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est anaérobie ; il vit et multiplie sans oxygène libre, et même il s'y flétrit et y prend très-rapidement la forme de spores; il se développe dans les tissus d'une vitalité très-affaiblie autour des cavités splanchniques d'abord ; et ne pénètre qu'en dernier lieu dans les vaisseaux sanguins, où il peut prendre un développement considérable. Ne peut-on pas attendre des effets pathogéniques différents de la présence d'êtres doués de propriétés si dissemblables, s'établissanl dans des habitats divers, et s'y comportant chacun à sa manière?
Il est encore une maladie très-contagieuse, très-bizarre dans ses allures, à peine connue en France, fréquente en Ecosse et en Irlande, observée en Angleterre, en Russie, en Pologne et encore en d'autres contrées de l'Europe, répandue aussi dans le nord du continent américain, qui est invariablement caractérisée par la présence dans le sang de vibrioniens qui se meuvent en spirale. Ces spirilles, c'est M. Obermeier de Berlin qui les a vus le premier en 1868 et depuis ils ont été trouvés par tous ceux qui les ont cherchés, chez des sujets malades de la fièvre relapse.
Cette pyrexie doit son nom à sa marche toute particulière; elle débute soudainement par des frissons, et se développe pendant cinq ou six jours avec tous les caractères d'une fièvre continue grave, à rémissions momentanées; les symptômes s'appaisent alors brusquement, ordinairement à la suite d'une sueur abondante. Après un intervalle de même durée dans lequel la santé paraît irréprochable, le mal revient soudainement avec un appareil symptomatique en tout semblable au premier paroxysme, pour cesser encore par une brusque défervescence. Ces mêmes périodes peuvent se renouveler jusqu'à trois ou quatre et même cinq fois avant que la santé soit définitivement rétablie. La terminaison fatale est très-rare, et une première attaque ne préserve pas d'atteintes ultérieures.
M. Ilcydenreich de Saint-Pétersbourg a suivi avec la plus minutieuse attention l'évolution de la fièvre relapse dans 46 cas, examinant l'état du sang et observant la température de deux à six l'ois par jour. En tout, il a fait mille fois L'examen du sang. 11 a constaté que, chaque fois que la température s'élevait, soit pendant les grands paroxysmes, soit pendant
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les exacerbations momentanées durant le paroxysme ou à la lin de l'intervalle apyrétique, cette élévation était précédée de l'apparition des spirilles dans le sang. Ils disparaissaient peu de temps avant la crise, et ne se montraient pas pendant toute la durée de la période apyrétique. Au contraire, ils se retrouvaient dans le sang, tant que durait le paroxysme, mais en nombre très-variable, changeant d'un jour et même d'une beure à l'autre, et pendant ces variations la température se maintenant élevée, ou ne subissant que de trèslégères différences. Les irrégularités, déjà notées par d'autres observateurs, leur avaient suggéré des doutes sur l'identité du spirille avec le contage de la fièvre relapse.
M. Heydenreich remarqua que les organismes ne vivaient en debors du corps du malade, qu'à la condition de maintenir le sang qui les contenait à la température ordinaire de la ebambre. Exposés à 'une température égale à celle du corps ou de celle de la fièvre (40°) ils mouraient rapidement. Cette remarque le conduisit à supposer, que pendant les grands paroxysmes, plusieurs générations de spirilles se succédaient l'une a l'autre avant qu'elles disparussent définitivement à l'époque delà crise. Il supposa encore que, dans les cas les plus ordinaires, l'éclosion des générations empiétaient l'une sur l'autre, si bien qu'une apparaissait avant que la précédente fut complètement détruite. Ce fait lui expliqua les grandes variations constatées dans le nombre des spirilles à de courts intervalles. Quelquefois cependant il pourrait arriver que tous les spirilles aient péri, c'est pourquoi on n'en retrouvait plus dans le sang et c'est aussi ce qui donnait lieu aux rémissions qui surviennent dans le cours des paroxysmes. La. corrélation de l'apparition des spirilles et de l'élévation de la température était si constante que M. Ileydenreick prédisait avec la plus rigoureuse précision, et sans se tromper une seule fois en l'absence de tout autre symptôme, l'élévation de la température par le seul fait de la réapparition de la spirille.
Ces explications sur lesquelles je reviendrai, sont loin d'être satisfaisantes, et appellent de nouvelles études. Au lieu de croire que les spirilles disparaissent réellement pour revenir ensuite, on pourrait supposer qu'ils persistent à l'étal de spores invisibles reprenant par intervalles leur développement complet.
