‹ La Fievre typhoideChapitre 54 sur 121 · C. — SYMPTOMES FOURNIS PAR LE SYSTÈME CIRCULATOIRE · texte numérisé non relu

C. — SYMPTOMES FOURNIS PAR LE SYSTÈME CIRCULATOIRE

I. Le pouls est accéléré. Sur 100 cas, je me suis assuré qu'àl'exception d'un seul, il était au-dessus du chiffre normal à un moment quelconque de la fièvre. Dans 97 cas, il dépassait 90; dans 85, il dépassait 100; dans 70, il dépassait 110; dans 32, il dépassait 120; dans 25, il dépassait 130; dans 10 , il dépassait 140, et dans 2, il dépassait 150.

Mais le caractère particulier du pouls de la fièvre typhoïde est la grande variation de fréquence qu'on observe à différents jours et à différentes heures du même jour. Ces variations correspondent en grande partie, quoique pas entièrement, à celles de la température, le pouls s'élevant le soir et tombant le matin. Il peut y avoir une différence de 10, 20 ou môme 30 pulsations entre ces deux périodes de la journée. Les différences sonL plus marquées dans les cas bénins et dans les premières périodes des formes les plus graves de la maladie. Ces variations dans le pouls et la température donnent à beaucoup de cas de lièvre typhoïde un caractère rémittent très-distinct, et la ressemblance avec la lièvre rémittente peut être encore augmentée par une rémission accompagnée de transpiration plus ou moins abondante. Au commencement de la convalescence, le pouls tombe lentement; il y a rarement un abaissement subit. Dans le commencement de la maladie, l'abaissement du pouls est plus marqué le malin; mais c'est précisément à celte époque qu'on n'observe aucune relation entre la température et le pouls. En dehors de toute complication, et probablement par suite de la simple faiblesse ou d'une irritabilité nerveuse, le pouls se maintient ou même devient plus fréquent, tandis que la température diminue, et il arrive souvent que le pouls est plus fréquent dans la convalescence qu'il ne l'a été pendant la fièvre, quoique pendant la convalescence il présente parfois une lenteur anormale comme dans le typhus.

En même temps, il est à remarquer combien le pouls peut s'abaisser, même pendant la continuation de la fièvre, qui est indiquée par la température et l'apparition de nouvelles taches. Sur 100 cas, j'en ai trouvé 6 dans lesquels il est tombé à 60; dans 2 autres cas, à 56 ; et dans un neuvième cas, à 52. Dans un aulre cas, il est tombé à 37, et jamais, pendant toule la durée de la fièvre, il n'a excédé 56; mais il s'est élevé à 66 au moment de la convalescence. Un autre fait, qui n'est pas aussi connu qu'il

SYHIPTOMATOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHuÏDE. 133

devrait l'être, est que, dans tout le cours d'une fièvre typhoïde, le pouls peut ne pas dépasser l'état normal (60 à 80), la température, cependant, atteignant 39° ou 40°. J'ai rencontré un très-grand nombre de cas de ce genre, et Griesinger en cite également.

Règle générale, les cas plus graves sont ceux dans lesquels le pouls est le plus rapide, et c'est ordinairement un mauvais pronostic quand, chez un adulte, le pouls persiste au delà de 120. Sur 30 cas, dans lesquels j'ai constaté que le pouls n'a jamais dépassé HO, pas un n'a été mortel: tandis que sur 70 malades chez lesquels il a été au-dessus de 110,21 ou 30 p. 100 sont morts ; sur 32 malades chez lesquels il a été au-dessus de 120, 15 ou 47 p. 100 sont morts ; sur 25 autres cas où il a dépassé 130, 13 ou 52 p. 100 ont été mortels; et sur 10 cas où il a été au-dessus de 140, 6 ont été mortels. Deux des malades qui ont guéri, bien que le pouls eût dépassé 140, avaient moins de 10 ans. J'ai connu cependant des cas mortels dans lesquels le pouls n'avait jamais atteint 100, et dans 8 cas mortels rapportés par Louis, le pouls n'avait jamais excédé 90 (1).

Pendant les huit ou dix premiers jours de la maladie, le pouls offre parfois quelque résistance; mais, après cette époque ou quelquefois plus tôt, il est mou et compressible, et, dans une période plus avancée, il peut être petit, faible, ondulant, irrégulier, intermittent ou imperceptible. Louis a remarqué le pouls irrégulier ou intermittent 7 fois sur 41 cas mortels, et 6 fois sur 57 qui, bien que graves, ont guéri.

2. Action du cœur. — L'irrégularité ou l'absence complète de battement et du premier bruit du cœur observés dans le typhus peuvent aussi se présenter dans des cas graves de fièvre typhoïde.

d. ■ — PHÉNOMÈNES MORBIDES FOURNIS PAR LE SYSTÈME RESPIRATOIRE.

1. Les mouvements respiy'aloires dans les périodes avancées sont habituellement accélérés, indépendamment de complications pulmonaires. Dans 50 cas sur GO que j'ai comptés quotidiennement, j'ai trouvé qu'ils excédaient 20 à la minute; 30 dans 38, et 40 dans 22. Mais, dans la plupart des cas où ils excédaient 40, et dans quelques autres aussi, les poumons étaient lésés. Les respirations varient généralement avec le pouls ; mais dans les cas où le pouls est remarquablement lent, cette lenteur peut ne pas correspondre avec une diminution dans le nombre des respirations.

(I, Louis, 1811, II, 347.

Ainsi, dans un cas il y avait 64 pulsations et 28 respirations; dans un autre, 58 pulsations, 26 respirations ; dans un troisième, 42 pulsations, 48 respirations, bien que l'on n'ait pu découvrir aucune lésion pulmonaire. Parfois, la respiration est irrégulière, bruyante ou « nerveuse », ainsi qu'on l'observe dans le typhus (1).

2. L'air expiré n'a pas encore été suffisamment examiné ; mais dans des cas graves, pendant la période typhoïde, l'haleine est infecte comme dans le typhus. Dans plusieurs cas, on a trouvé qu'il contient de l'ammoniaque.

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