DIAGNOSTIC
Il n'y a à Theure actuelle qu'un signe palhognomonique de la f. typhoïde : c'est la constatation du bacille d'Eberth. Rechercher de propos délibéré sa présence sur le vivant par ponction de la rate a donc pu être conseillé par quelques auteurs, surtout en Allemagne. Nous avons ailleurs parlé de cette pratique, de sa technique et de ses résultats, mais nous nous empressons d'ajouter que, quoique un de nous l'ait pratiquée sans suite fâcheuse sur un certain nombre de malades atteints de typhus exanthématique, nous n'hésitons pas à la déconseiller formellement : elle ne serait peut-être pas aussi exempte de dangers dans tous les cas.
En clinique a le diagnostic doit toujours reposer sur un ensemble de signes dont les plus importants sont le mode de début graduel, et l'évolution fébrile, avec ses périodes successives et régulières, le dicrotisme du pouls, la tuméfaction de la rate, l'éruption de taches roses, la diarrhée caractérisée par des selles ocreuses et fétides, le ballonnement du ventre, la sensibilité et le gargouillement de la fosse iliaque droite, enfin la stupeur et les phénomènes nerveux de l'état typhoïde » (Homolle). On ne saurait mieux dire.
Les grands signes de la f. typhoïde ont été étudiés à leur place, et leur valeur diagnostique générale a été fixée autant que possible. Il nous faut cependant revenir à ce point de vue spécial sur quelques, uns d'entre eux, et, d'autre part, énumérer rapidement les affections qui le plus souvent donnent le change, en expliquant les raisons principales de l'erreur commise.
Température. — Wunderlich a formulé, au sujet de la valeur de la courbe fébrile comme élément diagnostique, des aphorismes qui ont certes quelque peu perdu de leur valeur aèso/ae, maie qu'il est encore très intéressant de connaître.
On peut supposer avec grande probabilité qu'il ne s agit pas de f. typhoïde ;
a. Quand, dès le premier jour de la maladie ou au commencement du deuxième, la température monte à 40°;
h. Quand, entre le quatrième et le sixième jour la température du soir chez
un adulte dage moyen ou chez un enfant n'atteint pas 39°, 5 et si, durant ce temps, elle n'a pas déjà plusieurs fois atteint ce chiffre ;
c. Quand, dans la seconde moitié de la première semaine, se présentent des abaissements considérables ou progressifs de la température.
La valeur des taches roses est considérable : « Toute maladie fébrile dans laquelle apparaît au septième ou huitième jour une éruption de taches roses est une fièvre typhoïde; toute fièvre continue qui, après dix ou douze jours, ne s accompagne pas de taches roses, n'est vraisemblablement pas une fièvre typhoïde. » (Homolle.)
Une hémorragie intestinale survenant au cours d'une affection fébrile de quelque durée, dont le diagnostic est cependant resté douteux, suffit pour affirmer la fièvre typhoïde.
Il est aussi des symptômes négatifs, symptômes dont la présence permet de rejeter le diagnostic de f. typhoïde : telle une éruption précoce d'herpès labial (1).
Les affections que l'on peut confondre avec la f. typhoïde sont nombreuses, car nombreuses sont les maladies qui empruntent un ou plusieurs des symptômes dont la réunion donne à la f. typhoïde son cachet spécial. Mais la ressemblance n'est vraiment jamais complète, et si le diagnostic peut rester hésitant à première vue, dans les premiers jours même de l'observation, la marche ultérieure finit presque toujours par éclairer le praticien.
La f. typhoïde a deux symptômes majeurs qui font sa physionomie : la fièvre et Vétat typhoïde. Or fièvre et état typhoïde se retrouvent dans un certain nombre d'autres affections, que nous allons très rapidement différencier d'avec la f. typhoïde.
Les confusions entre le typhus exanthématique et la f. typhoïde ne se comptent plus, surtout dans un pays comme le nôtre, où la première affection reste si mal connue malgré les enseignements de deux années d'épidémie.
Le typhus a pourtant son exanthème si spécial, son début soudain, sa marche rapide, sa terminaison brusque dans les cas favorables, l'absence de phénomènes intestinaux, et, comme signes associés de grande valeur, sa haute contagion pour l'entourage du malade et sa gravité beaucoup plus grande. Pour qui sait aussi tenir compte du faciès, jamais ou presque jamais le typhoïdique ne prend l'aspect d'extrême prostration, avec faciès congestif du typhique : le typhus est le type achevé de l'état typhoïde, que la dothiénentérie ne réalise jamais d'une façon aussi complète.
La tuberculose miliaire à forme typhoïde, la granulie d'Empis, est
(1) On se rappellera cependant que Griesinger a noté Vherpès lahialis dans 2 p. 100 de ses cas typhoïdiques.