GÉNÉRATION
1. Des métrorrhagies se produisent souvent pendant l'attaque fébrile, et sont quelquefois abondantes.
2. Grossesse. — Selon Rokitansky (1) et Niemeyer (2), la grossesse est une garantie presque absolue contre la fièvre typhoïde; mais la véracité de cette assertion a élé niée parForget, Jenner (3), Griesinger (4), etc., et j'ai vu bien des femmes enceintes atteintes de la maladie. La grossesse est une complication moins redoutable qu'on ne le suppose ordinairement, ou qu'il n'avait été avancé j dans la première édition de cet ouvrage ; l'avortement ou la faussecouche n'en sont pas le résultat certain. J'ai des notes sur 14 cas : 10 guérirent; sur ces 10, 2 supportèrent leur état (au 4° et au 8° mois) pendant toute l'attaque; les 8 autres avortèrent ou firent une fausse-couche entre le quatrième et le huitième mois, et une femme accoucha vers le huitième mois d'un enfant vivant. 4 des malades moururent ; toutes les 4 avaient fait des fausses-couches : 3 dans le septième mois, et la quatrième à une époque indéterminée de la grossesse. Dans 2 cas l'avortement ou la fausse-couche sont survenus dans le second septénaire de la fièvre; dans 6 cas pendant le quatrième, dans 2 cas pendant le cinquième, et dans un cas pendant une rechute.
H. — MALADIES DES TISSUS, DES TÉGUMENTS, DES OS, etc.
1 . Vbrysipèle, le plus souvent de la face, a été noté par LouisH dans 9 cas sur 134; par Chomel dans 4 sur 42 mortels; et parj|J Jenner dans 7 sur 23 mortels. Mais je ne l'ai pas rencontré dans unllp p. 100 de mes cas. Il se déclare ordinairement à une période!! avancée de la maladie, s'ajoute quelquefois à l'otorrhée, et est|I
(1) Path. Anat. Syd. Suc. transi., II, 82.
(2) Text. Book ofPract. Med.Amer. Trans., II, 574.
(3) Jenner, 1850, XXII, 439.
(4) Griesinger, 18G4, p. 229.
COMPLICATIONS ET SUITES
ouvent mortel. Sur les 9 malades de Louis, 6 ont succombé, et en ai moi-même vu mourir aussi 4 sur 9.
2. Anasarque. — L'œdème local peut résulter de la thrombose eineuse (voir p. 170) ; et l'œdème des extrémités inférieures récitant d'une circulation insuffisante est parfois observé pendant i convalescence des attaques prolongées. Leudet a publié 7 cas emarquables de fièvre typhoïde, observés à Rouen, dans lesi uels les extrémités inférieures et le reste du corps devinrent œdémateux dans la seconde ou la troisième semaine de la fièvre, BU pendant la convalescence. Tous les malades guérirent sauf un qui mourut de péritonite ; aucun n'avait eu l'urine albumi- euse. Le gonflement n'était point accompagné de douleur, mais
avait été précédé d'une bronchite grave et de sueurs abondantes. ;.près deux ou trois semaines il disparaissait sans avoir eu d'au-
re inconvénient que celui de retarder la convalescence. On croit eue l'hydropisie trouve sa source dans la constitution adynami-
ue des personnes atteintes (1). Des cas analogues ont été obser-
és à Tubinger par Griesinger sur des personnes qui avaient été très-affaiblies avant leur attaque de fièvre (2). Barthez et Rilliet . arlent aussi de l'anasarque partiel ou généralisé comme d'une mite assez fréquente de la fièvre typhoïde chez les enfants. Ils cont rencontré dans 7 cas sur 111 qu'ils ont analysés. Dans 2 auves de leurs cas, un anasarque généralisé se déclara dès le cini uième jour de la fièvre, et dura 8 ou 10 jours; il n'y avait pas j 'albumine dans l'urine, et après la disparition de l'œdème, la
èvre reprit son cours habituel ; les deux enfants guérirent (3).
3. Gangrène produite par la pression. — On a fréquemment ob- 3rvé que les eschares sont plus communes dans la fièvre typhoïde ue dans le typhus, et le fait est facile à comprendre à cause de la rande maigreur qui résulte de cette maladie, et de sa plus lonjue durée. Je les ai vues non-seulement couvrir le sacrum et les cochanters, mais encore les coudes, les talons et l'occiput.