LES RESERVOIRS DE VIRUS
En 1926, les travaux de Sadi de Buen et de ses collaborateurs avaient souligné le rôle important du porc dans la pullulation d’Ornithodorus erraticus; cette constatation avait naturellement amené les épidémiologistes à croire la présence de cet animal indispensable pour la conservation naturelle de Spirochaeta hispanicum. D'ailleurs, le hasard avait voulu que la plupart des cas de fièvre récurrente observés en Espagne fussent survenus dans les environs immédiats des porcheries et parfois même chez le personnel de ces porcheries. Mais les premières recherches expérimentales entreprises par Sadi de Buen, Ortega, Nicolle et Anderson n’encouragèrent pas ces auteurs à persévérer dans leur croyance. Aucun d’eux, en effet, ne réussit à infecter le porc avec le Spirochète récurrent. Delanoë, explorant les murs et le sol des porcheries, y découvrit des Ornithodores en abondance, mais une fois seulement sur dix-huit ces Ornithodores étaient infectés. Il fallait donc renoncer à voir dans le porc un réservoir de virus pour ia fièvre récurrente hispano-africaine. Toutefois, en 1931, Vélu, Balozet et Zottner réalisèrent une infection inapparente chez cet animal après inoculation intraveineuse et, dans la suite, ces expériences furent renouvelées à l’Institut Pasteur de Tunis sur de très