‹ La fiancée. L'officier de FortuneChapitre 94 sur 96 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Il m'a ravi l'objet dont mon cœur est épris, Et qui de maints combats était pour mui le prii, L'Iliade.

L était indispensable, pour bien des raisons, qu'Angus Mac-Aulay , qui avait été si longtemps le protecteur d'Anneite, fiit instruit du changement presque miraculeux qui venait de s'opérer dans la fortune de. sa jeune protégée. Montrose, comme il s'en était chargé, lui communiqua ces événements remarquables. Il apprit cette nouvelle avec l'air d'indifférence et de bonne humeur qui lui était habituel , et montra plus de oie que d'étonnement de la bonne fortune d'Annette.

— Je ne doute nullement qu'elle ne s'en montre digne, dit-il, et comme elle a été élevée dans de bons principes , dans des sentiments royalistes, j'espère qu'elle fera passer la fortune de son vieux fanatique de père dans les mains de quelque brave ami du roi. Je n'empêcherai même pas mon frère AUan de se mettre sur les rangs , quoique ce sir Duncan Campbell soit le seul homme qui ait osé reprocher à un Mac- Aulay d'avoir manqué aux lois de l'hospitalité. Annette n'en est pas coupable, elle seule a jamais pu charmer les moments d'humeur d'AUanj et qui sait si le mariage ne le rendrait pas tout à fait à la société ?

Montrose se hâta d'interrompre la construction des châteaux qu'Angus bâtissait en l'air, en l'informant que le père d'Annette avait déjà disposé de sa main } qu'elle devait épouser le lendemain soir leur parent commun, le comte de Menteith ; et que, par reconnaissance des soins que Mac-Aulay avait pris de cette jeune fille jusqu'à ce jour , il était chargé par sir Duncan de l'inviter à assister à cette cérémonie et à le remplacer à l'autel, puisque sa blessure l'empêcherait de s'y trouver.

A cette déclaration, Angus prit un air grave, et se redressa de l'ait d'un homme qui croit qu'on a manqué aux égards qui lui étaient dus.

— Je pensais, dit-il, qu'ayant si longtemps servi de père à cette jeune fille , pendant toutes les années qu'elle a passées sous le toit do mes ancêtres, je pouvais m'atlendre en cette occasion à autre chose qu'à un compliment de pure cérémonie. Je ne crois pas avoir à me

reprocher trop de présomption en prétendant qu'on aurait pu me consulter. Je souhaite tout le bonheur possible à mon parent Menteith, personne 1.3 lui en souhaite plus que moi ; mais je dois dire qu'il a été un peu vite e^» cette affaire. Tout le monde connaît les sentiments d'Alîan pour Anriette , et je ne vois pas pourquoi l'on a mis de côté les droits supérieurs qu'il a sur son affection et sa reconnaissance, au moins sans en faire d'abord l'objet d'une discussion

Montrose , ne voyant que trop où tendaient tous ces discours , supplia Mac-Aulay d'écouter la raison, et lui demanda d'examiner luimême s'il était vraisemblable que sir Duncan accordât la main de sa fille unique à Allan , qui , malgré les excellentes qualités que personne ne pouvait lui refuser , avait des accès de mélancolie qui faisaient trembler tout ce qui approchait de lui.

— Milord , dit Mac-Aulay, mon frère Allan est ce que Dieu nous a faits tous , un mélange de bonnes et de mauvaises qualités ; mais c'est l'homme le plus brave et le plus intrépide de toute votre armée , et il méritait que Votre Excellence, que son parent, qu'une jeune personne qui lui doit tout ainsi qu'à sa famille, eussent un peu plus d'égard pour son bonheur.

