DURÉE TOTALE
flloycnnc .
Moyenne
des Ilonimcs cl des Femmes.
FEMMES
Moyenne.
En général, la rechute est moins grave que la première attaq et le malade guérit ; mais il y a de nombreuses exceptions. Il m'
arrivé plusieurs fois d'observer une première attaque bénigne et iourte, tandis que la rechute était grave et prolongée. Dans un .iers de mes cas, les symptômes étaient plus graves dans la rechute que dans la première attaque. De plus, sur mes 53 cas, 7 furent mortels ; dans 2 des cas, la mort fut causée par la perforaion ; dans 2 par la péritonite et l'infarctus de la rate, et dans par suite d'une fausse couche. Sur 21 cas dont 13 furent obserés par Maclagan et 8 par Baiimler (1), tous guérirent ; mais sur es 13 cas d'Ebstein, 3 furent mortels.
On trouve à l'autopsie la récente lésion intestinale de la rechute, oexistant avec les ulcérations en voie de cicatrisation de la première attaque ; mais comme les glandes qui avaient d'abord cbappé au mal sont les seules atteintes, les lésions de la rechute :>nt moins étendues sont celles delà première attaque, et pour la ■îême raison, elles sont souvent plus éloignées de la valvule iléotœcale. On trouve aussi une tuméfaction récente des glandes mémtériques et de la rate. Trousseau niait que la lésion caractéris- ;que de l'intestin pût se renouveler; et, comme il considérait cette ^sion comme l'éruption spécifique de la fièvre, il prétendait qu'il 'existait pas de vraies rechutes de la fièvre typhoïde (2). Mais rousseau est seul de cette opinion. Les observations dô Stewart, 'ïamernjk, Griesinger, Thierfelder, Wunderlich, Peacock (3), H. •,'eber (4), Habershon (5), Ebstein, etc., concordent avec les iennes sur ce point.
i 11 est difficile de donner une explication satisfaisante de ces retutes. Je les ai vues se produire bien plus souvent chez les >mmes que chez les femmes, la proportion ayant été comme 3 t à 2, mais Griesinger les a plus souvent rencontrées cher les mmes. L'âge n'a aucune influence à cet égard ; le plus jeune de d| es malades avait S ans, et le plus âgé 44. Barthez et Rilliet ont » ! 'té des rechutes dans 3 cas sur 111 observés chez les enfants (6). «les sont souvent attribuées à des imprudences dans l'alimen- ■ tion, mais il m'a toujours été impossible de les rapporter à cette ■iuse, et, à priori, il n'est pas probable qu'un accident sem-
I 1) Baiimler, 18f;G.
■ 2) Trousseau, 1861, p. 158. « Quoique l'appareil symptomatique soit très-comil t, quoique l'éruption cutanée se reproduise, la lésion caractéristique de l'intcs- H ne se renouvelle pas. »
M 3) Truns. Path. Soc, IX, 209.
'Hi)Wem., XII, 99.
15) Mecl. Times and Gaz., 9 février 18G7. ••••»| 0) Barthez et liilliet, 1853, II, 691.
blable puisse reproduire la lésion intestinale et l'éruption cutanée. Ces rechutes sont plus ou moins fréquentes selon les temps et les épidémies; et, bien qu'elles soient comparativement rares, j'ai vu trois membres d'une même famille en être atteints. Griesinger a pensé qu'elles pouvaient être dues à une contagion nouvelle produite par d'autres malades ayant la lièvre typhoïde dans la même salle, mais celte opinion est détruite par ce fait que les rechutes ont lieu dans des cas isolés, traités dans des demeures particulières. L'apparition des rechutes chez des malades amenés pour être soignés à l'hôpital nous empêche de les attribuer à un poison nouveau émanant de la source première. 11 y a plus de vingt-cinq ans, Hamernjk prétendait que les rechutes étaient dues à la réabsorption de « matières typhoïdes » rejelées par l'intestin même du malade, et celte opinion a été récemment défendue avec beaucoup d'habileté par T. J. Maclagan, qui croit que les glandes saines peuvent Titre inoculées par les eschares qui se détachent des premières qui ont été atteintes. Si l'on considère en effet la caus< qui a pu déterminer l'inflammation des glandes dans la premièn attaque, on est porté à accepter cette opinion; mais l'acceptatioi de celle théorie des rechutes nous fournit un puissant argumen contre le caractère spécifique du poison de la lièvre typhoïde, e nous porterait à admettre que l'individu qui vient de subir uu attaque de la maladie, n'est pas à l'abri d'une nouvelle infectio (Voir page 69). Il faut, en 'outre, remarquer que les matièreB gangrénées et putrides rejetées par les glandes intestinales soin les seules qui puissent être dangereuses, car aucun mauvais résuM tal n'a lieu dans les cas avortés où il n'y a pas d'eschares et quan)l;i les produits inflammatoires de ces glandes sont absorbés. Daill tous les cas de fièvre typhoïde les produits inflammatoires d«.! glandes mésentériques qui sont identiques à ceux de l'intestiij I sont absorbés sans qu'il y ait jamais pour le malade aucun dang|| appréciable. D'accord avec lui-même, Maclagan soutient de pi"' que les rechutes n'existent que lorsqu'il y a constipation penda: i la convalescence. Malheureusement l'état des intestins pendar i la première partie de la convalescence n'a pas été noté dans i I plupart de mes cas ; mais dans plusieurs il y avait certainement la diarrhée, et il ne paraît pas que les rechutes aient été prévenu en remédiant à la constipation par des laxatifs. Il est à remarqi qu'à l'Hôpital des fiévreux, où l'on avait rarement (trop raremu peut-être) la constipation à combattre, les rechutes étaient, corni je l'ai démontré, beaucoup plus rares que dans les cas de Mao gan ; dans plusieurs des cas à rechute rapportés par cet auto
COMPLICATIONS ET SUITES
m avait du resle administré de l'huile de ricin pendant les intervalles qui séparaient les attaques (1).
Observation XVIIL. Fièvre typhoïde. Attaque bénigne suivie d'une grave •cchute. — James R..., âgée de 25 ans, admis au London Fever Hospital le 10 juin 1865. Il avait souffert pendant deux ou trois semaines d'une ièvre légère, mais n'avait pas de diarrhée. Les principaux symptômes ont té observés après l'admission : grande prostration, pouls faible et fréuent, légère élévation de température, quelques petites taches rosées, t parfois des vomissements. Au bout d'une semaine, il était convalescent, ; iais les intestins étaient très-constipés, et on ne les maintenait libres :u'avec de l'huile de ricin et des lavements simples. Le 8 juillet, il quitta . hôpital, se sentant fort et ayant bon appétit. Deux jours après, il fut reris de fièvre et de douleurs dans l'abdomen; il prit une purgation qui fit resque trop d'effet, et l'ut admis de nouveau à l'hôpital le 12 juillet. Il :ut alors une grave rechute de fièvre typhoïde qui dura près d'un mois, t qui fut caractérisée par une extrême prostration, des vomissements, de i diarrhée, la langue sèche et brune, les symptômes typhoïdes et des aubresauts. Des taches rosées apparurent par poussées successives du 15 m 25 juillet. La convalescence fut compliquée d'une otorrhée, et il lui it impossible de quitter l'hôpital avant la fin d'août.