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Mais alors, comment dans les inoculations faites en Russie, sur des individus qui s'y sont volontairement prêtés, le sang n'a-t-il été contagieux qu'à la condition d'être pris pendant les crises? La culture des spirilles éclairerait peut-être la question. En attendant, bien que le professeur Lebert pense qu'on ne puisse guère clouter qu'un parasite si nettement déterminé, si abondant dans la fièvre relapse qui est la seule maladie ou il ait jamais été observé n'ait une part importante au développement et à la propagation de la maladie en question, il n'est pas encore permis de dire que la fièvre relapse est la maladie du spirille comme le charbon est la maladie de la bactéridie. Or, le charbon est aussi bien, comme le dit M. Pasteur, la maladie de la bactéridie que la gale est la maladie de l'acarus, la trichinose la maladie des trichines. Sans doute ce n'est qu'à un moment que ces affections se trouvent rapprochées les unes des autres par le mode étiologique. Le développement symptômatique ne tarde pas à les séparer par de grandes distances; ces différences tiennent à la manière propre de chacun de ces êtres d'exploiter l'organisme qu'il pénètre à de plus ou moins grandes profondeurs. L'acarus borne ses attaques à la surface de la peau où il est facilement atteint de façon que de notre temps la gale peut être guérie en moins de deux heures. C'est dans le tissu musculaire que pénètre la trichine, où suivant l'importance des fonctions auxquelles prennent part les muscles envahis, surviennent les accidents de gravité diverse, quelquefois mortels, dont M. Delpech a tracé le tableau. La bactéridie s'attaque à la substance la plus importante de l'organisme, au sang même, et le trouble dans sa fonction vitale en lui enlevant l'oxygène qu'il devait porter aux organes, tandis que le vibrion septique arrête les transformations nécessaires à la vie, en leur substituant une fermentation putride.
A la fièvre typhoïde elle-même paraît être associée la présence d'un microphyte décrit en 4 874 par un des médecins chargés par le conseil privé de poursuivre des investigations relatives à la pathogénie des maladies contagieuses. Le docteur Klein a exposé ses recherches dans un rapport très-étendu, illustré d'un grand nombre de planches, où figure le micrococcus soit isolé, soit aggloméré, tel qu'il l'a observé dans
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Jes selles typhoïdes, dans les tissus de l'intestin malade et dans les glandes mésentériques. C'est un fongus qui possède des filaments de mycélium sur le trajet desquels on voit des renflements qui contiennent des spores. Il est remarquable que ces organismes ont la plus grande ressemblance avec le crenothrix polyspora découvert par M. Gohn dans le puits d'un quartier de Breslau, fameux par les ravages de la fièvre typhoïde. M. Colin a étudié l'histoire naturelle de ces fongus qui passent par des formes très-diverses de développement. La description qu'il en a donnée correspond exactement à celle des micrococci du docteur Klein. Dans les selles le fongus se montre aggloméré en grosses masses sphéroïdes formées de nombreux micrococci tenus ensemble par une sorte de glu transparente. Dans l'incubateur à 39°, ces masses sphéroïdes se multiplient considérablement, et si on ne les maintient pas à l'abri de l'air, on les voit envahies par le bactérium termo qui détruit en pullulant lui-même, les micrococci. Dans l'intestin, M Klein l'a étudié a différentes périodes de la maladie. Dans un cas où la mort a eu lieu le sixième jour, certaines parties de la membrane muqueuse de l'iléon qui, à l'oeil nu, ne présentent d'autres a lté rations appréciables qu'une très-légère tuméfaction œdémateuse et les cryptes de Lieberkùhn contiennent des groupes de ces organismes reliés entre eux par une substance glaireuse. Us sont d'un vert-jaunâtre, et réfractent fortement la lumière.
Leur volume varie depuis celui d'un très-fin granule, jusqu'à celui qui serait le double d'un globule rouge du sang. Ils ont en général la forme d'un sphère, d'un sablier ou d'une lève. A la circonférence de leurs agglomérations. on en voit quelques-uns à forme d'haltères dont l'apparence, suivant l'expérience de l'auteur, montre que ces corpuscules multiplient par division transverse.
Ce n'est pas seulement dans les cryptes de Lieberkùhn que se logent les produits du fongus. On les trouve encore en masses plus ou moins considérables dans le tissu de la membrane muqueuse, aux environs des plaques de Peyer. Ils abondent dans les espaces lymphatiques qui entourent les cryptes, et le tissu qui y confine ; on les suit, moins nombreux toutefois, dans les vaisseaux lymphatiques, les veines,