Montrose tenta vainement de lui faire envisager les choses sous un autre point de vue. Angus était du nombre de ceux qu'aucun raisonnement ne peut convaincre quand ils ont une fois pris une fausse impression. Montrose éleva alors le ton plus haut, et lui recommanda de prendre garde de nourrir dans son cœur des sentiments qui pussent nuire au service de Sa Majesté. H lui annonça qu'il désirait surtout qu'Allan ne fût pas interrompu dans la mission dont il l'avait chargé , mission , dit-il , aussi honorable pour lui-même qu'elle pouvait être avantageuse pour la cause du roi , et dont il espérait que son frère ne le détournerait pas en l'entretenant d'objets qui y étaient étrangers, au risque de semer la haine et la dissension.

Angus répondit avec un ton d'humeur qu'il n'était pas un tison de discorde , et que par caractère il jouerait plutôt le rôle de pacificateur; qu'au surplus son fi'ère savait aussi bien que qui que ce fût ce qu'il devait faine quand il se trouvait insulté. Quant à la manière dont Allan serait informé de ce qui se passait, on croit généralement, dit-il, que mon frère a des sources d'information plus promptes et plus sûres que les communications ordinaiies, et je ne serais pas surpris qu'on le vît arriver ici beaucoup plus tôt qu'il n'y est attendu.

Une promesse qu'il n'interviendrait en rien dans celte affaire fut tout ce que Montrose put obtenir d'Angus, qui, quoique d'un caractère

doux et conciliant en toute autre occasion , devenait intraitable quand son orgueil , son intérêt ou ses préjugés étaient blessés. Les choses en restèrent donc là pour le moment.

On devait s'attendre à trouver sir Dugald Dalgetty plus disposé à assister avec plaisir à la cérémonie du mariage. Montrose crut devoir l'y inviter, attendu qu'il avait eu connaissance de toutes les circonstances qui l'avaient amené; mais, à sa grande surprise, sir Dugald hésita; il regarda les coudes de son justaucorps et les genoux de ses culottes , et répondit à Montrose , avec un air de répugnance et de contrainte , qu'il se rendrait à cette invitation si , après en avoir causé avec son noble ami , il trouvait que cela lui fut possible. Montrose ne crut devoir lui en montrer ni étonnement ni déplaisir , et le laissa libre d'agir comme bon lui semblerait.

Dès que Montrose se fut retiré, le major chercha lord Menteith, et le trouva dans son appartement , occupé à choisir dans la garde-robe peu nombreuse qu'il avait au camp les vêtements qui pouvaient être les plus convenables pour cette cérémonie solennelle. Il lui fit d'un air grave et sérieux ses compliments de félicitation sur l'approche du moment qui devait assurer son bonheur, ajoutant qu'il avait le plus grand regret de ne pouvoir en être témoin.

— Et quelle raison vous en empêche ? lui demanda le comte ; Montrose ne vous y a-t-il pas invité ?

— Oui , Milord , répondit Dalgetty; mais pour vous parler franchement, je dois vous dire que ma présence ne ferait pas honneur à cette auguste cérémonie. Je n'ai d'autre habit que celui que vous voyez; le cuir de mes culottes est devenu si mince aux genoux , que je tremble à chaque instant de les voir passer au travers , et la solution de continuité qui se trouve aux coudes de mon justaucorps serait peut-être de mauvais augure pour la durée de votre bonheur matrimonial. A vous dire la vérité , Milord, vous en êtes un peu la cause, car vous m'avez fait penser trop tard que je pourrais trouver dans les dépouilles des ennemis quelque vêtement qui me convînt. Vos enrangés Highlanders avaient déjà fait main basse sur tout le butin, et il aurait été aussi facile d'arracher un os à un chien affamé. Pour toute réponse, ils tirèrent leurs claymores et leurs poignards en marmottant je ne sais quoi dans ce qu'ils appellent leur langage, que le diable seul peut comprendre. Do bonne foi, Milord, je crois qu'ils ne valent guère mieux que des païens , el j'ai été très-scandalisé de la manière dont mon vieil ami lîanald a jugé à propos de faire sa retraite il y a deux jours.

