‹ La Fievre typhoideChapitre 25 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. LV · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. LV

demie très-grave n'aurait pas eu lieu, si une déclaration véridique eût été laite au lieu de la déclaration mensongère. Cette mesure d'hygiène administrative, la déclaration qui eût préservé alors Constantinople, préserverait, je n'en doute pas, d'un grand nombre d'épidémies locales, de fièvres typhoïdes, si la notification du premier cas ou des premiers cas, lorsqu'il s'agit d'un foyer multiple, permettait de prendre, au moment opportun , les mesures prophylactiques. N'est-il pas évident, en outre, qu'il sera bien plus facile de remonter, dès le premier cas, à l'origine du mal, que s'il faut chercher sa voie à travers un plus ou moins grand nombre de cas successifs? La provenance de ce malade, la connaissance de ses habitudes hygiéniques, de l'eau qu'il a bue, et de bien d'autres détails pourront souvent diriger l'attention sur une cause encore reraédiable d'épidémie prête à éclater. La déclaration devrait être exigible des parents, des chefs de maison et môme des médecins. Qu'on n'invoque pas ici l'argument du secret professionnel ; il n'y a là aucun risque à faire courir à l'honneur ni à l'intérêt de l'individu. L'honneur et la conscience ne souffriraient-ils pas plutôt d'une négligence qui compromettrait la vie des autres? Dans toutes les grandes villes de l'Amérique du Nord, la déclaration obligatoire est aujourd'hui l'acte préliminaire de toutes les mesures prophylactiques. Elle est immédiatement suivie de la visite d'un médecin sanitaire qui s'assure, dans l'intérêt de la communauté, que toutes les mesures nécessaires soient prises contre l'extension du mal. En Angleterre, la corporation de Bollon vient d'édio ter une amende de 250 francs contre ceux qui, ayant charge, omettraient de déclarer la présence d'une maladie contagieuse.

Sir Thomas Watson veut aussi que la notification immédiate de chaque cas, sans exception aucune, précède les autres mesures : l'isolement, la désinfection et l'assainissement. Il ne doute pas que, grâce à ces mesures bien appliquées, à l'aide d'un enseignement spécial, dans le service de l'hygiène publique et la coopération des autorités, le territoire des îles ne puisse être délivré et préservé des maladies contagieuses. 11 termine son article par ces paroles : Ce n'est pas un vieillard actuellement dans sa quatre-vingt-sixième année qui sera témoin de ces bienfaits, mais il les espère avec confiance, pour les

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générations qui le suivront, ou du moins pour ses petits-enfants.

• Si la position insulaire permet à l'Angleterre de réaliser le vœu du vénérable patriarche, comme elle lui a déjà permis de détruire et de bannir les loups de chez elle, notre pays ne peut pas attendre une libération aussi complète ; autant vaudrait espérer que nous puissions abolir l'aptitude aux maladies inhérentes à l'humanité. 11 n'en est pas moins de notre plus grand intérêt de réunir tous les efforts de la science et de l'administration pour arriver à la limite du possible. Avec l'aptitude aux maladies contagieuses, nous avons reçu l'obligation de nous protéger contre leurs attaques, et l'intelligence suffisante pour le faire le plus souvent avec succès.

Henri GUENEAU DE MUSSY.

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POSÏ-SCRIPTUM

J'ai lieu de me féliciter d'avoir fait paraître cette introduction avant la publication du livre, puisque cette publication me fournit l'occasion de répondre à quelques-unes des critiques qui m'ont été adressées. La plupart de ceux qui ont bien voulu s'en occuper, ne s'étant peut-être pas résignés à me lire jusqu'au bout, ont cru voir un parti pris chez moi d'expliquer, non-seulement l'origine, mais encore la pathogénie de la fièvre typhoïde par l'introduction dans l'économie d'un germe spécifique d'une individualité parfaitement définie. On s'est demandé ce que vient faire la défense d'une théorie aussi contestable en tête du beau livre, dont l'un des mérites les plus remarquables consiste dans le respect exclusif des faits constatés par l'observation la plus rigoureuse. Je répondrai que cet exposé de la théorie du germe contage n'est fait ici, ni pour appuyer, ni pour infirmer les opinions du docteur Murchison. Il m'a paru, ainsi que je l'ai dit déjà, que, cette théorie étant le sujet de discussions si intéressantes et si animées * parmi les plus grands esprits de la science contemporaine, il était convenable d'en indiquer les fondements, et de dire les déductions, fussent-elles un peu hasardées, auxquelles des hommes autorisés par leurs études avaient pu se laisser entraîner.

