rudes conseils, ses considérations vulgaires, et la douce extase s'évanouit à jamais.
Bien entendu qu'il n'en est pas ainsi pour vousy mes bons amis, qui lisez ces lignes sans avoir la plus légère idée de ce qu'elles signifient, mais il y a dans ce monde des gens pour qui elles ont eu ou elles auront une grande signification, et qui verront dans le bonheur présent de notre respectable ami quelque chose de triste et de menaçant. Les progrès de cette innocente et naïve affection n'avaient point échappé à Fœil pénétrant de mistress Scudder, et ils avaient été de sa part l'objet de mûres réflexions.
Le docteur, bien qu'impopulaire comme prédicateur, était, de l'aveu de tous, un homme remarquable. Georges Scudder avait eu pour lui quelque chose de la vénération qu'il eût ressentie pour un messager divin, et mistress Scudder avait reçu et conservé cette vénération comme un legs précieux. Bien qu'il ne fût pas beau, le docteur avait certainement grand air, et son aspect était imposant. Il n'y avait rien en lui de commun ni d'insignifiant, et Ton racontait même que, lors de la proclamation de paix, quand il
avait traversé processionnellement la ville à côté du général Washington, le ministre, dans toute la pompe de sa robe ecclésiastique, de son rabat, de son tricorne et de sa vaste perruque, avait été déclaré par bien des gens, le plus majestueux des deux.
En ce temps-là, le ministre unissait en sa personne toutes ces idées de position et de science supérieures dont l'avait investi le système théocratique de la Nouvelle- Angleterre.
Mistress Scudder ne pouvait donc souhaiter pour sa fille rien de plus élevé que le partage de cette prééminence.
Elle se disait que Marie n'était point une fille ordinaire. C'était alors chose fort rare que de voir une jeune personne faire profession ouverte de dévotion. L'Église, c'est-à-dire ce corps de fidèles qui professaient avoir passé par une régénération divine, était presque uniquement composée de vieillards et de gens d'un certain âge, et on regardait comme l'objet d'un appel rare et singulier de la grâce, les jeunes personnes qui déclaraient vouloir en faire partie. Lors donc que Marie, dans toute la fleur de la jeunesse et de la beauté, se leva selon le rit simple et touchant de la Nouvelle-Angleterre, pour se consacrer publiquement à une vie pieuse et se joindre à la société des chrétiens zélés, elle devint l'objet d'une déférence poussée presque jusqu'à la crainte. Si ce n'eût été la simplicité enfantine de ses manières, les jeunes gens de son âge se fussent éloignés d'elle comme d'une personne complètement étrangère à leurs goûts et à leurs amusements, mais une sorte de gaieté naturelle et innocente, et un aimable oubli d'elle-même, faisaient d'elle au contraire une favorite générale.
Néanmoins mistress Scudder ne connaissait aucun jeune homme qui lui parût digne d'un cœur qu'elle estimait si haut. Quant à James, sa position était doublement désavantageuse, en ce qu'étant le fils du cousin de mistress Scudder, il avait grandi sous les yeux de sa tante, et que tous ses méfaits, toutes les iniquités que commettent généralement les adolescents gais, hardis, aventureux, étaient venus à la connaissance de celle-ci. Elle avait de l'affection pour lui, elle
lui voulait du bien ; mais quant à lui donner sa Marie, cette seule idée l'irritait contre lui. Elle se disait qu'il fallait qu'il eût essayé de surprendre les sentiments de sa fille pour avoir soulevé dans son cœur si pur et si bien réglé la tempête d'émotion et de tendresse dont elle avait été témoin.
C'était donc un coup de la Providence qu'il fût en mer pour trois ans. Comme elle avait eu raison de prémunir Marie, de l'empêcher de se commettre en rien! Combien n'était-il pas heureux que le seul homme du pays qui fût capable d'apprécier Marie, parût se plaire à ce point dans sa société! Le respect de Marie se changerait aisément en un sentiment plus doux lorsqu'elle apprendrait qu'un si grand homme descendait des hauteurs de sa pensée pour songer à elle.
En un mot, mistress Scudder avant de s'endormir, le soir même du départ de James, avait choisi en idée la maison où elle installerait le ministre et sa jeune épouse, les rideaux dont elle garnirait leurs fenêtres, et songé avec complaisance au gigantesque gâteau de noces qu'elle exécuterait d'après une recette complètement inédite.