‹ La Fievre typhoideChapitre 11 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXV · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXV

guérison de ce genre chez un chien : il avait un catarrhe intestinal, et un ténia qui résistait à tous les vermifuges ; un paysan conseilla un séton qui fût mis à la nuque. Le catarrhe ne tarda pas à guérir ; alors le ténia fut expulsé et n'a pas reparu depuis.

Les changements que des causes hanales peuvent apporter à l'état physiologique donneraient peut-être l'explication de l'éclosion, en apparence spontanée, de certaines maladies, qui se transmettent ensuite par contagion. Ces modifications physiologiques dépendent nécessairement de modifications histologiques correspondantes, et on conçoit que de ces dernières puisse résulter la constitution d'hahitats convenables à certains contages. Je prends la morve pour exemple : en dépit de la répugnance de l'esprit à admettre le développement spontané de celte maladie si contagieuse, les autorités les plus compétentes reconnaissent qu'elle peut apparaître en dehors de tout mode de transmission saisissable, à la suite, cependant, de causes spéciales telles que le surmenage, l'alimentation défectueuse, de profondes et longues suppurations, en un mot de causes incontestables d'épuisement. Ne peuton pas supposer que dans ces conditions, il se produit dans les solides ou les liquides des changements qui aboutissent à la constitution d'habitats favorables à la réception du germe de la morve. Cette hypothèse se place à côté de celle dont M. Bouley fait mention, qui suppose la formation de ferments spécifiques, promoteurs de troubles organiques dont la morve serait l'expression dernière. Elle n'est pas désavouée par les analogies tirées de l'observation clinique qui montrent les germes, ceux du muguet par exemple, venant d'on ne sait quel coin de l'atmosphère, s'implanter sur diverses régions de la muqueuse, chez les malades épuisés et dans un état de vitalité languissante. L'influence de l'état constitutionnel sur l'adaptation de l'habitat donnerait peut-être aussi le secret de ce consentement de l'organisme que M. Pidoux regarde avec tant de raison comme nécessaire à la production de sa maladie.

Je reviens aux habitats de constitution fixe et déterminée et, en particulier, à celui qui est assigné au conlage germe de la fièvre typhoïde. Ainsi que l'a écrit Louis et que l'école

française l'a enseigné la première, la lésion des plaques de Peyer est propre à l'affection typhoïde. C'est dans les glandes qui les forment, et les altérations pathologiques qu'elles suivissent que M. William Budd a placé l'habitat du contage germe. Et pour MM. Klein et Maclagan de Dundee, cette lésion n'est pas seulement le siège du contage, elle est jusqu'à un certain point l'effet de sa présence et le résultat du travail déterminé dans les tissus par la prolifération du germe qui en a pris possession.

Le docteur Maclagan, connu déjà par des travaux où Ton trouve des hypothèses ingénieuses associées aux enseignements d'une vaste érudition etd'une expérience clinique consommée, vint du fond de l'Ecosse prendre une part importante à une discussion qui eut lieu en 1874 à la Société pathologique de Londres, sur( la théorie du germe contage, sur l'initiative du professeur Baslian. Celui-ci, partisan, comme on sait, de la génération spontanée, voulait prouver que les haclérics n'étaient qu'une transformation, un produit d'évolution du protoplasma et que, d'ailleurs, elles ne jouaient aucun rôle dans l'étiologie et le développement de la maladie ? Le docteur Sanderson, d'après les expériences de Chauveau et celles qui lui sont propres, reconnaissait aussi la présence des microphytes, chez les individus atteints de certaines maladies infectieuses (j'ai déjà dit l'opinion qu'il a exprimée depuis sur la nature de ces microphytes). 11 se montrait même disposé à leur accorder un rôle actif dans la propagation de l'inflammation spécifique ; pour cela il se fondait surtout sur les observations de Recklinghausen de Strasbourg relatives à la marche de l'érysipèle. Ce médecin a signalé la présence de micrococci dans les espaces lymphatiques de la peau affectée de cette maladie, et dans les lymphatiques qui lui appartiennent. Ayant trouvé ces organismes abondants surtout, non pas au lieu où l'affection était le plus avancée, mais à la zone d'extension, il en conclut qu'ils prenaient une part active à cette extension.

M. Sanderson, d'ailleurs, tout en se refusant à admettre la génération spontanée de ces organismes, se contentait de reconnaître leur présence associée au développement des maladies

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