‹ La Fievre typhoideChapitre 17 sur 121 · THEORIE DU GERME CONTAGE. XXXVII · texte numérisé non relu

THEORIE DU GERME CONTAGE. XXXVII

mes qui s'accolent aux substances solides faisant parois, et se dessèchent. Viennent les pluies ; mécaniquement, elles détachent les germes, les entraînent, les mettent en circulation et leur donnent une qualité hygrométrique probablement favorable à leur germination. Cette supposition est autorisée par le fait suivant: quand, par exception, l'été a été humide et pluvieux, la fièvre typhoïde se montre beaucoup plus rare dans l'automne qui le suit. N'est-ce pas parce que, pendant l'été humide, les germes ont été peu à peu et continuellement entraînés, et n'ont pas pu former de ces grandes accumulations qui, par une irruption soudaine et en masse, ont bien plus de chance qu'ils n'en ont, par une dissémination clairsemée, de trouver des habitats convenables. Il est inutile d'imaginer, avec Pettenkoffer, une sorte de transformation des germes dans le sol ; ils s'y conservent seulement jusqu'à ce qu'un accident les déplace et les mette à portée du nid propice à leur fécondation.

Enfin la théorie du germe rend compte des cas, bien plus rares d'ailleurs pour la fièvre typhoïde que pour les autres fièvres éruptives, où la maladie semble se propager par contagion directe, tels que celui-ci :

Un garçon de 12 ans environ arrive de Londres, malade de la fièvre, dans un hôtel de l'Engadine où la condition sanitaire était excellente, il meurt dix jours après, entouré de divers membres de sa famille, son père, sa mère, et une tante ; celle-ci avait été particulièrement chargée de ranger le linge qui servait au malade. Deux jours après sa mort, la famille se disperse, la tante part pour l'Allemagne où elle demeurait, éprouve en route des symptômes non équivoques de l'invasion de la maladie, et meurt quelques jours après être rentrée chez elle. Dans ce cas là, il n'y a pas plus de doute sur l'étiologie que s'il s'agissait de la rougeole ou de la variole.

Il y a une différence très-considérable entre le nombre des cas dans lesquels la contagion, qui a dû faire naître les fièvres éruptives que je viens de nommer, est insaisissable ou tres-obscure, et le nombre des cas dans lesquels la contagion de la fièvre typhoïde échappe à toutes les investigations.

Sir Thomas Watson refuse toute valeur à l'argument fondé sur l'impossibilité de remonter au point de départ du cou-

tage; il raconte dans ses leçons un cas publié en 1843, l'histoire d'un homme détenu dans un pénitencier où il fut pris de la petite vérole. Il n'y avait alors, et il n'y avait pas eu depuis très-longtemps un seul cas de la maladie dans l'établissement ni même dans les environs. C'était donc, suivant toutes les apparences, un exemple de variole à origine spontanée et indépendante de toute contagion. Dix-sept ans après, sir Thomas reçut une lettre qui lui donna la clef du mystère. Cette lettre lui était adressée par un docteur Pratt, médecin retiré depuis, qui pratiquait alors à Kensington, faubourg de Londres très-éloigné du pénitentiaire. Le docteur Pratt était le fils du médecin résidant de la prison, et il recevait de temps à autre la visite de son père à Kensington. Lors d'une de ces visites, M. Pratt mena son père voir un malade, qui, chose rare, avait une variole confluente, bien qu'ayant antérieurement souffert de la même maladie; de la chambre du malade le père retourna tout droit au pénitencier, et à la cellule du détenu qui, peu de jours après, avait la variole; le pauvre médecin résidant n'osa confesser alors la part qu'il avait à l'origine du mai; car le comité directeur de la prison exigeait sous peine de renvoi qu'il ne vît aucun malade en dehors de rétablissement.

J'ai vu moi-même un cas fort analogue à celui-ci : il s'agissait de scarlatine. Je l'ai raconté au professeur Tyndall qui l'a publié dans son discours sur la Poussière et la Maladie.

L'intérêt qui s'attache aux exemples de fièvres éruptives dans lesquels l'origine contagieuse échappe aux recherches, prouve combien ils sont rares, tandis qu'en matière de fièvres typhoïdes il est souvent impossible de la constater. La rougeole, la scarlatine et la variole ne se présenlent jamais dans les contrées isolées, dans de petites îles comme les Sorlingues par exemple, sans y avoir été authentiquement importée; et, une fois l'épidémie éteinte, ces maladies ne reparaissent, après des périodes plus ou moins longues, que par une nouvelle importation. On connaît même les dates précises où ces maladies ont paru pour la première fois dans certaine île ou même dans un grand continent. On sait qu'en 1863 1a scarlatine était encore inconnue à Ceylan ; ofl sait comment elle fut importée en 1871 d'Angleterre dans Flnde

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