THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXVII
infectieuses, sans se prononcer sur le rôle qu'ils pouvaient jouer dans la contagion et la pathogénie.
C'est précisément l'étude de ce rôle qui fait l'objet de la communication du docteur Maclagan.
La proposition principale est celle-ci. La spécificité de chaque affection contagieuse dépend de deux facteurs :
1° L'existence du contage ;
2° L'élection du tissu dans lequel le contage trouve quelque chose de spécifiquement nécessaire à sa fécondation et à" la propagation distincte de son développement organique.
L'auteurprétend que, d'une part, les actes qui accompagnent la multiplication et la propagation du germe dans son nid, et d'une autre part le développement du germe dans l'organisme, rendent mieux compte des phénomènes locaux et généraux des fièvres éruptives y compris la fièvre typhoïde, que toutes les théories imaginées jusqu'à présent. Depuis sa communication à la Société pathologique, le docteur Maclagan a développé ses idées dans un volume auquel on ne peut refuser le mérite d'être très-intéressant ; j'en veux donner un résumé en commençant par ce qui se rapporte à l'incubation.
L'incubation est la période qui s'écoule entre la réception du germe et l'apparition des premiers symptômes fébriles. Que fait le germe pendant cette période de durée variable, c'est ce que je vais examiner en prenant pour exemple l'incubation dans la fièvre typhoïde.
Lemicrococcus a deux voies pour s'introduire dans l'économie, les bronches et le canal digestif. Par les premières, il ne peut gagner son habitat que charrié dans le torrent circulatoire, par la seconde il peut y arriver directement. Dans l'un ou l'autre de ces trajets, moins pourtant dans le second que dans le premier, il a bien des chances de s'égarer, et même de périr. En tous cas, il reste inoffensif jusqu'à ce qu'il ait atteint son nid. Ce nid, on le sait déjà, est ce qui sera la lésion locale ; dans la fièvre typhoïde, . c'est une des glandes agin niées de l'intestin. Supposons un germe arrêté à une de ses glandes et y produisant en un jour quatre nouveaux germes ; il est facile de calculer que ce germe et ses produits, se multipliant dans les mêmes proportions, auront donné naissance en 15 jours à 64 millions de germes semblables. Voici comment :
Il est clair que le premier germe ne peut être fécondé que dans une seule glande, et que la fécondation de ce germe unique peut avoir lieu sans produire sur les tissus de cette glande aucun effet appréciable. Les quatre germes issus d'une première fécondation peuvent atteindre leur période d'existence séparée dans n'importe quelle région de la circulation. Ils resteront stériles jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'habitat convenable. Il n'est guère probable qu'ils reviennent à la glande d'où ils sont partis, ils iront chercher leur fécondation dans une autre glande, et par conséquent il n'y aura pas plus d'effet local produit qu'il n'y en a eu pour la fécondation du germe en général. Il y aura alors seize germes, produits de ces quatre, qui passeront par les mêmes voies et les mômes phases. Leur vie répétera l'histoire de celle de leurs parents, il en sera de tnème des soixante qu'ils auront procréés. Ils se disperseront également dans toutes les divisions de la circulation, et, suivant la doctrine ordinaire des chances, une fois entrés dans les vaisseaux qui aboutissent aux glandes intestinales, ils se répartiront en nombre à peu près égal dans les glandes où ils trouveront leurs nids, et des fécondations semblables pourront ainsi se répéter pour quelque temps sans perturbation appréciable dans les glandes.
Un moment pourtant viendra où les fécondations seront trop nombreuses pour qu'il n'en résulte pas quelque perturbation dans l'habitat, et comme les chiffres grandiront très-brnsquement, on conçoit qu'il en soit de même de l'apparition de& premiers signes de perturbation. Leur première manifestation sera sur l'afflux du sang ou l'hypérémie du nid. Cette hypérémie, phase initiale de l'altération glandulaire aura lieu au même degré dans toutes les glandes où se trouve l'habitat. C'est ce qui explique comment les lésions se produisent partout en même temps; toutefois une glande pourra souffrir plus qu'une autre, si elle contient plus de ce quelque chose qui constitue le second facteur, et par conséquent si elle constitue un habitat plus riche ; mais il ne s'en suit pas pour cela qu'elle doive souffrir plus tôt, puisque les germes tout distribués partent en nombres égaux par le sang.
Dans les fièvres éruptives, il y a presque toujours deux sièges pour les lésions, l'un à la peau, l'autre dans des or-