‹ La fiancée. L'officier de FortuneChapitre 70 sur 96 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Le signal des combats vient de se faire eii-.oiii!te! i Les cliefs sont assemblés, Moiay, Ranald. Alliin, Tous vèlus de tartan, la claymore à la iiiaiti Caui'bell, Lochict.

PS^^)<^^ E matin de ce jour, le château de Darnlinvarach offi-it un spectacle brillant et animé.

)^^j Les différents chefs, arrivant tour à tour avec leur suite, .So'j/.. qui, quoique plus ou moins nombreuse, n'était pourtant if^^^^;'^^^©^^ guère que le cortège qui les accompagnait ordinairemeiU dans les occasions d'apparat, et qui formait une espèce de gardes du corps, saluèrent le seigneur du château et se saluèrent les uns les auties avec une affection cordiale o-u avec une réserve hautaine , suivant les relations d'amitié qui existaient entre leurs clans respectifs , ou les querelles qu'ils avaient p^u avoir les uns avec les autres. Chaque ch*f , quelque mince que fût son importance, semblait disposé à exiger des autres la déférence due à un prince souverain indépendant, tandis que les plus puissants étaient forcés par la politique d'accorder quelque chose aux prétentions des autres , afin d'en rallier sous leurs étendards le plus grand nombre possible en cas de besoin. Cette assemblée de chefs ressemblait assez à ces anciennes diètes de l'empire germanique, où le moindre Fray-Graf qui possédait un castel perché sur un rocher stérile, entouré de quelques centaines d'acres de terre, prétendait au rang et aux honneurs de prince souverain , et au droit de siéger parmi les dignitaires de l'Empire.

La suite de chaque chef avait été logée aussi bien que les circonstances et les localités le permettaient; mais chacun d'eux avait conservé son henchman ou page qui le suivait comme son ombre , prêt à exécuter tous les ordres qui pourraient lui être donnés.

L'extérieur du château offrait une scène singulière. Les Highlanders, venus d'îles, de vallées, de montagnes différentes, s'observaient réciproquement à distance avec un air de ctu-iosité , de jalousie inquiète DU de malveillance décidée. Mais la classe la plus étourdissanie de cette assemblée, au moins pour une oreille qui n'y ét;iit pas habituée, c'éttiit celle des joueurs de cornemuse, qui faisaient assaut de talent. Ces ménestrels guci-riers, dont chacun avait la plus haute opinion de la supé-

riorité de sa tribu et de l'importance de sa profession, jouèrent d'abord leurs différents pibrocks chacun à la tête de son clan. Enfin, de même que des coqs animés de l'ardeur des combats sont attirés l'un vers l'autre quand ils s'entendent chanter, nos musiciens, secouant leurs plaids et leurs tartans comme ces oiseaux hérissent leurs plumes, commencèrent à s'approcher les uns des autres , de manière à donner à leurs confrères un échantillon de leur savoir-faire. S'avançant toujours de plus en plus, et semblant se délier mutuellement, chacun jouait de toutes ses forces son air favori sur son instrument criard, d'où il résultait un tel charivari , que si un musicien italien eût été enterré à dix milles de distance , il serait ressuscité d'entre les morts pour fuir le bruit de cette musique barbare.

Cependant les chefs s'étaient assemblés dans la grande salle du château. Parmi eux se trouvaient les personnages les plus importants des Highlands, attirés, quelques-uns par leur zèle pour la cause royale, le plus gi-and nombre par leur haine contre le marquis d'Argyle, qui, depuis l'influence qu'il avait obtenue dans l'état , voulait exercer une sorte de suprématie sur les chefs ses voisins. Ce politique, doué de grands talents et jouissant d'une puissance considérable, avait aussi des défauts qui le rendaient impopulaire parmi les autres chefs montagnards. La dévotion dont il faisait profession était d'un caractère sombre et fanatique; son ambition paraissait insatiable, et les chefs inférieurs l'accusaient de n'être ni généreux ni libéral. Il faut ajouter que, quoique Highiander et issu d'une famille où la valeur était héréditaire et où elle s'est conservée depuis ce temps , Gillespie Grumach ' (il devait ce surnom qu'il portait dans les Highlands au peu d'accord qui régnait entre ses yeux) était soupçonné d'être plus habile politique que vaillant guerrier. Lui et son clan étaient surtout l'objet de la haine des Mac-Donalds et des Mac-Leans, les deux tribus les plus puissantes après la sienne, qui, quoique divisées par d'anciennes querelles, étaient réunies par leur aversion contre les Campbells , autrement nommés les enfants de Diarmid.

Les chefs réunis restèrent quelque temps en silence, attendant que quelqu'un expliquât les motifs de l'assemblée. Enfin , personne ne prenant la parole, un des plus distingués d'entre eux ouvrit la diète en disant :

— Nous avons été convoqués ici , M'Aulay, pour délibérer sur les affau-es du roi et sur celles de l'état j nous désirons savoir qui va nous exposer l'objet de nos délibérations.

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