‹ La Fièvre Typhoïde Dans Le FinistèreChapitre 25 sur 45 · ROUE 1 FA CE · texte numérisé non relu

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longement des tas de fumier. Si votre visite a lieu en été et que vous avez pu franchir sans trop de dommage ce cloaque un peu asséché, mais non moins malodorant, vous êtes assailli dès votre entrée par des essaims de mouches qui proviennent des fumiers et recouvrent d’une couche noire et grouillante la table avec les aliments qui y sont exposés, et qui ne quittent ces derniers que pour vous harceler sans répit de leurs piqûres. Or, ilest abondamment prouvé que les mouches comptent parmi les agents les plus actifs de propagation des maladies infectieuses en transportant les bacilles qui pullulent dans les ordures, sur les substances alimentaires laissées à leur portée. Ajoutons un autre méfait de la présence des fumiers dans la cour des fermes : le puit en est insuffisamment isolé et des observations précises ont montré que le purin peut

arriver par infiltration et souiller ainsi l’eau de boisson.

L'eau n’est pas le seul agent alimentaire de transmission de la fièvre typhoïde, le lait en est un autre. La propagation de la fièvre typhoïde par le lait est aujourd’hui admise à la suite de nombreuses observa-

tions. En voici, une typique que nous empruntons à

MM. Rouget et Dopter : « En 1879, Cameroun relate

une épidémie où 67 personnes furent atteintes à Dublin ; les malades avaient consommé du lait venant d’une vacherie où la fièvre typhoïde avait sévi quelque

temps auparavant et où les déjections des malades

avaient été jetées sur un fumier voisin du lieu où la

traite était pratiquée. Les personnes du groupe de

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maisons infectées qui prenaient leur lait chez d’autres laitiers restèrent indemnes » (1).

La bactériologie apprend que le bacille typhique peut se conserver pendant onze ou treize jours (Pfuhl), trente-cinq jours (Heim), quatre mois (Shesse).

Dans les fermes, laiteries où ont éclaté un ou plusieurs cas de fièvre typhoïde, il arrive souvent que les personnes ayant soigné ou approché les malades sont aussi celles qui sont chargées de la traite ou des diverses manipulations du lait : les soins de propreté qu’elles prennent sont rudimentaires ou nuls, la souillure est donc presque inévitable. Combien de fois avons-nous pu observer au fond des récipients ayant contenu du lait un dépôt verdâtre formé de fines particules de bouse provenant soit des mains de la fermière, soit des mamelles souillées qu’on a négligé de laver avant la traite. Dans la plupart des observations relatées, les auteurs insistent sur la souilluré du lait venant de la souillure de l’eau, dont on fait usage pour laver les récipients, ou même pour « mouiller le lait ». Cequile prouve, c’est qu’en certaines de ces épidémies où le lait a été incriminé, l’eau des puits de la ferme productrice a révélé à l’analyse la présence du bacille typhique. C’est cette eau que les laitiers em-

‘ ployaient pour le lavage préalable des vases destinés

à contenir le lait.

Les fermes nouvellement bâties ont généralement un étage au-dessus du rez-de-chaussée, et dans ces chambres aux fenêtres suffisamment larges, se voient

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des mobiliers modernes où l’aération de la literie est possible. Mais le plus souvent, l'habitation se réduit à un rez-de-chaussée bas et obscur ne s'aérant en fait que par la porte, toujours ouverte, ce qui permet aux volailles de souiller le parquet de leurs fientes et de débris de fumier. Ce‘parquet est en terre battue, tout comme il y a plusieurs siècles ; l'usure y produit des creux où stagnent en fermentant des eaux malpropres ; le balayage y soulève HÉCORAÉRANt des nuages de poussière.

L'usage des lits-elos est encore très répandu avec

leur literie pour ainsi dire jamais aérée etencore moins désinfectée. Quant aux soins de toilette, comme nous le disions plus haut, ils sont ençore très rudimen— taires.

règne dans les fermes depuis les vingt dernières

années a eu comme heureux effet, une alimentation Hi

meilleure, fortifiant l'organisme, et le mettant ainsi

en état de mieux résister aux maladies en général. Cependant, trop de femmes négligent encore lesres—-

F x t , + \ sources que leur offre la campagne ou la mer (légumes

Au point de vue de la nourriture, l’aisance qui

frais, poissons bon marché et nourrissant) et par

négligence plus que par pauvreté font du café, ou

mentation familiale. Fi

. De cet exposé, que certains penseront poussé au

noir, bien qu'il soit simplement véridique, il résulte . \ que la tâche du médecin, de l’hygiéniste sera de lutter surtout contre la routine, cette imitation irraisonnée

NS

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