‹ La Fievre typhoideChapitre 20 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XL1H · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XL1H

spores et microzoaires, sans en faire usage jusqu'à ce qu'ils trouvent l'occasion, l'habitat, favorables à leur éclosion. Liebermeister propose l'hypothèse de l'existence de certains organismes inférieurs qui végéteraient et se propageraient en dehors de l'organisme humain, dans des matières organiques végétales ou animales en voie de décomposition, et qui, à la faveur de conditions spéciales, s'introduiraient chez l'homme et y trouveraient un sol favorable à leur développement,, pouvant devenir alors la cause spécifique des maladies corrtagieuses qui se sont transmises pendant longtemps d'homme à homme. Rien, en théorie, ne défend d'admettre que ce soit possible; il se passe quelque chose de semblable dans la transmission de certaines maladies des animaux à l'homme. On a souvent supposé qu'il en était ainsi, mais on n'est pas encore parvenu à en donner la preuve. Il est presque naïf de remarquer que, sans descendre à un degré aussi inférieur de l'échelle des êtres, on trouve constamment dans la nature, des faits qui autorisent l'hypothèse de Liebermeister. En voici un qui attire en ce moment l'attention du monde. Le Colorado beelle (Doryphora decemlineala) vivotait aux dépens de quelques solanées sauvages au Mexique, lorsqu'on vint à y introduire la pomme de terre. Dès lors ce coléoptère a pullulé avec une fécondité et une rapidité ruineuses qui répandent l'effroi jusqu'en Allemagne où des navires l'ont apporté. Je reviendrai sur cette hypothèse dans le chapitre du livre, relatif à la théorie pylhogénique.

Dans la discussion de la Société pathologique (1874), le docteur Murchison soutint que la théorie du germe contage n'est l'ondée que sur des analogies et non sur des faits rigoureusement observés. 11 ne nie pas la présence des micrococci, mais il se refuse à leur attribuer l'influence pathogcnique que leur donne le docteur Maclagan. Ces parasites peuvent se trouver là, parce qu'ils y rencontrent les conditions favorables à leur développement, sans pour cela exercer aucune action sur l'évolution de la maladie. Il croit que le milieu a beaucoup plus d'influence sur le parasite, que le parasite n'en a sur le milieu (1). Si le germe était iden-

(i) En me rappelant cette opinion,, j'ai été frappé de l'observation faite par M. Pasteur sur le développement excessif, au point de le rendre mé-

XUV DE LA FIÈVRE TYPUOÏDE.

tique au conlage, il devrait exister dans toutes les maladies contagieuses. Or, il est impossible de contester l'origine spontanée d'un bon nombre de maladies, la diphthérite, l'érysipèle, la dysenterie et la fièvre typhoïde. L'exemple de la fièvre relapse proteste contre la théorie qui l'attribue aux germes. Si les spirilles qui pullulent pendant le premier paroxysme fébrile et disparaissent avant la crise, reparaissent de nouveau au second paroxysme pour disparaître encore avant la crise qui le suit, c'est sans doute parce qu'il résulte de l'état fébrile porté à un certain degré d'où dépend la constitution d'un habitat qui leur convient, et qui cesse de leur être favorable à la fin du paroxysme et pendant la période apyrétique : loin de produire la fièvre, ils sont appelés par la fièvre (1). Une première attaque ne garantit pas toujours d'une seconde (fièvre relapse, choléra, dysenterie, diphthérie). La prédilection pour un organe spécial n'est pas particulière aux germes. L'arsenic, qu'il soit introduit par la bouche, le vagin, les narines ou la peau, produira toujours l'inflammation de l'estomac et du rectum. 11 ajoute qu'il a bien d'autres explications à donner aux phénomènes de la lièvre que ceux que fournit la théorie des germes parasitaires au docteur Maclagan ; qu'il ne connaît aucun fait capable de démontrer que les contages de la variole et de la scarlatine elles-mêmes peuvent conserver leur virulence, après avoir été exposés à l'air libre. 11 proteste enfin contre l'assertion que le contage se multiplie. Pourquoi ne serait-il pas multiplié à la manière des corpuscules de pus et de ceux du tubercule qui, par le contact, excitent au sein de l'économie la formation de particules semblables?

connaissable, que peut allcindre le vibrion septique, quand il a pénétré dans l'intérieur des vaisseaux sanguins où l'on peut le voir se glisser à travers les globules comme un serpent entre les herbes.

(1) A celle objection, le docteur Maclagan répond : que, dans la fièvre relapse, il n'y a pas de lésions locales, et que le second facteur est contenu dans le sang; qu'il est naturel d'admettre qu'un facteur produit parmi milieu incessamment renouvelable soit lui même renouvelable; que les rechutes de la fièvre relapse sont déterminées par la reproduction du second facteur qui a lieu avant que les spirilles soient compli tement détruits; que la reproduction du second facteur explique aussi pourquoi une attaque de fièvre relapse ne préserve pas d'une autre.

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