‹ La fiction universelleChapitre 11 sur 15 · LA MÉTAPHORE UNIVERSELLE [\0'J · texte numérisé non relu

LA MÉTAPHORE UNIVERSELLE [\0'J

lui accorder une valeur quelque peu exclusive. Or, et c'est là tout ce qu'il est possible relever en faveur de l'une et de l'autre explication, toutes deux offrent des points de coïncidence par lesquels elles se complètent, toutes deux donnent des modes du changement une interprétation parallèle. La différence entre elles consiste en ceci que l'idée, sous l'empire de laquelle l'individu se concevait autre qu'il n'était^ cette idée qui, dans la première hypothèse, est une cause, devient, dans l'hypothèse physiologique, un effet, un simple reflet, suivant la théorie de MM. Huxley et Maudsley,le signe d'un état intérieur et matériel où s'exerce, dans le domaine du mouvement, le jeu de la causalité. Le système distinct de mouvements qui, dans cette hypothèse, constitue une personnalité individuelle, se trouvet-il, du fait d'une rencontre avec d'autres systèmes de mouvements qui lui sont extérieurs, modifié dans un sens favorable, et ce fait de physique se représente, dans le domaine des faits de conscience, par une conception qui, si elle était douée du pouvoir de causalité c^ue nous lui avons supposé, serait propre à amplilQer la personne humaine. Le système individuel de mouvements que nous considérons se trouve-t-il, au contraire, déséquilibré par des heurts extérieurs qui compromettent son harmonie etsubstituent à un état de convergence générale des divergences partielles^ et, ce fait de phy-

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sique se représente, clans le domaine des faits de conscience, par une conception fausse de soi-même qui, si elle était douée du pouvoir de causalité que nous lui avons supposé, contraindrait l'individu à accomplir constamment des actes auxquels son hérédité ne le disposait pas, àressentir, par engouement et par fascination, des sentiments etdes désirs qui ne sont point chez lui naturels.

Tant que nous tenons pour vrais les termes de l'hypothèse physique, nous voyons bien que l'interprétation psycholog-ique que nous en donnions précédemment est fausse dans son point de départ, qu'elle est un artifice au moyen duquel nous représentons les choses, à notre propre vue, autrement qu'elles ne sont. Nous voyons bien que les faits de conscience, auxquels nous avions attribué le pouvoir de s'eng'endrer les uns les autres, ne sont que des ombres produites par une suite de mouvements physiques sans lesquels ils n'apparaîtraient point dans le champ de la représentation. Nous voyons bien qu'il en est ici comme au théâtre où, sous rem[)ire de l'illusion scénique, il semble qae les personnages pourraient à chaque instant changer le dénouement du drame par des résolutions spontanées, mais où l'on sait bien pourtant que le prin-

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