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THÉORIE OU GERME CONTAGE. XLV

L'éliologic de la fièvre lyphoïde n'a pas manqué de provoquer lout récemment à l'Académie de Médecine une discussion, dont le souvenir est présent à tous les esprits.

Le point de départ de la discussion a été la publication du travail de M. Noël Gueneau de Mussy sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde. M. Noël Gueneau de iMussy critiquant la théorie pylhogéuique de M. Murcbison a exposé et développé les idées de M. W. Budd, et s'est déclaré partisan de la propagation par l'intervention des déjections typhoïdes, réceptacles du contage.

M. Bouillaud développant la thèse de la spécificité putride, a jeté dans la balance le poids de sa haute autorité en faveur d'un agent « contaf/ient » , seul propagateur de la maladie.

M. Bouchardat a aussi incliné vers la contagion, comme mode étiologique unique, faisant des réserves sur la nature de l'agent contagieux qu'il rangerait volontiers dans la classe des ferments soluhles.

S'appuyant sur de nombreuses observations, M. Jaccoud ne trouve pas à l'origine de toutes les épidémies, la présence des déjections typhoïdes nécessaires à la théorie de Budd, et, par conséquent, ne saurait, dans les données actuelles, en admettre la démonstration scientifique.

M. Chauffard, plus affirmatif que M. Jaccoud, comhat parles enseignements de la doctrine médicale et de l'observation clinique, l'assimilation de la fièvre typhoïde aux maladies parasitaires. La marche de l'affection comparée à la marche du Charbon même, « la maladie parasitaire interne qui offre la ressemblance la plus accusée avec les maladies spécifiques », ne lui permet pas de voir dans un germe spécifique venu du dehors, la cause exclusive de la maladie.

La théorie du germe considéré comme cause première et indispensahle de la fièvre typhoïde n'est donc pas encore démontrée. Et elle en est encore plus loin, quand elle attribue au développement du germe dans l'économie toute la série des phénomènes par lesquels se manifeste la fièvre typhoïde. Elle ne repose que sur des hypothèses et des analogies auxquelles on a le droit de demander des preuves. Toutefois ne repoussons pas trop dédaigneusement les hypothèses : elles sont des constructions provisoires qui relient les édifices solides et

XLYI DE LA FIÈVRE TYMOÏDE.

inébranlables. Je me rappelle la défiance avec laquelle j'ai vu accueillir l'acarus dans le domaine de l'étiologie de la gale : depuis, combien de parasites sont venus, imposant la nécessité de reconnaître leur existence par les ravages qu'ils exercent dans le règne végétal et dans le règne animal, et ne différant d'organismes toutà fait semblables que par leurs propriétés délétères. Qui se doutait, il y a peu d'années, avant la maladie de la vigne, qu'il y eût un oïdium du raisin? Qui pensait à ces corpuscules de la pébrine qui envahissent toute l'économie du ver à soie après s'être introduit par les intestins, de la môme façon, c'est Tyndall qui le dit, qu'on pourrait croire que les micrococci de Klein, pénètrent dans le sang par les glandes de Pcyer pour devenir l'agent contage de la fièvre typhoïde. Etl'indulgcncc n'est elle pas encore plus commandée à l'égard des hypothèses, quand on voit le rôle d'agent asphyxiant que la bactéridie joue dans l'étiologie et la pathologie du charbon, rôle incontesté que M. Chauffard lui-même n'hésite pas à lui reconnaître, tout en nous avertissant par les enseignements de la science et de la sagesse, de peur que nous ne nous laissions entraîner trop loin par des analogies superficielles sur la pente de l'erreur. Gardons-nous en effet de l'entraînement inconsidéré, mais disons avec Hamlet. « Il y a dans le ciel et sur la terre plus de choses que notre science ne sait imaginer. »

Abandonnant le champ des hypothèses nous restons en possessions de deux vérités reconnues: 1° Que ce soit d'un germe déposé depuis plus ou moins longtemps, ou d'un produit d'organisation protoplasmique, la fièvre typhoïde naît dans des conditions hygiéniques spéciales. Elle a, suivant une expression concise, une origine fécale, peut-être aussi une origine dépendante de la décomposition de certaines substances animales, le sang, les tissus albumineux ; 2° elle est contagieuse par un certain mode. Cette vérité à laquelle le docteur Murchison consacre un examen approfondi, est mise en évidence par de nombreuses études en tète desquelles figurent par ordre de date d'importance, des travaux français. Entre autres, il faut citer ceux de Gendron, de Piedvache, et tout dernièrement le rapport de M. Woillcz, si riche en faits concluants.

La reconnaissance de ces vérités dicte à la fois la nature et la

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