‹ La Fievre typhoideChapitre 16 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXXV · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XXXV

assimilable, telle que le lait et le bouillon, sans préjudice bien entendu des indications fournies parles symptômes. L'application, du froid préconisée par Niemeyer, Ziemssen, Liebermeister, Wilson Fox et tant d'autres, peut donner quelque soulagement sans abréger la durée de la maladie. Le froid, en effet, est impuissant contre la propagation des millions d'organismes qui ne cesse que lorsque le second facteur fait défaut.

La défervescence a lieu quand le contage a épuisé le second facteur : alors la germination et la multiplication prennent fin. Les micrococci périssent bientôt, sans laisser de successeurs. Co cbangement s'opère brusquement, la demande de l'eau diminue, tout à coup ; les métamorphoses qui provoquaient l'élévation de la température s'arrêtent; la diurèse etles sueurs critiques surviennent; et la température s'abaisse.

J'ai voulu donner une analyse un peu étendue du livre du docteur Maclagan parce qu'il contient l'expression des prétentions les plus avancées de la théorie du germe. Que ces explications pathogéniques soient admises en tout ou en partie ou complètement rejetées, il est incontestable que, depuis que l'étude des ferments a jeté de si lumineuses clartés sur des phénomènes que la science n'expliquait que par des conjectures, les prévisions de Robert Boyle et l'affirmation de Hildenbrand ont pris chez beaucoup de bons esprits le caractère de la réalité. Si le semblable produit le semblable, il est bien difficile qu'il puisse lui-même avoir une autre origine que le semblable, et un organisme vivant ne peut procéder que de la vie. Pour M. Budd, on le sait, l'organisme vivant, contage de la fièvre typhoïde, se détache de la matière jaune des lésions intestinales, s'introduit au sein de l'économie, et, par l'intermédiaire de l'eau, de l'air, ou des objets voisins du malade, est transmis à l'individu sain; la maladie ne peut naître spontanément, ni être le produit, un materies morbi, formé par un procédé autre que la contagion. Cette opinion fait école, et a le grand honneur d'être défendue par sir Thomas Watson.

Les propriétés du contage variant suivant les degrés de développement, suivant les conditions atmosphériques, la sécheresse ou l'humidité, etc., donnent autant d'explications plau-

sibles à l'explosion inattendue d'une épidémie, à la prédominance de la fièvre dans une saison, plutôt que dans une autre.

11 est d'observation commune que la maladie éclale soudainement, chez plusieurs individus, dans une localité où l'on a fait usage de l'eau provenant d'un puits, ou d'un cours d'eau, sans en éprouver jusque là d'effets fâcheux. Cela peut avoir lieu dans deux cas : ou l'eau est pure et semble rester pure après que l'explosion de la fièvre a eu lieu ; ou elle avait déjà une odeur et une couleur suspectes avant l'apparition de la fièvre. On découvre alors que le puits ou le ruisseau a reçu des déjections typhoïdes. N'est- il pas tentant d'en conclure que ces déjections renfermaient le germe d'un contage, surtout quand antérieurement, l'eau du puits ou celle du ruisseau offensaient déjà la vue et l'odorat par leur apparence et leur puanteur ?

N'est-il pas logique de conclure que le mélange a introduit le contage? Ce sont de pareils faits qui ont amené le docteur Parkes à l'opinion que la fièvre typhoïde n'a pas d'autre origine.

La théorie du contage vivant explique encore les explosions locales qui peuvent arriver, si les habitants d'une localité se mettent à boire l'eau d'un puits, dont on ne s'était pas servi depuis longtemps. J'en ai observé tout récemment un exemple dans lequel la fièvre typhoïde survint chez plusieurs de ceux qui avaient fait usage d'une eau pareille; elle atteignit une blanchisseuse qui n'avait pas bu de celte eau, mais qui avait lavé les linges des malades. Les partisans de la théorie du contage auront beau jeu à dire que le puits renfermait depuis une époque plus ou moins éloignée des germes spécifiques qui ont été introduits chez ceux qui ont bu de cette eau, s'y sont multipliés en produisant la fièvre typhoïde, ont passé avec les déjections dans les linges, et des linges dans l'air que la blanchisseuse a respiré ou dans l'eau qu'elle a pu boire.

Il en est de même des prédilections que la maladie semble affecter pour certaines saisons, comme les automnes pluvieux succédant aux étés secs. En été, les eaux s'écoulent lentement, soit dans leur canaux naturels, soit dans les conduits artificiels; en s'écoulant, elles déposent les ger-

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