Il résulte de l'expérience un fait certain qui est celui-ci : dans les maladies virulentes et infectieuses, la contagion ne seproduiL que par l'intermédiaire de particules, figurées, solides, de ténuité variables. Ceci reconnu, est-il permis de ne répondre que par l'ironie ou le silence à ceux qui présument que ces éléments, doués des propriétés des organismes, vivent, comme tels, aux - dépens des êtres organisés chez lesquels ils s'introduisent et se multiplient? Je ne le pense, pas et dans certains cas, celui de la bacléridie, par exemple, je pense au contraire qu'il est difficile de trouver une explication plus satisfaisante de la genèse et du ^''vcloppement du charbon. La démonstration irréfutable de l'influence de la bacléridie est trop séduisante, pour qu'on n'ait pas cherché à en établir d'analogues a l'égard des autres maladies virulentes et contagieuses. 11 n'y a rien d'absurde h supposer que, des organismes, assez tenus pour échapper au microscope le plus

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puissant, puissent être les agents de la contagion ou les contages. Cette supposition, pour être plus nouvelle, n'est pas plus contraire aux enseignements de la science, et pas moins susceptible de démonstration, que celles qui l'ont précédées, telles que l'action cataly tique, la formation de ferments solubles, •etc., etc., sur lesquelles on a fondé les théories diverses de l'essence de la contagion.

L'hypothèse de l'existence d'un germe spécifique, seul producteur de la fièvre typhoïde, n'a donc en elle môme rien de révoltant; elle est encouragée par l'analogie, et, quand untravailleur infatigable, rompu aux recherches microscopiques, est venu annoncer qu'il avait découvert la présence d'un micrococcus particulier dans les tissus ulcérés, et les vaisseaux qui les avoisinent, chez les sujets qui avaient succombés à la fièvre typhoïde, il n'y a rien d'étonnant à ce que des hommes doués de l'esprit scientifique le plus épuré, comme M. John Simon, aient cru tenir le germe spécifique conlagc de la fièvre entérique.

Le docteur Murchison qui ne le cède à aucun dans la possession des qualités qui font le vrai savant, et le grand médecin, a formulé contre la théorie du germe spécifique les objections que j'ai rapportées ; il ne croit pas que la production de la fièvre dépende nécessairement d'un contage préexistant, dérivant luimême d'un germe semblable. 11 prétend, au contraire, que le virus typhoïde naît spontanément, dans les matières fécales arrivées à un élal particulier de décomposition qui n'est peut-être pas encore suffisamment défini. Dans ce cas que devient le micrococcus? Eh bien le micrococcus existerait-t-il, le docteur Murchison refuserait de lui attribuer la production de la fièvre entérique mais il arrive que l'existence du micrococcus est plus que contestable : Voici en effet ce que veut bien m'écrire à ce sujet mon éminent ami lui-même : «Quelque temps après la publication du docteur Klein, le docteur Greighton fit à la société royale (juin 1876) une communication sous ce titre -.'Note sur une apparence particulière et exceptionnelle que peuvent pj'endre, ense coagulant, le mucus et d'autres fluides albumineux. Dans ce travail, il est démontré que le fongus, découvert par le docleur Klein dans la variole ovine auquel il a donné un nom spécifique, dont il a minutieusement décrit les spores, la fructification et le mycélium est le produit d'une observation erronnée et d'une apparence trompeuse ; ces formes diverses résultent d'un mode de coagulation que peuvent prendre les liquides albumineux dans des circonstances particulières !

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