Voyez aussi la préface
2. La nature précise de la fièvre n'est pas spécifiée dans 260 cas signalés sur les registres de 1848; cette année fut la première ou l'on signala avec soin les différentes formes de fièvres continues observées au London fever Hospital. Il est cependant probable que ces 260 cas se rapportent au typhus.
3. Les chiffres planés dans cette colonne représentent les admissions qui ont eu lieu pendant douze mois se terminant le 30 avril de l'année placée en regard. 4. Quatre mois de l'année seulement.
On remarquera qu'il y eut une recrudescence du typhus à Londres en 1856. Cette recrudescence fut seulement observée à Londres et n'était pas due à une importation irlandaise. Sur 910 malades admis au London fever hospital chez lesquels cette particularité a été notée, il y avait seulement 53 Irlandais, et, sur ces 53, deux seulement résidaient à Londres depuis moins de trois mois. La recrudescence de la maladie était due à la misère passagère et à la disette artificielle qu'on observait alors dans les classes pauvres. La guerre de Grimée en portant le deuil dans beaucoup de familles de la classe élevée, les impôts, l'incertitude et beaucoup d'autres
causes avaient produit une interruption momentanée dans les distractions ordinaires de Londres. Beaucoup d'ouvriers restèrent sans emploi, tandis que les aliments et les objetsde première nécessité atteignaient un prix très-élevé. La restauration de la paix, l'abondante moisson de 1857 et les améliorations sanitaires introduites dans la classe pauvre firent disparaître rapidement la fièvre et, pendant les quatre années qui suivirent, le typhus devint plus rare à Londres et dans tout le royaume que pendant aucune autre période du siècle présent; 15 cas seulement de typhus furent admis au London fever hospital en 1858 et plusieurs d'entre eux étaient douteux ; pendant le dernier semestre de la même année un seul malade fut admis dans cet établissement. Le typhus fut si rare à Londres en 1858-59 et 60 que les étudiants n'eurent pas l'occasion d'en observer un seul cas dans les hôpitaux et qu'on eut sérieusement l'intention de convertir le London fever hospital en un hôpital général, pensant que cet établissement n'avait plus raison d'être après la disparition du typhus,
La maladie décrut également en Écosse. Depuis le commencement du siècle le nombre des malades admis dans les hôpitaux d'Edimbourg et de Glascow n'avait jamais été aussi minime que pendant la période de. 1855 à 1862. Il y eut seulement 56 cas de typhus admis hVEdinburg Royal Jnfirmary pendant Tannée 1857 et je me suis assurée qu'aucun cas n'avait été observé dans cet établissement pendant le mois de janvier et de mai 1858. Le Dr W. T. Gairdner (1) signale en 1859 la rareté du typhus pendant les cinq précédentes années et remarque que la session académique s'est écoulée plus d'une fois sans qu'il ait eu l'occasion de montrer à ses élèves un seul cas caractéristique de la maladie ; pendant plusieurs mois, en 1858 et en 1859, aucun cas n'a été observé dans ses salles. Le typhus fut plus rare à la Glascow Royal Jnfirmary en 1 858 et 1859 que pendant les trente années précédentes malgré l'augmentation considérable de la population pendant cette période. La maladie ne disparut pas néanmoins d'une manière complète à Glascow, à Édimbourg et à Londres. J'ai appris par le Dr Lyons que pendant trois ou quatre ans (1858-1861) le typhus sévissait en Irlande avec beaucoup moins d'intensité qu'autrefois, mais qu'il était loin d'être aussi rare qu'en Angleterre. Sir R. Christison (2), qui écrivit en 1863, attribue cette remarquable diminution du typhus à un changement dans le type épidémique delà fièvre. Mais il a perdu de vue ce fait qu'en 1856 et même à l'époque où il écrivait, le «type épidémique »
(i) V. T. Gairdner, 1859, p. 241.
• (2) Christison, 18G3.
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et l'intensité delà fièvre étaient différents à Londres et à Edimbourg.
En 1861 le typhus se montra d'une manière épidémique. A la fin du rude hiver de 1860-61, le nombre des cas admis au London fever hospital fut plus considérable qu'à aucune autre époque depuis 1857. Vers le milieu de décembre il y eut une recrudescence subite ; après le mois de janvier 1862 le nombre des admissions fut plus considérable qu'à aucune autre période depuis la fondation de l'hôpital et un grand nombre de malades étaient refusés faute d'espace. Pendant huit ans (janvier 1862 à décembre 1869) près de 14,000 malades furent admis dans cet établissement tandis que, dans les quatorze années précédente les chiffre total des admissions n'avait pas même atteint 4,000. Un grand nombre de cas étaient également en traitement dans les autres hôpitaux de la métropole. Les bulletins de mortalité fournis par le Régis trar General montrèrent immédiatement que les cas de mort dus au typhus étaient deux fois plus considérables que dans les années précédentes. Les circonstances qui produisirent cette subite recrudescence ne diffèrent pas de celles qui occasionnèrent les autres épidémies. Il n'y eut pas de manque de récoltes en Angleterre, mais la misère des classes pauvres de Londres fut considérablement augmentée par le système des grèves organisées dont les effets ne purent être atténués que temporairement parles secours des sociétés pour la réduction des heures de travail {sliorl-hour movement). Comme en 1826, 1836 et 1856 il y eut une disette artificielle. Le grand nombre de secours qui furent demandés à cette époque aux paroisses montre l'intensité de la misère parmi les classes pauvres de Londres. La misère et l'encombrement furent encore augmentés par le grand nombre d'individus qui arrivaient de la province pour trouver du travail dans la métropole et par la démolition des quartiers populeux qui suivit l'établissement des chemins de fer dans le cœur de la ville. 11 a été démontré que presque tous les premiers malades admis au London fever étaient des artisans sans emploi ni domicile, qui souffraient depuis plusieurs semaines et que plusieurs d'entre eux étaient seulement arrivés à Londres depuis quelques semaines; mais on n'a pas prouvé qu'ils venaient d'un lieu primitivement infecté et qu'ils avaient importé la maladie. Un petit nombre étaient Irlandais, mais aucun n'était arrivé récemment de l'Irlande. L'encombrement et la misère paraissent avoir été la cause de celte épidémie, qui, après une durée de huit ans, commença à décliner en 1870.
