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à le bétonner complètement sans laisser d’interstices. Les sols fissurés seront arrosés de temps en temps car cette pratique contribue d’une façon certaine à éloigner les Tiques qui ne s'adaptent pas aux terrains humides, et pour plus de sécurité, dans les endroits suspects, on emploiera des couchettes dont les pieds seront isolés en baignant dans un récipient rempli de pétrole.
Au cours de leurs déplacements, les voyageurs évi- ‘eront les hostelleries malpropres et ne prolongeront pas indéfiniment leur stationnement dans les douars indigènes. Les baigneurs qui s’étendent sur les plages se méfieront d’une contamination toujours possible par les Tiques qui abondent dans les multiples terriers des dunes avoisinantes. Les campeurs choiïsiront avec soin l'emplacement de leur tente et la nuit prendront la sage habitude d’entretenir des feux de brousse. Les chasseurs ne relanceront le gibier jusque dans ses terriers qu'après s'être munis de molletières ou de bottes. Mais surtout les ouvriers agricoles, les soldats en campagne et d’une façon générale ceux que leurs obligations appellent à séjourner dans l’intérieur du pays devront toujours être sur leur garde, redoubler de prudence et ne pas s’exposer inutilement à la piqûre d’Ornithodorus erraticus.
Dans les laboratoires, il convient de surveiller attentivement les élevages de Tiques pour prévenir les fuites éventuelles ; il faut redoubler de précautions au cours des prélèvements, et se méfier en particulier de la plus légère excoration qui en présence de sang virulent devient une porte d’entrée offerte à la fièvre récurrente.
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Le traitement de la spirochétose hispano-africaine s’est tout d’abord inspiré de celui de la récurrente mondiale. Mais l'administration de composés arsénicaux ne s’est pas révélée aussi efficace qu’on avait pu l’espérer ; l’arsénobenzol et le novarsénobenzol paraissent sans action sur la maladie, ils ne modifient nullement la durée et l’intensité des accès et ne diminuent point le nombre des récurrences. Cette particularité qui n’avait pas échappé aux médecins nordafricains les avait souvent incités à pratiquer l’inoculation au cobaye pour vérifier l’exactitude de leur diagnostic. Hornus avait attribué l’échec de cette thérapeutique à l'insuffisance des doses administrées, inais l'emploi de doses massives n’a pas apporté de bien meilleurs résultats ; au contraire semble-t-il, puisqu'on a vu s’accroître la fréquence des accidents hépatiques au cours du traitement.
Les composés d’antimoine, les sels d’or ont à leur tour été employés ; mais après avoir reconnu jeur complète inefficacité il a fallu les abandonner. D’ailleurs, la plupart des auteurs demeurent persuadés que la fièvre récurrente à Spirochæta hispanicum guérit spontanément ; pendant les crises ils soumettent leurs malades à la diète hydrique ou lactée et se bornent à leur donner une médication purement symptomatique : antinévralgiques, toni-cardiaques, ponction lombaire au besoin, etc
Depuis 1936, une nouvelle ressource thérapeutique est née sous l’impulsion de A. Sergent. Cet auteur, après avoir constaté que l’injection de virus bilié ou de virus vieilli én vitro à diverses températures ne vac-
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cinait pas les cobayes réinoculés avec une souche virulente de Spirochæta hispanicum, tenta sans plus de succès un traitement sérothérapique à partir du sang des espèces animales réfractaires. Enfin, il eut la satisfaction de mettre en évidence l’action heureuse du sérum de convalescents sur le cours de la fièvre récurrente hispano-africaine expérimentale du cobaye. Cette méthode, applicable à l’homme, peut donner des résultats aussi satisfaisants que chez l’animal en expérience. C’est dans la semaine qui suit la fin du premier accès fébrile qu’il convient de prélever le sang aux convalescents : à ce moment le sérum possède le plus fort pouvoir curatif. Mais alors que dans les maladies à immunité vraie, telles que la rougeole ou la scarlatine, c’est du sérum de guéris que l’on emploie, dans la fièvre récurrente hispano-africaine le sérum vient de sujets infectés et il est d’autant plus actif qu’il est prélevé à une époque plus rapprochée de l'accès aigu de première invasion : c’est donc du sérum de porteurs de germes.
L’injection de ce sérum doit être pratiquée au plus fort de l’accès pour en obtenir l’action la plus nette et il ne convient pas de la faire trop tôt pour ne pas entraver l'établissement de la prémunition. D’emblée il faut recourir aux fortes doses et injecter 20 cc. à 30 cc. en une seule fois.
Cette méthode qui a pour résultat de couper presque immédiatement l’accès fébrile et parasitaire, de s’opposer à l’apparition des récurrences ultérieures sera surtout réservée aux jeunes enfants, aux malades porteurs de tares organiques et à tous ceux dont l’état
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général ne semblerait pas permettre les frais d’une maladie aiguë. C’est encore au sérum de convalescents qu’on aurait recours si une épidémie menaçait de prendre quelque importance ; mais bien souvent on sera dans l’obligation d'employer le traitement arsénical à défaut d’une thérapeutique plus active.
LAMACHE 5
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