‹ La Fievre typhoideChapitre 107 sur 121 · UE LA MORTALITÉ DES FIÈVRES CONTINUES · texte numérisé non relu

UE LA MORTALITÉ DES FIÈVRES CONTINUES

du fait est fourni par les statistiques de l'Hôpital des fiévreux de Cork et de celui de Dublin (Tableau XVIII). De plus, le chiffre de la mortalité des fièvres en Irlande varie moins dans différentes années qu'en Angleterre et en Écosse. Ainsi, pendant que, dans les hôpitaux de la Grande-Bretagne, la mortalité n'était, dans de certaines années, que de 4 p. 100, et dans d'autres de plus de 20 p. 100, la mortalité, depuis 1817, n'a dans aucune année atteint 10 p. 100 à l'Hôpital des fiévreux de Dublin, et à l'Hôpital des fiévreux de Cork, dans une année seulement, elle a dépassé 6 p. 100. Cette petite mortalité des fièvres continues dans les hôpitaux d'Irlande est probablement due à une plus grande quantité de fièvres relapses et de fièvres simples, que dans les hôpitaux de la Grande- Bretagne, car il est évident que le typhus seul est souvent aussi fatal en Irlande que dans les autres parties du Boyaume-Uni. Il a déjà été prouvé que la fièvre relapse est la principale fièvre que les Irlandais aient à différentes époques importée en Angleterre, tandis que dans les épidémies mélangées de typhus et de fièvre relapse, la proportion des cas de relapse a été bien plus grande en Irlande qu'en Écosse ou en Angleterre. H. Kennedy remarque que c'est une erreur de croire que le typhus est la fièvre la plus commune en Irlande. Il ajoute: « D'après mes propres observations, j'ai parfois vu que les cas de typhus constituent un tiers de ceux de l'hôpital. Dans l'épidémie de 1817-1848, les cas de typhus étaient très-rares et ne se présentaient pas plus d'une fois sur quinze cas de fièvre. La maladie observée alors était principalement la fièvre relapse, du moins c'est ce qui se passait à Dublin (1). La fièvre relapse, cependant, n'est pas une maladie constamment dominante en Irlande. Il y a dix ans, j'ai fait une enquête qui m'a prouvé qu'elle était aussi rare dans ce pays que dans le reste du royaume, et la dernière épidémie de fièvre relapse dans les îles Britanniques a à peine frappé l'Irlande et n'en provenait pas. Il en résulte que, dans les intervalles de grandes épidémies, la petite mortalité des fièvres en Irlande, est probablement due à une prépondérance de la fièvre simple continue, et non de la fièvre relapse. C'est vraiment ce qui ressort des rapports de l'Hôpital des fiévreux de Cork qui est le seul établissement irlandais qui ait distingué dans ses Bapports les différentes fièvres continues (2). Pendant 9 ans (1861-1869), 8,305 cas de fièvre continue furent admis dans cet

(1) Kennedy, I8G0, p. 217.

(2) Que les différentes fièvres continues soient regardées comme des espèces ou des variétés, on doit regretter cpjo les rapports do la plupart des hôpitaux irlandais no donnent aucune information concornant lo nombre do chaquo forme admis annuellement.

hôpital; sur ce nombre il y avait 4,534 cas de synoque ou fièvre simple, 3,623 de typhus et 148 de fièvre typhoïde. Parmi les cas de fièvre simple, 29 seulement furent mortels. Il serait bon de savoir pourquoi les cas de fièvre simple continue, qui sont les exceptions dans les bôpitaux d'Angleterre, sont la règle dans ceux d'Irlande. Beaucoup d'entre eux sont sans doute des cas de typhus ou de fièvre typboïde avortés (Voy. p. 136), tandis qu'il y a des raisons de croire que d'autres sont une modification de la fièvre relapse. Dans des épidémies de fièvre relapse, il a été remarqué que deux de ses traits les plus caractéristiques, la rechute et l'ictère, diminuaient en même temps que l'épidémie déclinait, jusqu'à ce que la maladie parût devenir ce que, dans d'autres circonstances, on aurait regardé comme une fièvre simple continue. Steele, dans son Rapport sur l'épidémie de Glasgow en 1847, écrit ceci : a Vers la fin de 1847, et au commencement de 1848, la rechute ordinairement considérée comme le trait patbognomonique de la maladie, était fréquemment absente, et la première attaque se prolongeait indéfiniment ; mais les cas conservaient encore les autres symptômes caractéristiques de la maladie à cette période particulière. Gomme L'année avançait et que le nombre de malades diminuait, les rechutes devinrent moins fréquentes, et finirent par être une exception plutôt qu'une règle; et la maladie, à la fin, affectait une forme bénigne de synoque, dont les caractères ont continué jusqu'à présent (1). » David Smith a fait une observation analogue à Glasgow en 1843 (2) ; Seaton Reid, dans son rapport sur l'épidémie de 1817 à Belfast, distinguait entre la Relapsing Synocha et la synoque ou la fébricule. De la première, 1,014 cas ont été soignés par lui, et des dernières, 1,238 cas dont 23 furent mortels. La dernière avait une durée de sept ou huit jours et ressemblait au premier accès de la fièvre relapse, mais elle n'était jamais suivie d'une rechute (3). Enfin, Purefoy, écrivant sur la fièvre relapse en Irlande en 1853, disait ceci : « La maladie continue encore dans le pays et est la même en principe, mais est modifiée par le temps et par une variété de circonstances qui l'accompagnent. » Parmi les modifications, il est établi que les rechutes sont incertaines et irrégulières (4).

(1) Steele, 1849.

(2) Smith, 1844 (2).

(3) Irish Report, bib., 1848, VIII, 303.

(4) Pui-efoy, 1853.

l'isolement des fiévreux DANS LES HOPITAUX.

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