‹ La Fievre typhoideChapitre 15 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXX1I · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXX1I

métamorphose très-active qui a lieu aux sièges de la germination et de la multiplication des germes.

Les symptômes nerveux observés dans la fièvre dépendent, comme les autres phénomènes concomitants, de l'action des eontages : le dérangement primordial introduit dans la constitution du sang et dans les actes de la nutrition, atteint le système nerveux vaso-moteur ; les petites artérioles se contractent, de là le frisson.

Ce ne sont pas seulement les artérioles de la peau qui se contractent anormalement, se sont aussi celles du cerveau, delà moelle épinière, du cœur, des poumons et des muscles, d'où il résulte un état d'anémie générale, cause de la céphalalgie, du sentiment de courbature et de malaise qui est le premier symptôme de l'invasion du mal.

Bientôt, à la contraction tonique des artérioles, succède le relâchement amené par l'épuisement. Ce relâchement se manifeste par ses phénomènes objectifs et subjectifs. Le sentiment de froid est remplacé par un sentiment de chaleur, la pâleur de la peau parla rougeur; les yeux sont injectés; les vaisseaux relâchés apportent le sang en plus grande quantité aux centres nerveux, mais ils apportent un sang appauvri de la quantité d'azote et d'eau que le contage lui a pris; la nutrition du cerveau devient insuffisante, la dénutrition restant aussi active qu'à l'ordinaire : c'est dans ces actes morbides qu'il faut voir la cause du délire, et comme l'intensité de ces actes est proportionnée à l'activité de la propagation du contage, plus celle-ci est grande, plus les symptômes nerveux sont prononcés. Les convulsions surviennent. Dans quelques cas graves, la nutrition subit encore une atteinte d'un autre genre. 11 peut arriver que les produits de la dénutrition ne soient pas éliminés: agissent-ils alors comme agents toxiques? Pour l'auteur la chose est plus que douteuse. La rétention de ces produits destinés à être excrétés, entrave nécessairement le travail d'échange qui doit s'opérer dans les tissus; de Même que dans une atmosphère d'acide carbonique, l'animal périt parce qu'il ne peut pas se débarrasser de l'acide carbonique produit de la combustion de ses tissus et le remplacer par l'oxygène; de même, dans le cas que nous considérons ici, les produits excrétoires empêchent parleur présence l'introduction

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des éléments de la nutrition. Il y a arrêt des échanges nécessaires à la formation des tissus; c'est l'urémie, et par symptômes urémiques, l'auteur entend les symptômes nerveux qui résultent de cette sorte d'asphyxie du tissu cérébral. Sa persistance et l'augmentation de ces actes pervertis produisent le coma.

Dans les périodes d'accroissement et d'état, le temps d'arrêt dans la nutrition est limité à la durée de la présence et du développement du contage ; mais il y a des cas où la réparation du cerveau ne s'opère que très-lentement, tardivement, et d'une manière incomplète; c'est alors qu'on observe le délire post-fébrile sur lequel Graves a formellement appelé l'attention ; ce délire ne dure ordinairement que peu de jours ; quelquefois il persiste et dégénère en manie. M. Murchison avance que ces accidents ne succèdent qu'aux cas dans lesquels le délire a eu une intensité et une durée exceptionnelles; il les attribue à l'atrophie cérébrale. L'état de langueur générale, de vitalité déprimée tant de la vie animale que de la vie organique, mélange de coma et d'asthénie, désigné sous le nom d'état typhoïde, dépend en grande partie de la nutrition défectueuse des organes qui servent à la manifestation de la vie ; il n'en est probablement pas l'unique cause. L'idiosyncrasie, l'état du système nerveux antérieur à la maladie, celui du système musculaire, en un mot de la constitution générale, y contribuent comme autant de causes prédisposantes. Cet état typhoïde est distinct de l'urémie, mais peut lui être associé; ces perturbations poussées à l'extrême mènent à la mort par coma ou par asthénie.

La nécropsie témoigne de la nutrition défectueuse et pervertie des organes. Le cerveau est atrophié et c'est pour remplir le vide qui résulterait de l'atrophie, qu'il se produit un épanchement de sérosité dans le crâne. Les muscles striés, le cœur lui-même, sont aussi atrophiés, et offrent les caractères de La dégénérescence graisseuse ou cireuse. Ces altérations attestent les ravages exercés par le contage dans le champ de la nutrition.

L'indication thérapeutique est de suppléer autant que possible aux soustractions faites par le contage en administrant de l'eau en abondance, et une nourriture légère, facilement

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