‹ La Fievre typhoideChapitre 9 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXI · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXI

professe la même doctrine à l'égard du contage de la fièvre typhoïde. « Mon opinion est faite sur le germe contage depuis « que j'ai commencé à m 'occuper de ces questions, écrivait-il à « Tyndall en 1870, et je ne doute pas que des organismes vite vants ne soient la cause spécifique des maladies contagieuses. « Au fait, il est impossible de parler de l'essence et des ca- « ractères distinctifs de ces fièvres, sans employer des termes « qui ne peuvent s'appliquer qu'à ce qui a vie. Lisez les « écrits les plus, opposés à la théorie du germe contage, « et vous trouverez qu'il n'y est question que de propagation « du semblable par le semblable, etc. »

Les opinions de M. Budd sur l'étiologie de la fièvre typhoïde sont discutées en leur lieu dans le cours de ce livre. Je mécontente de dire maintenant que la théorie du germe contage dont il est un des plus chauds partisans, compte parmi ses défenseurs les autorités les plus imposantes, et à leur tète l'illustre sir Thomas Watson. Ce grand maître dont la sagesse et le savoir, la profonde expérience pratique, aussi' bien que l'élégance et la clarté du langage font considérer ses écrits comme des modèles d'enseignement médical, vient de publier dans la Revue dit XIX siècle, un plaidoyer en faveur de la théorie des germes :

« Comme la vie ne provient que de la vie qui l'a précédée tt et comme, selon le verdict de l'expérience scientifique « exacte, la génération spontanée n'existe pas, de même,. « selon l'affirmation du même témoignage, il n'y a pas, du « moins à la présente époque du monde, d'origine spontanée « pour aucune de ces maladies spécifiques (les maladies zy- « motiques)... Elles ne peuvent naître que de la contagion.... « c'est-à-dire en étant transmises d'une personne à une autre « par contact direct, ou par des particules de matière flotte tantes dans l'air, ou adhérentes aux vêtements, à la literie, « aux murs, aux meubles, et mises à la portée de celui qui «prend la maladie. Ces particules, plus ou moins nombreuses « constituentlcs contages. En langage populaire, on les appelle « des germes, ou, par une dénomination plus simple et plus « exacte, des semences, et chaque maladie de ce groupe a sa. « semence propre et particulière. »

Cette théorie si séduisante par sa simplicité n'a cependant

AMI . UE LA FIÈVRE TYl'IlOÏUE.

pas porté la conviction dans tous les esprits. Je vais exposer quelques-unes des objections qui lui sont adressées.

Le docteur Burdon Sauderson (d) qui a, plus que personne, contribué à faire connaître les corpuscules « sphéroïdes » et leur présence dans les maladies in lectieuses, exprime maintenant des doutes sur les titres des germes à être classés dans les organismes. « lis n'ont pas de structure, dit-il ; suivant le professeur Tyndall lui-même, la matière germinale ou productrice de la vie où prennent naissance les bactéries n'a aucun caractère appréciable au microscope. Les prétendus germes de ces choses ultra-microscopiques, ne sont que des agrégations moléculaires; tout ce qu'on ne peut dire est qu'ils sont mitoyens aux choses non vivantes et aux êtres vivants. »

A cette objection le docteurTyndall répond : « 11 est vrai que les particules organiques n'ont aucune structure appréciable à nos microscopes; il est même vrai que, si le rayon explorateur de lumière solaire ou de lumière électrique révèle dans l'air en apparence le plus pur, dans l'eau distillée la plus limpide, dans l'eau même provenant d'un cristal de glace fondue, des flocons visibles en masse, il lui est impossible d'isoler individuellement les corpuscules qui les composent, mais il est vrai aussi qu'en introduisant une bulle infiniment petite de cet air, ou une goutelette de cette eau dans un liquide organique jusque-là stérile, j'y vois apparaître, ici la bactérie globuleuse, là la bactérie en bâton, ou de longs filaments flexibles, ou des organismes à mouvements rapides, ou encore des organismes immobiles. J'y vois aussi éclore, le bacillus anthracis (bactéridie de Davaine) qui engendre le sang-de-rate, et à côté de celui-ci, une autre bactérie dont les spores n'ont aucun caractère microscopique distinct des spores de la bactédirie et cependant incapable de produire le charbon que la bactéridie produit invariablement. Je ne peux pas croire que des particules qui, dans les progrès de leur développement, arrivent à des organismes si différents les uns des autres par leurs propriétés, n'aient pas entre eux de différences de structure, et puisqu'ils ont

(1) Lettre au Times, 10 février 1877.

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