FIÈVRES
CAS
de
fièvre Ivpho'ide admis seulement an London Fever Hospital.
CAS de
typhus admis .
au
London Fever Hospitat.
lit
J'ai été souvent frappé de la similitude des symptômes de tous les cas de fièvre typhoïde éclatant dans la même maison. Ainsi, j'ai vu dans une même maison tous les cas être très-bénins ; dans une autre, ils étaient tous très-graves. Une grande diarrhée et des ■vomissements dans une maison : pas de diarrhée et pas de vomissements dans une autre. Ici, de graves symptômes cérébraux; là, aucun symptôme cérébral. Une fois, dans une même famille j'ai -vu trois rechutes, et, dans deux autres circonstances, j'ai vu, dans la même famille, deux cas de perforation intestinale.
ïl est également intéressant de noter que l'augmentation ordinaire de fièvre typhoïde qui se produit à l'automne, ou que les épidémies circonscrites sont généralement précédées d'un grand ■nombre de diarrhées, la diarrhée atteignant son plus haut degré longtemps avant la fièvre, et ayant décliné beaucoup au moment où
(1) Les nombres marqués d'un astérisque dans les trois premières colonnes représentent les cas qui ont eu lieu dans l'espace de cinq semaines, les autres de quatre seulement. Ce tableau provient des notes relevées dans les rapports hib'tomadaires. Les deux dernières colonnes indiquent le nombre de cas admis du premier jour du mois au premier du mois suivant. — La troisième colonne, cela va sans dire, contient les cas de lypbus. Mais la cinquième montre qw, cette fièvre déclinait grandement sur la période de son plus grand développement, indiquée dans la troisième et la quatrième colonne. La quatrième colonne ne contient que les cas de fièvre typhoïde.
la fièvre est arrivée à son maximum. Cette observation a été faite clans beaucoup d'épidémies de fièvre typhoïde et est démontrée par les faits observés à Londres en 1857, et indiqués dans le tableau VI.
VIII. — Enfin, des expériences faites sur les animaux inférieurs ne permettent d'arriver à aucune conclusion quant à l'étiologie de la fièvre typhoïde.
Il y a bien des années, Gaspard, Magendie (1), Leuret et Hammond (2) ont démontré qu'en injectant des substances putrides clans les veines d'animaux, on pourrait obtenir des symptômes semblables à ceux de la fièvre typhoïde, et que, après la mort, les intestins étaient très-congestionnés. Les mômes résultats ont été obtenus par d'Arcet (3), en injectant du pus dans les veines. Magendie a fait aussi des expériences sur les effets produits par l'inhalation de gaz provenant de matières animales putréfiées. Au fond d'un tonneau, il a introduit des substances putrides, el dans la partie supérieure il a placé un animal, soutenu sur un second fond grillé, de façon à ce qu'il fût librement exposé aux émanations venant de la partie profonde. Sur un chien, qui mourut le dixième jour, les intestins ont élé trouvés très-enflammés. Si aucun de ces savants n'a réussi à produire les lésions spécifiques de la fièvre typhoïde, c'est que les substances putrides qu'ils ont employées différaient de celles qui, probablement, produisent le poison de celle maladie, et qui paraît résulter principalement de la fermentation des matières fécales. En 1858, le docteur Barker, de Bedford, publia les résultats de quelques expériences intéressantes qui consistaient à faire respirer à des animaux les effluves venant de cloaques (4). Les animaux furent placés clans une chambre fermée, à travers laquelle on entretenait constamment un courant d'air venant d'un égout. Chez la plupart des animaux, la diarrhée et les vomissements se produisirent, et dans l'un d'eux, pour lequel on prolongea l'expérience, les symptômes avaient quelque rapport avec ceux de la fièvre typhoïde ; mais, en aucun cas, il n'est fait mention de lésions post mortem.
Le docteur Richardson, cependant, affirme qu'il a réussi à produire « des plaques d'ulcérations sur le conduit alimentaire » d'un chien, en lui faisant respirer du sulphide d'ammoniaque, un des gaz exhales par les égouts (5). D'autre part, il y a quelques années,
(1) Magendie, 1823.
(2) Leuret et Hammond, 1S27.
(3) D'Arcet, 1842.
Ci) Barker, 1858.
(5) Richardson, 1858, p. 34-S.
ÉTI0LOGI12.
j'ai nourri un porc pendant six semaines avec les excréments frais de malades souffrant de la lièvre typhoïde. On les mélangeait avec de la farine d'orge, et on en donnait deux ou trois fois par jour. L'animal ne parut pas souffrir le moins du monde, mais au contraire devint très-gros, et, quand on le tua, les intestins étaient parfaitement sains (1). Mais cela ne prouve pas qu'aucun animal inférieur ne soit accessible à la fièvre typhoïde (2). La conviction que la « peste des bestiaux (catle plague) » est pathologiquement analogue à la lièvre typhoïde de l'homme, est tout à fait dénuée de forfdement; cela a été prouvé (3). On peut en dire autant de la maladie appelée « fièvre intestinale ou typhoïde des cochons (4). » Avant de conclure, il sera peut-être agréable au lecteur, comme cela l'est certainement à l'auteur, d'ajouter que l'opinion qui a été soutenue depuis quinze ans, à savoir qu'il est possible que la fièvre typhoïde ait une origine indépendante, a été partagée par des autorités telles que Griesinger (5), Niemeyer (6), Liebermeister (7), Hudson (8) et Stewart (9). «Sur aucun sujet de médecine pratique, » dit Hudson, « on ne trouve une plus grande quantité de preuves que sur le pouvoir qu'ont les émanations fécales d'engendrer la fièvre typhoïde. »
L'étiologie de la fièvre typhoïde peut se résumer ainsi : 1° La fièvre typhoïde est ou une maladie endémique, ou une affection se manifestant par épidémies circonscrites.
2° Elle sévit avec plus d'intensité en automne ou après des temps chauds.
3° Elle est indépendante de l'agglomération, et attaque indistinctement le riche et le pauvre.
4° Elle peut naître indépendamment d'un cas antérieur par la fermentation des matières fécales, et peut-être par la fermentation d'autres formes de matières organiques.
5° Elle peut être communiquée par les malades aux personnes saines. Dans ce cas, le poison ne s'échappe pas du corps sous une
(1) Pour les détails de l'expérience, voir Murchison, 1858.
(2) Falke a publié les détails d'une épidémie observée parmi des chevaux ; on a -cru que c'était la lièvre typhoïde, et qu'elle était due à des déjections typhoïdes humaines. Schmidt's Jarhb., 18G5, vol. CXXVI1.
(3) Voir mon rapport clans le Livre bleu des commissaires de la peste des bestiaux, et aussi Pal/t. Trans., vol.XVH, p. 441.
(4) Voir ma description de cette maladie dans la Path. Trans., vol. XVIII, p. 295.
(5) Griesinger, ISG'i, p. 15C.
(G) Textbook of Pracl. Med. Traduction américaine, II, 573.
(7) Deuisch Arch., 18G9, VII, 150.
(8) Hudson, I8(!7, p. 33, 317, 3:>5.
(9) Stewart, 18G7, p. 14.
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forme virulente comme dans la petite vérole, mais il est développé parla décomposition des excréments après leur expulsion.
6° Conséquemment, une épidémie de fièvre typhoïde implique un empoisonnement de l'air, de l'eau potable ou des autres substances ingérées par des matières excrémentilielles en décomposition.