‹ La Fievre typhoideChapitre 14 sur 121 · se multiplie par division · texte numérisé non relu

se multiplie par division

Or, les phénomènes essentiels de l'état fébrile sont :

J° Déperdition exagérée de l'azote des tissus :

2° Dépense considérable d'eau ;

3° Plus grande activité de la circulation ;

4° Élévation de la température.

La consommation de l'azote par les germes contages en voie de développement, est la principale source de la diminution des tissus albumineux dans la fièvre, et cette consommation a lieu surtout aux dépens de l'azote que l'auteur appelle azote de construction, c'est-à-dire de l'azote qui va concourir à la formation des tissus et qui est renfermé dans le plasma du sang. En effet, les germes étant en voie d'accroissement, désirent s'approprier ce qui se prête le plus facilement à la formation de leur protoplasma; ils le prennent aux composés les moins stables et l'azote est évidemment à un état moins stable dans le plasma que dans les tissus tout formés ou dans les produits de régression. C'est à l'appropriation de l'azote par le conlage qu'il faut surtout attribuer la déperdition des tissus dans la fièvre. Sans doute, le plus souvent, il y a aussi augmentation des produits de régression, mais c'est bien plus parce que les tissus ne reçoivent pas leur nourriture qu'ils dépérissent; or, ils ne la reçoivent plus, parce que le contage l'accapare au

moment ou elle devrait leur être assimilée. Des recherches de Salkowski démontrent que, pendant la fièvre, il y a une élimination de sels de potasse de trois à sept fois plus considérable que dans l'état normal, tandis que l'élimination de la soude est réduite au minimum. A quels organes correspond la potasse? Aux globules du sang et aux muscles. Les sels de soude au contraire correspondent au plasma; s'ils y sont retenus, et s'ils ne servent pas à la construction des organes^ c'est qu'en même temps que l'albumine et l'eau du plasma, ils sont pris par le contage pour la composition de son protoplasma.

La formation et l'excrétion de l'urée en quantité exagérée ont d'ordinaire lieu dans l'état fébrile etdansles fièvres contagieuses. Cette anomalie procède indirectement du développement du- contage. En effet, plus ce développement avance, plus la demande d'éléments nutritifs est grande. La circulation accélérée les apporte en plus grande abondance, l'excrétion devient excessive, car si le contage s'oppose à la nutrition, il ne s'oppose pas à la dénutrition. Il se passe là quelque chose d'analogue à ce qui a lieu dans le cas d'épuisement par famine, avec l'accélération circulatoire en plus. Dans ces conditions, la formation et l'excrétion de l'urée en excès ne sont pas trop facilement concevables.

Il se présente cependant des cas exceptionnels dans lesquels l'Urée est excrétée en proportion inférieure h la normale. Est-ce donc qu'elle est formée aussi en moins grande quantité? Non, mais pour que l'excrétion de l'urée s'accomplisse, il faut qu'il passe en même temps une certaine quantité d'eau par les reins. Or, le contage ne s'empare pas seulement de l'azote, il prend aussi de l'eau au plasma; et s'il en prend en trop grande quantité, il n'en reste plus assez pour fournir à la sécrétion de l'urine; l'urée alors est retenue dans l'économie. Aussi les cas dans lesquels elle est excrétée en quantité défectueuse, sont-ils ceux dans lesquels on observe les symptômes dits urémiques.

Quant à la chaleur anormale dans les fièvres, si elle dépend principalement, ainsi que M. Virchow l'a établi, de la métamorphose exagérée des tissus dont le développement du contage donne la raison, elle peut bien tenir en partie aussi à cette

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