‹ La fiction universelleChapitre 10 sur 15 · I.A MÉTAPHORE UMVERSELLU /l · texte numérisé non relu

I.A MÉTAPHORE UMVERSELLU /l

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point pour une vérité, et Tôt. croirait par cette prétention la disqualifier, la reléguer dans le monde insaisissable des idées métapliysiques, mais on la donne pour une construction, pour un échafaudage, pour un des artifices au moyen desquels il est possible de se former quelque idée de la réalité phénoménale, on la donne pour un mode de représentation.

Telle qu'elle fut exposée, elle est expressément un mode psycholog-ique : et, selon les perspectives instituées par la psychologie, elle implique bien d'autres fictions encore que celle que l'on vient de mettre à nu. Sa valeur explicative se fonde sur cette hypothèse, entre autres, selon laquelle les faits de conscience seraient doués d'une activité autonome, d'un pouvoir d'action et de réaction les uns sur les autres. On accorde à l'idée un pouvoir de fascination propre à déplacer les énergies. La conscience est censée pourvue du pouvoir de modifier la personne humaine dans un sens favorable ou défavorable par l'admiration, par l'engouement qu'inspirent les idées qu'elle reflète. On ne tient pas compte ici des résistances ou des impulsions de la physiologie, ou du moins on semble admettre que la psychologie a sur elle quelque pouvoir de réaction. L'idée est donnée comme un principe de développementet de progrès lorsqu'elle scintille au-dessus de la personne humaine avec un tel éclat

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qu'elle l'exhausse au-dessus d'elle-nK^me en respectant l'harmonie des systèmes d'idées qui en ont composé antérieurement la réalité. Elle est donnée comme un principe de dissolution, lorsque, brisant ou bouleversant la hiérarchie établie entre les systèmes d'idées antérieurs, elle fomente un désordre. Dans l'un et l'autre cas l'idée se montre pourvue d'un pouvoir de causalité. C'est de ce point de vue que jNI. Fouillée a construit sa théorie des idées forces. C'est sous ce jour que M. Tarde a composé ses Lois de l' Imitation . Il s'agit ici, on le répète, d'un éclairage psychologique.

Ce point de vue est-il juste, est-il faux? Celle question, selon nous, n'accepte pas de réponse. 11 s'agit d'un mode d'explication ; or, il est bon, il possède une valeur explicative, s'il ne contredit pas d'autres constructions cohérentes et utiles faites par l'esprit, il est légitime dès que l'on s'entend sur le sens relatif, purement psychologique des termes que l'on emploie. Il n'est point exclusif. II admet, au-dessous de lui, un autre mode d'explication d'ordre purement physique, plus satisfaisant sur certains points, mais laissant peser une ombre plus épaisse sur d'autres plans de la réalité.

En quelques-unes des études précédentes {le Bovary sme des Déracinés, Ibsen), on a eu recours déjà à cette interprétation d'ordre physique. Dans l'étude sur la Nature des vérités, on sembla même

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