Lord Menteith était disposé à voir des amis dans tous les hommes;

la plainte du major ajouta encore à sa bonne humeur. Lui montrant un ajustement complet en peau de buffle qui était sur une chaise ; — Voilà, dit-il, ce que j'avais dessein de prendre pour ma parure de noce attendu que c'est ce que j'ai trouvé de moins formidable dans tout mon costume militaire ; nous sommes à peu près de même taille , me ferezvous le plaisir de l'accepter?

— Non, non, s'écria Dalgetty ; je ne puis consentir que vous vous en priviez pour moi. Cependant je ne sais s'il n'est pas plus conforme aux usages de vous marier revêtu de votre armure. Je me rappelle que j'assistai autrefois au mariage du prince Léon de Wittlesbach avec la plus jeune des filles de George-Frédéric de Saxe , mariage qui se célébrait sous les auspices du vaillant Gustave-Adolphe, le lion du Nord.

Le jeune comte sourit, et sûr que le major porterait à la cérémonie un visage gai, il se revêtit lui-même d'une cuirasse légère couverte par un manteau de velours et une large écharpe de soie bleue qu'il portait suivant la mode du temps, et conformément à son rang.

Tout était prêt , et il avait été convenu que, suivant l'usage du pays, les deux futurs époux ne se reverraient qu'en face de l'autel. L'heure fixée pour la cérémonie était déjà sonnée, et lord Menteith s'était rendu dans une salle voisine de la chapelle , où Montrosc , qui avait bien voulu se charger de remplir à son égard les fonctions de père , devait venir le prendre pour le conduire devant le ministre. Quelques occupations relatives à l'armée l'ayant retenu quelque temps, le jeune comte , comme on peut bien le croire , l'attendait avec la plus vive impatience j et lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, il s'écria d'un ton de plaisanterie : — Vous arrivez bien tard à la parade !

— Vous trouverez que j'arrive assez tôt , répondit Allan Mac-Aulay en s'élançant dans l'appartement, la claymore à la main. Menteith, défendez-vous comme un homme , ou mourez comme un chien.

— Vous êtes fou, Allan! dit Menteith non moins surpris de son arrivée soudaine que frappé de l'état dans lequel il le voyait.

Ses joues étaient livides , ses yeux sortaient de leurs orbites , ses lèvres étaient blanches d'écume, et ses gestes étaient ceux d'un démoniaque.

— Vous mentez, traître, répondit Allan d'un ton furieux; vous mentez en cela, comme dans tout ce que vous m'avez dit : toute votre vie n'est qu'un mensonge.

— La vôtre ne serait plus longue, répliqua Menteith, si je ne vous avais pas dit ce que je pense en vous disant que vous êtes feu. En quoi m'accusez-vous de vous avoir trompé?

— Vous m'aviez dit que vous n'épouseriez pas Annelte Lyle, dit AIlan : c'était une trahison, un mensonge, car elle vous attend à l'autel.

— C'est vous-même qui mentez, répondit Menteith : je vous ai dit que l'obscurité de sa naissance formait un obstacle à notre union. Cet obstacle n'existe plus; et qui croyez-vous donc être pour que je vous doive le sacrifice de mes prétentions ?

— Armez-vous donc! s'écria Allan : nous n'avons pas besoin d'autres explications.

— Pas à présent , dit Menteith ; pas en cet endroit. Vous devez me connaître, Ailanj demain nous nous reverrons.

— Aujourd'hui!... à l'instant!... ou jamais! répondit Allan. Votre dernière heure ou la mienne est sonnée. Menteith , je vous en conjure, au nom de notre parenté , de notre ancienne amitié , au nom des drapeaux sous lesquels nous avons combattu ensemble, défendez-vous!

En parlant ainsi , il s'approcha du comte , lui saisit la main, et la serra avec une telle violence que le sang en sortit.

— Retirez-vous , insensé ! dit le comte en le repoussant avec force.

