‹ La Fievre typhoideChapitre 10 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONT AGE. XXIII · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONT AGE. XXIII

des différences de structure, ils doivent avoir la chose différentiée, c'est-à-dire la structure (1). » Il termine par cette comparaison : « Les particules en question sont vues à l'état d'agglomération dans l'air, aussi distinctement qu'on voit un troupeau sur une montagne éloignée sans qu'on puisse distinguer les bondissements de chaque mouton qui le compose. » Ces particules réfractent les ondes lumineuses dirigées sur elles. Si on vient à les semer elles donnent des récoltes spécifiques différentes les unes des autres. Jusqu'à présent on ne connaît que les germes qui soient capables de se reproduire ainsi, de même que je ne connais que le sodium capable de produire la ligne multiple D dans le spectre solaire. Nous concluons donc, de ces récoltes, à l'existence dans l'atmosphère de germes, avec autant de certitude pour le moins que de l'apparence de la ligne D nous concluons à l'existence du sodium, et même notre première conclusion a bien plus de certitude que l'autre, en raison du bien plus grand nombre d'expériences sur lesquelles elle repose.

La théorie du germe contage n'a pas moins d'adeptes en Allemagne qu'en Angleterre. Un grand nombre de collaborateurs de l'encyclopédie de Ziemssen la font intervenir dans l'étiologie des maladies infectieuses.

Ces organismes vivants qui pénètrent dans un autre organisme, qui s'y installent, y croissent, et s'y multiplient, sont des parasites. Quel rôle jouent-ils chez leurs hôtes, par quels moyens et jusqu'à quel point lui nuisent-ils ? quel rapport a la présence de ces êtres avec les phénomènes de la maladie à laquelle ils assistent ? A quel agent malfaisant peut-on les comparer? On les appelle des poisons, mais c'est bien, comme le fait remarquer le professeur Chauffard, par un déplorable laisser aller du langage médical. Le poison ne se multiplie pas ; il ne produit pas de soi-même des particules transportables d'un individu à un autre et conservant leurs propriétés toxiques : le poison n'a que des effets proportionnés a la dose à laquelle il a été ingéré et surtout absorbé. L'atteinte qu'il porte à la structure ou à la fonction de l'organe sur laquelle il a une action spéciale, se mesure à la quantité

(i) Philosophical transactions, 1876.

dans laquelle il arrive à cet organe. Que ce soit en quantité insuffisante pour détruire l'organe, il amènera un trouble plus ou moins grand, mais loin de se reproduire, il s'éliminera ; l'orgàne troublé reprendra son état normal, et le ressentiment qu'aura éprouvé l'économie, proportionnellement à l'importance de l'organe atteint, s'apaisera aussi. Qui ne connaît les expériences si précises et si instructives de M. Cl. Bernard, dans lesquelles les empoisonnements et les éliminations sont gradués à volonté? Peut-on modérer ainsi l'action du parasite virulifère? Une spore unique absolument invisible peut en quelques beures s'être multipliée par milliards, si elle possède de son côté les conditions favorables, et si elle les rencontre chez l'hôte qu'elle attaque. Ces deux ordres de conditions sont très-importantes à considérer. Au point de vue de la théorie du germe contage, elles fournissent les explications les plus plausibles. L'action du parasite dépend île l'état de sa vitalité qui, lui-même, dépend surtout du milieu où il se multiplie. Il ne se féconde qu'après avoir rencontré l'habitat spécial qui lui convient. Pour l'un c'est la peau, et les membranes muqueuses d'une région particulière, (variole, rougeole, diphthérie, typhoïde) ; pour un autre ce seront les glandes de l'intestin (lièvre typhoïde) ; pour le vibrion sep tique, c'est une plaie avec tendance à la mortification du tissus. Les conditions de 1 habitat peuvent être modifiées par l'intervention d'un autre parasite venant disputer le terrain à celui qui y était déjà, l'y détruisant et se nourrissant de ses débris. C'est ce que M. Pasteur a démontré pour la bactérie. Elle peut être détruite et arrêtée dans sa multiplication par l'invasion d'un autre vibrionien ; et c'est, nous l'avons déjà vu, ce qui arrive au micrococcus de la fièvre typhoïde que vient détruire le bacterium lermo ; c'est aussi ce qui rend compte d'un fait si souvent mis en avant par les adversaires de la théorie, la diminution de la virulence d'un liquide en proportion du développement des bactéries. L'état général de l'individu atteint peut aussi avoir une grande influence sur les qualités de l'habitat. Hildenbrand et M. Hardy citent les exemples de galeux guéris à la suite d'une affection fébrile, et l'on peut voir le ténia abandonner un intestin où il ne trouve plus les conditions qui lui convenaient. J'ai été témoin d'une

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