‹ La Fievre typhoideChapitre 26 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE

Dans une des séances suivantes de la Société royale, le docteur Klein a reconnu la justesse des représentations du docteur Breighton ; de plus il a expliqué son erreur par le fait que, dans la fièvre, les liquides des vaisseaux sanguins et lymphatiques, soumis à l'action de l'acide chronique, prennent un aspect tout à fait semblable à celui d'un mycélium, où à celui de filaments auxquels sont attachés de nombreuses conidies.

Bien que les observations' du docteur Breighton s'adressent à la variole ovine, il est clair qu'elles s'appliquent aussi bien aux découvertes du docteur Klein relatives au fongus de la fièvre typhoide.

C'est admis par M. John Simon lui-même, qui déclare que la communication du docteur Breighton doit être considérée comme annulant la description que le docteur Klein donne du prétendu fongus trouvé par lui dans les intestins des fyphoïdiques. (Bapport de l'officier sanitaire du Conseil privé, nouvelle série, n° VIII).

« Voila ou en est, dit en terminant le docteur Murchison, l'histoire du fongus de la fièvre typhoïde, dont la découverte avait été il y a déjà quelques années, triomphalement annoncée dans le Timts par un savant de premier ordre sur l'autorité du docteur Klein? C'est un chapitre intéressant de la théorie du germe contage. Le moins qu'on en puisse conclure, c'est qu'il faut apporter une grande circonspection à accepter la réalité de découvertes semblables, fussent-elles faites par des savants d'une éminence reconnue. »

Je souscris sans réserve à ces sages réflexions ; mais je ne saurais blâmer ceux qui les ont appelées par des recherches consciencieuses'quoique incorrectes; car leur erreur, par les travaux qu'elle a provoqués pour se faire réfuter, a conduit à établir, ce qui, jusqu'à présent paraît, être la vérité. Je termine par la relation d'un fait que j'ai eu dernièrement l'occasion d'observer :

Le père d'une famille nombreuse m'écrivit que deux de ses enfants indisposés depuis quelques jours, présentaient au dire du médecin de la localité, les symptômes d'une fièvre muqueuse; connaissant l'habitation etles soins scrupuleux, jusqu'à l'exagération, qui avaient été pris pour y appliquer les règles de l'hygiène dans les détails les plus minutieux, je répondis qu'il me paraissait impossible qu'on eut affaire à la fièvre typhoïde, et je ne cédai qu'à l'affirmation du médecin qui me disait avoir reconnue les taches non équivoques ; je me rendis alors sur les lieux où je ne pus que confirmer le diagnostique de mon confrère ; il s'agissait bien en effet de deux cas de fièvre typhoïde, très-bénigne, mais

h\[1"i"1uc- DE LA FIÈLRE TYPHOÏDE.

nettement caractérisée. Comment la maladie avait-elle pénétrée dans cette famille? on m'assurait qu'elle n'exisLait pas dans les environs ; d'ailleurs, les enfants, qui, dans leurs promenades étaient toujours accompagnés et surveillés, n'avaient bu; ni eau, ni lait, qu'il fut possible d'incriminer. J'allais m'en retourner, déconcerté d'avoir échoué dans mes recherches, et me demandant si l'espoir d'interdire l'accès à la fièvre typhoïde, en s'entourant de toutes les précautions, n'était pas une chimère, quand je m'avisai de visiter la source qui fournissait l'eau consommée en boisson, eau en apparence irréprochable.

On me conduisit alors à un bassin de pierre et de briques, ayant la forme d'une grande auge, couverte d'un toit de bois, construit sur un talus qui forme un des côtés du lit d'une petite rivière qui coule au lias de la maison. Celte rivière change fréquemment de niveau ; et il fut facile de reconnaître, aussi bien à moi, qu'aux personnes qui m'accompagnaient, que, si soignée que fut la construction qui abritait la source et recevait l'eau qui s'en écoulait, relie eau n'y était pas absolument à l'abri du mélange avec l'eau de la rivière. En effet, un tuyau d'écoulement ajusté sur le côté de L'auge qui fait face à la direction du cours de l'eau, pouvait, bien se fermer au moyen d'une valve adaptée à un llolLcur, il restait néanmoins évident que cette valve souvent encombrée d'herbes aquatiques, malgré tout le soin qu'on prenait à l'en débarrasser, était loin de fanclionner de manière à déterminer une occlusion hermétique; et l'eau, trouvant sur son cours l'orifice imparfaitement fermé pénétrait dans l'auge, s'y reposait, et ypouvait déposer les particules qu'elle chassait. En amont de l'habitation s'élève une petite ville, possédant un hôpilal, auquel la rivière sert d'égout et môme un peu de buanderie. Les déjections des malades y tombent pour être entraînées, etles linges quileur ontservis y sont lavés. Or, huit jours avant l'apparition de la fièvre typhoïde dans la maison, une personne étrangère à la ville était morte de cette maladie à l'hôpital après y être restée pendant plus d'une semaine.

Je n'ajouterai pas de commentaire à ce fait; j'en connais un grand nombre de plus ou moins semblables qui méritent, comme celui-ci, d'appeler l'attention des autorités administratives et des médecins.

H. G. de M.

Septembre 1878.

INTRODUCTION

ET

Page 1