— Que ma vision s'accomplisse donc ! s'écria Allan ; et , tirant son poignard , il en frappa le sein du comte. La cuirasse dont ûlenleith était revêtu fit glisser la pointe du poignard, qui, en remontant, ouvrit une profonde blessure entre le cou et l'épaule, et la violence du coup le renversa. Montrose entrait au même instant. Tous les témoins de cette scène étaient étourdis de surprise et de terreur. Avant que le comte comprît ce dont il s'agissait, Allan s'était précipité vers la porte , et il descendit l'escalier avec la rapidité de l'éclair.

— Gardes, s'écria Montrose, qu'on ferme la porte du château; arrêtez l'assassin ! tuez-le s'il résiste. Fùt-il mon frère, il mourra.

Mais Allan renversa d'un second coup de poignard la sentinelle qui était en faction et qui voulut l'arrêter, traversa le camp avec la vitesse d'un daim poursuivi par des chasseurs , passa la rivière à la nage , à la vue de ceux qui le poursuivaient, et s'enfonça dans les bois.

Dans le cours de la même soirée , son frère Augus quitta le camp de Montrose à la tête de son clan , retourna à Darnlinvarach , et ne prit plus aucune part à la guerre.

Quant à Allan, on dit qu'aussitôt qu'il eut commis son crime il vola comme un trait au château d'inverary, pénétra dans la salle où le marquis d'Argyle tenait un conseil, et jeta devant lui, sur la table, son poignard ensanglanté.

— Est-ce le sang de James Graham? demanda Argyle d'une voix qui annonçait en même temps l'espoir que cette question recevrait

une réponse affirmative, et la terreur que lui inspirait cette apparition inattendue.

— C'est le sang de son favori, répondit Allan; c'est un sang que j'étais prédestiné à répandre, quoique j'eusse versé tout le mien pour l'épargner.

Ayant ainsi parlé, il partit avec la même promptitude qu'il était arrivé , et disparut avant que personne songeât à le retenir. On n'est pas d'accord sur ce qu'il devint ensuite. Comme on vit le même jour le jeune Kenneth et trois Enfants du Brouillard traverser le Loch Fine, bien des gens présumèrent qu'ils l'avaient suivi à la piste , et qu'AUan était tombé sous leurs coups dans quelque solitude écartée ; mais d'autres prétendent qu'il quitta l'Angleterre , et qu'il se fit moine dans l'ordre des chartreux. Au surplus, on n'eut jamais que de faibles présomptions à l'appui de l'une ou de l'autre de ces deux opinions.

Sa vengeance fut pourtant moins complète qu'il ne se l'imaginait probablement ; car lord Menteith , quoique si dangereusement blessé qu'il fut très-longtemps à recouvrer la santé, dut la vie à la recommandation que lui avait faite le major Dalgetty de se marier couvert de ses armes, Mais Montrose perdit ses services ; car dès que lord Menteith fut en état de supporter le transport, il partit avec Annette et sir Duncan , toujours souffrant lui-même de sa blessure , pour le château d'Ardenvohr. Sir Dugald Dalgetty l'accompagna jusqu'au bord du lac, et le conjura, en le quittant, de ne pas oublier de faire construire une redoute sur la hauteur de Drumsnab , pour protéger le château qui devait un jour appartenir à sa future épouse.

Ils firent ce voyage sans aucun accident; et Menteith, au bout de quelques mois, fut assez bien rétabli pour être uni avec Annette en présence et du consentement de sir Duncan Campbell et de son épouse.

Les superstitieux Highlanders furent assez embarrassés' pour concilier la guérison de lord Menteith avec la prédiction d' Allan Mac-Aulay, dont ils ne voulaient pas révoquer en cloute le don de seconde vue. Quelques-uns lui surent mauvais gré de n'être pas mort pour la vérifier complètement. Mais la plupart pensèrent qu'elle avait été sullisamment remplie par la blessure qu'il avait reçue de la main et du poignard d' Allan, et tous furent d'opinion que l'incident de la bague à la têts de mort avait annoncé le trépas du père d'Annette , qui ne survécut que quelques mois au mariage de sa fille avec le comte. Les incrédules traitèrent toutes ces idées de rêves de cerveaux en délire , et |ugèrent que la prétendue vision d'Allan n'était autre chose que l'elfet de ses passions violentes, (jui, ayant vu depuis longtemps dans Meu-

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teilh un rival plus favorisé qu'il ne l'était lui-même , luttaient contre sa générosité naturelle et lui inspiraient à son insu l'idée de faire périr celui qu'il regardait comme le seul obstacle à son bonheur.

