SYMPTÔMES FOURNIS PAR LES ORGANES DES SENS
Organe de la vue. — Les malades ont souvent des éblouissements; leurs conjonctives sont peu vascularisées ; souvent ils ferment leurs paupières comme s’ils avaient de la photophobie (Louis, Murchison). Jenner et Gairdner ont noté une dilatation pupillaire qui contraste avec la contraction pupillaire qu on observe dans le typhus.
On peut cependant constater aussi, au cours de la fièvre typhoïde, des pupilles contractées.
On a noté de plus du ramollissement et de la fonte de la cornée (Trousseau), de la phlébite avec phlegmon de l’œil et de l’orbite, de l’irido-choroïdite, de la chorio-rétinite, etc.
Organe de l’ouïe. — Les malades se plaignent, dès le début, de bourdonnements, de sons de cloches dans les oreilles. Ils peuvent présenter de la dureté de l'ouïe et même de la surdité le plus souvent bilatérale, sans lésions de l’oreille, ce qui permet de présumer une origine centrale. \j otite moyenne suppurée n’est pas rare, pouvant déterminer, dans les cas graves, la destruction absolue du tympan et l’élimination des osselets. On observe à la suite de ces otites tous les degrés de surdité.
VOIES BILIAIRES
Foie. Vésicule biliaire. — Les recherches modernes ont établi expérimentalement la théorie de ['infection descendante, opposée à la théorie de l’infection ascendante, pour expliquer les ictères infectieux.
Le phénomène initial est la septicémie qui s’observe pendant la période d’incubation avant toute apparition de signe clinique appréciable. La lésion intestinale, qui peut d’ailleurs ne pas exister, doit être regardée, comme une localisation du. bacille typhique, au même titre que les autres lésions.
L’expérimentation chez l’animal et les interventions pratiquées sur la vésicule humaine pendant la vie, ont démontré la localisation spéciale des bacilles typhiques dans la vésicule biliaire.
Cette localisation s’accompagne le plus souvent d’hépatite et d angiocholécystite catarrhale, au début sans signes cliniques. Au cours de la fièvre typhoïde, on peut observer des cholécystites suppurées, des hépatites diffuses, voire même des abcès hépatiques à bacille typhique. Certaines infections typhoïdiques évoluent comme la maladie de Weill. L’ictère infectieux traduit simplement la localisation sur le foie. L'iclère infectieux bénin primitif et Victère catarrhal qualifient des degrés différents dans cette infection due au bacille typhique. Chauffard a surtout contribué à établir cette identité de nature qui ressort de l’étude d’épidémies d’ictères contractés à la même source et dans lesquels on voit la jaunisse revêtir toutes les formes cliniques Jusques et y compris l’ietère grave. L'ictère bénin apparaît vers la troisième ou la quatrième semaine. 11 est fugace, s’accompagne d’un peu de sensibilité et de tuméfaction du foie, les selles restant colorées.
L’ictère infectieux de moyenne intensité s’accompagne de symptômes plus inquiétants mais qui sont des symptômes de septicémie.
« Le début est généralement brusque ; le malade est pris de frissons et de fièvre, il se plaint de courbature, de vertiges, de céphalalgie parfois intense; les troubles digestifs sont constants, la langue saburrale, l’anorexie absolue, les vomissements sont fréquents ; il existe une diarrhée bilieuse, ordinairement assez intense; la température oscille entre 38“ et 40“. Les urines sont rares, foncées, albumineuses. Le foie et la rate sont souvent hypertrophiés » (Gilbert et Fournier). L’ictère est intense, sans cependant que les matières soient décolorées. Au bout de quelques jours les symptômes s’amendfent et l’ictère disparaît progressivement.
Enfin on peut trouver des ictères infectieux graves aboutissant en quelques jours au coma.
L’état typhoïde est intense; l’ictère très marqué au début, s’atténue progressivement ; il y a des vomissements, des érythèmes, des hémorragies, du délire, de la confusion mentale, des températures élevées avec chutes plus ou moins prononcées
VOIES BILIAIRES
et durables. Dans ces formes « il y a association de deux syndromes anatomo-cliniques, l’angiocholite aiguë et l’insuffisance hépatique, sans qu’il y ait parallélisme entre l’intensité de l’un et de l’autre syndrome » (Laignel-Lavastine).
Les choléajsHtes ne sont pas rares. Elles sont précoces (du 8“ au 18“ jour) ou tardives (du 29“ au 57“ jour ou même plus longtemps encore après la défervescence). Dans le premier cas elles ne modifient nullement la courbe thermique; dans le second on note parfois seulement un léger mouvement fébrile passager. L’ictère est exceptionnel. La douleur est spontanée ou provoquée au point vésiculaire, elle s’accompagne d’une défense musculaire localisée dans l’hypocondre droit. Pour rechercher ce signe qui existe au début et à la période d’état de toute fièvre typhoïde (Lesieur, Nobécourt, Paisseau et Marinier), le médecin placé à la droite du malade couché, passe sa main gauche en arrière, sur le rebord inférieur des côtes, afin de faire saillir le foie en avant. La main droite déprime doucement et progressivement la paroi au point cystique, jusqu’à ce que le patient accuse une douleur plus ou moins vive. Ce signe persiste jusqu’au début de la convalescence; sa persistance, malgré l’abaissement de la température, doit faire craindre une rechute (Radulesco et Atanassin). Outre ce signe de la douleur provoquée au niveau de la vésicule il faut noter la siibmatité de la hase droite (submatilé rétro-hépatique) que, d’après Lesieur, on trouve, en percutant superficiellement la base droite du thorax : on constate une submatité notable qu’on ne retrouve pas à ta base gauche. Le foie hypertrophié et remonté est responsable de cette submatité. Plus précoce que les taches rosées, la séro-réaction, l’hypertrophie splénique, la diarrhée, sa fréquence serait de 80 à 90 "/o- Cette hypertrophie s’atténue et disparaît au moment de la défervescence. Son retour pendant ta convalescence pourrait annoncer une rechute prochaine.
11 est probable que l’altération de la bile contribue à donner aux selles typhiques leur couleur ocre-jaune et leur odeur spéciale.
On connaît enfin les abcès du foie qui se traduisent au cours de la fièvre typhoïde, vers le 4“ ou le 5“ septénaire, par des frissons, de la fièvre, un état général grave, du météorisme, puis par une douleur localisée dans l’hypocondre droit au niveau des derniers cartilages costaux. Le foie est gros, douloureux.
fait une voussure. L’évolution aiguë, subaigué ou chronique se termine par la mort quand les abcès sont multiples, par l’ouverture dans l’intestin, le péritoine ou le poumon quand l’abcès est gros.