‹ La Fievre typhoideChapitre 7 sur 121 · THÉORIE DU GERME CONTAGE. XVII · texte numérisé non relu

THÉORIE DU GERME CONTAGE. XVII

et les capillaires veineux, non-seulement au voisinage des plaques de Peyer et des glandes solilaires, mais aussi dans le tissa muqueux et sous-muqueux. Le docteur Klein a, dans d'autres cas, retrouvé les micrococci sous l'épilhelium, entre celui-ci et la trame des villosités. Il les a vus dans l'épaisseur des parois veineuses, qu'ils traversent pour pénétrer dans les vaisseaux. Dans ces diverses situations ils forment souvent des agglomérations en masses sphéroïdes analogues à celles qu'on trouve dans les selles. A des périodes plus avancées* la végétation parasite se montre dans les tissus désorganisés (nécrosés) des follicules isolés ou agminés, et semble produire, par son développement, leur destruction plus ou moins complète. L'observateur les suit jusque dans la substance des ganglions mésentériques en voie de décomposition. Il a essayé de communiquer la fièvre typhoïde aux animaux, en particulier à des singes, en mêlant clans leurs aliments des détritus fourmillant de micrococci, il n'y a pas réussi. M. John Simon, en présentant aux lords du Conseil privé les travaux du docteur Klein, considère comme approximativement prouvé que la contagion de la lièvre typhoïde a sa cause, en tout ou en partie, dans le microphyte nouvellement découvert, et que cet exemple confirme la doctrine qui attribue la constitution des contages spécifiques à des formes organiques spécifiques.

Les organismes dont il vient d'être question, si ténus qu'ils soient, ont cependant des formes et des propriétés physiologiques qui permettent de les reconnaître pour des êtres doués de vie. Tl en est d'autres beaucoup moins visibles encore qui sont tenus en suspension dans les liquides pathologiques à l'état de granules très-fins, libres, ou adhérents aux éléments cellulaires. Que ces liquides soient du pus putride, ou une humeur virulente, telle que celles de la vaccine, de la clavelée, ou de la morve, les granules se présentent au microscope sous un même aspect. Mais, de leur présence ou de leur absence, résultent des effets si différents qu'il est impossible de ne pus leur attribuer une certaine part dans la pathogénie des maladies auxquelles ils se trouvent associés. M. Cbauveau nous a donné sur ce sujet des renseignements très-importants.

Les liquides en question introduits à l'état de pureté dans le tissu conjonciif, y font naître une inflammation phlcgmo-

MuncinsoN. b

neuse plus ou moins intense, qui se termine ordinairement par un abcès dans le point où a été pratiquée l'inoculation.

L'agent producteur de cette inflammation, est certainement l'élément figuré contenu dans le liquide; car, si on parvient à séparer cet élément cellulaire ou granuleux, du liquide ambiant, celui-ci, réduit au sérum et aux matières dissoutes, n'est plus apte à produire l'inflammation dans le tissu conjonclif ; il n'est plus phlogogène. Si, au contraire, après avoir fait passer ces éléments solides par des lavages successifs, on les mêle a un liquide inoffensif tel que de l'eau pure, l'injection de celte eau ainsi chargée produit la même pblogose que l'introduction du pus lui-même.

C'est donc bien aux corpuscules que l'inflammation doit être attribuée; en est-il de même de la virulence? La réponse est affirmative. En effet, un liquide virulent privé des éléments solides perd ses propriétés spécifiques, c'est-à-dire cesse de reproduire la maladie dont est affecté l'individu sur lequel il a été pris. De plus, en comparant la manière dont les liquides virulents, plus ou moins dilués, se comportent avec l'action des humeurs inflammatoires simples traitées de la même façon, on observe des différences qui témoignent des propriétés spécifiques de ces éléments figurés.

Dilué dans cinq parties d'eau, plus ou moins, le pus simple perd la propriété phlogogène, et j'aurais dû dire que cette propriété est déjà très-atténuée si on enlève à l'humeur ses leucocytes, tout en lui laissant ses autres éléments figurés.

L'humeur virulente au contraire ne perd rien de son activité par les dilutions, si étendues quelles soient. Une injection très-diluée, peut, quoique bien rarement, n'avoir pas d'effet contagieux; mais si elle agit, c'est avec autant d'activité que si le liquide avait été employé pur.

N'est-ce pas la preuve que les dilutions ne font qu'éloigner les particules protoplasmiques les unes des autres ; qu'elles peuvent séparer ces particules au point que la quantité de liquide prise "pour une injection n'en contienne pas, et alors il n'y a pas d'effet, tandis que l'action contagieuse s'exerce toute entière si l'instrument rencontre une particule spécifique dans le liquide injecté; l'individu inoculé subit la maladie spécifique, ainsi communiquée, dans toutes ses phases, à ce

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