Menteith ne recouvra pas la santé assez tôt pour rejoindre Montrose pendant sa courte et glorieuse carrière, et quand ce général eut quitté l'Ecosse après avoir licencié son armée, il vécut retiré dans ses terres jusqu'à la restauration de Charles II sur le trône. Après cet heureu:^ événement , il exerça dans son pays des fonctions qui convenaient à son rang , vécut heureux , respecté du public , chéri de sa femme et de ses enfants , et mourut dans un âge fort avancé.

Les personnes de notre drame sont en si petit nombre qu'à l'exception de Montrose , dont la gloire et les exploits appartiennent à l'histoire , il ne nous reste à parler que de sir Dugald Dalgetty.

Le brave major continua avec la plus rigoureuse ponctualité à remplir ses devoirs militaires et à recevoir sa paie. Mais enfin il fut, comme beaucoup d'autres, fait prisonnier à la bataille de Philiphaug. 11 fut condamné à partager le sort de ses compagnons de service voués à la mort, moins enco e paries arrêts des tribunaux civils et militaires que par suite des déclamations de ministres fanatiques , qui prétendaient que leur sang devait être versé en sacrifice expiatoire pour effacer les péchés d'Israël , et qui , par une application aussi cruelle qu'impie , disaient qu'ils devaient êire traités comme l'avaient été lesChananéens.

Plusieurs oflSciers des Lowiands , au service du Covenant , intercédèrent en cette occasion pour Dalgetty, et le représentèrent comme un homme dont les connaissances militaires pourraient être très-utiles à leur armée, et qu'il serait facile de déterminer à changer de service. Mai : ils trouvèrent sir Dugald plus obstiné sur ce point qu'ils ne l'avaient pensé. Il s'était engagé au service du roi pour un temps fixe , leur dit-il, et, jusqu'à l'expiration du terme convenu, ses principes ne lui permettaient pas l'ombre d'un changement. Les officiers du Covenant n'entendaient pas des distinctions si subtiles, et il courait le p^us grand danger de mourir martyr, non de tel ou tel principe politique, mais de ses idées rigoureuses sur la discipline militaire, quand heureusement ceux qui s'intéressaient à lui découvrirent qu'il ne restait que quinze jours à s'écouler au terme fixé pour son engagement, auquel aucune puissance sur la terre n'aurait pu le décider à manquer, quoiqu'il fût bien certain qu'il ne serait pas renouvelé. Ils obtinrent donc , non sans peine, un sursiis à son exécution pour cet espace de temps, et au bout de ce terme ils le trouvèrent parfaitement disposé h entrer au service de quiconque voudrait le paver. Il prit donc parti dans l'armée du

Covenant , et fut nommé major du corps de Gilbert-Ker, communément appelé le régiment de l'église.

Nous ne srvons pas ce qu'il devint ensuite; mais au bout de quelques année.3 nous le trouvons en paisible jouissance de son domaine paternel de Drumthwacket , dont il ne prit pas possession à la pointe de l'épée, mais qu'il acquit par des voies plus pacifiques en épousant Hanna Strachan, matrone respectable , veuve sans enfants du presbytérien auquel il avait appartenu.

On croit que sir Dugald survécut à la révolution; car des traditions qui ne sont pas encore très-anciennes nous le représentent comme se montrant encor^; alors assez fréquemment à Aberdeen, très-vieux, très-sourd, et ne se lassant jamais de répéter ses histoires interminables sur l'immortel Gustave-Adolphe, le lion du Nord et le boulevard de la foi protestante.

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