En 1862 la famine causée par la guerre américaine fit prévoir une épidémie de typhus dans les districts industriels du Lancashire. Au
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mois de juillet la maladie se montra à Preston où elle avait été inconnue pendant quinze ans et, à l'automne suivant, elle devint épidémique à Liverpool et à Manchester. Le premier cas observé à Preston fut attribué à l'encombrement qui résultait de la misère. Les immenses efforts faits pour soulager les pauvres et isoler les malades empêchèrent l'épidémie de prendre de plus grandes proportions, mais le typhus se maintint à Liverpool à l'état épidémique pendant plus de quatre années; il atteignit son maximum en 1865 et ne disparut complètement qu'en 1867 (1).
La recrudescence de la maladie fut observée à Glascow en môme temps qu'à Londres. Environ t>00 malades furent admis à la Royal Infirmary du 1er août au 30 décembre 1861 est ce chiffre et cinq fois plus considérable que celui des malades admis en 1838 et 1859. Rien ne prouve également que la maladie ait été importée de l'Islande. L'épidémie, rqui commença à Glascow en 1861, se prolongea, comme à Londres, jusqu'en 1870 et 1871. L'épidémie ne devint épidémique à Aberdeen et à Dundee qu'un peu plus tard, mais il est à remarquer que, à Edimbourg, où le typhus faisait autrefois de grands ravages, quatre cas seulement furent admis à l'hôpital du 1er novembre 1861 au 29 juillet 1862 et que, pendant plusieurs années, le nombre des admissions fut moins considérable que partout ailleurs. La population bourgeoise d'Edimbourg qui n'était pas exempte du typhus pendant les époques de famine générale, fut moins atteinte par les circonstances qui produisirent une disette artificielle à Londres et dans d'autres grandes villes. 11 est à remarquer cependant qu'à l'époque où Édimbourg eut à souffrir des suites des faillites des entrepreneurs de construction, le typhus y sévissait avec plus d'intensité qu'à Londres.
Quoiqu'il n'ait pas été démontré que cette dernière épidémie ait pris naissance en Irlande, le typhus se répandit ensuite à Dublin, Cork et autres villes importantes où il fit de grandes ravages.
Les données historiques qui précèdent permettent d'arriver aux conclusions suivantes :
1° Le typhus se montre le plus souvent par de grandes épidémies très-répandues.
2° Ces épidémies apparaissent pendant des époques de disette générale ou à la suite de privations produites par des causes locales telles que guerre, pénurie commerciale et gràves parmi les classes ouvrières. L'assertion qui fixe la durée de chaque épidémie à trois ans est erronée.
(1) Dr Trench' s reports. Buchanan, 1563.
3° Pendant les intervalles des épidémies on observe des cas de typhus sporadique particulièrement en Irlande et dans les grandes villes industrielles d'Ecosse et d'Angleterre.
4° Quoique quelques-unes des grandes épidémies aient commencé en Irlande et se soient ensuite répandues en Angleterre en se montrant d'abord dans les ports de la côte ouest qui sont le plus souvent en rapport avec l'Irlande, il ne faut pas conclure que toutes les épidémies ont pris naissance dans cette dernière île et que le typhus est une affection essentiellement irlandaise. Cette, maladie se montre partout où existent des circonstances favorables à son développement.
S0 Dans beaucoup d'épidémies le typhus a été associé à la fièvre relapse et la proportion relative des deux lièvres a toujours varié beaucoup.
6° Depuis les temps anciens le typhus a été considéré comme une maladie de faiblesse prohibant les déplétifs et demandant les stimulants.
7° La principale exception à cette dernière règle eut lieu au commencement de ce siècle à la suite de doctrines erronées, par lesquelles le typhus était considéré comme symptomatique de l'inflammation et de la congestion des organes internes.
8° Le prétendu succès qui suivit la pratique des vénésections fut seulement apparent. Il était dû à ce qu'on pratiquait le plus souvent la saignée dans des cas de fièvre relapse et d'inflammation aiguë et qu'on a comparé les résultats avec ceux obtenus pour les stimulants dans le traitement du typhus qui est plus souvent mortel.
W Quoique la gravité et la durée du typhus aient varié dans des circonstances et des époques différentes, rien ne prouve que cette affection ait subi des changements dans son type et ses caractères essentiels. Le typhus des temps modernes est le môme que celui quia été décrit par Fracastor et Cardanus. C'est lorsque la fièvre relapse était fréquente qu'on a prétendu que les fièvres épidémiques présentaient le type inflammatoire ; ce type a été considéré comme adynamique alors que la fièvre relapse était rare ou absente.