MÉDICATIONS DIVERSES
Saignée. — La saignée, dont on a tant abusé autrefois, reparaît aujourd’hui et peut rendre des services parmi les agents de médication anti-infectieuse (Pecker, Grasset, 0. Martin). Elle peut être utilisée dans les formes sévères où le malade présente au maximum des signes d’intoxication : état typhique très prononcé, forme ataxo-adynamique, et surtout forme foudroyante; dans les cas également où le malade est gravement atteint, avec réactions faibles et température peu élevée. Enfin il sera prudent de saigner, si les autres moyens de désintoxication n’agissent pas assez rapidement, quand les battements du cœur deviennent de plus en plus sourds, le pouls faible, mou, irrégulier avec un nombre de pulsations élevé. On enlèvera au malade 150, 200, 500 grammes de sang, mais on lui fera en même temps une injection de sérum artificiel. La solution employée sera la solution dite physiologique de chlorure de sodium à 7 p. 1000 (Dastre, Mayet, Delbet, Bosc et Vedel). Dieulafoy ajoute Ogr. 10 de benzoate de caféine par litre de sérum à 9,5 p. 1000 de chlorure de sodium et injecte de 50 à 400 grammes. L’injection peut être faite en plein muscle, mais si on la fait après une saignée ou si l’on veut obtenir un effet rapide, dans un cas de collapsus trop inquiétant par exemple, on la fait intra-veineuse et très lentement. Les injections de sérum artificiel relèvent la tension sanguine; stimulent les centres nerveux et hématopoiétiques, facilitent l’élimination des déchets toxiques en provoquant une diurèse abondante, une diarrhée fréquente et parfois des vomissements.
Médications antiseptiques. — Contre l’état saburral très marqué du début de la fièvre typhoïde, on emploiera utilement la limonade chlorhydrique à 2-4 grammes par litre.
Purgatifs. Laxatifs .— Les purgatifs et les laxatifs ne doivent être employés, chez l’adulte comme chez l’enfant, qu’au cours du premier septénaire. Au début on pourra donner un purgatif salin : 15 à 20 grammes de sulfate de soude ou de magnésie ; le calomel, dont l’action sur le foie est bien connue, pourra être administré surtout aux enfants. Dieulafoy emploie la manne à raison de 15 à 25 grammes dans du lait.
Après le premier septénaire il faut exclure tout purgatif ou laxatif qui sont capables de déterminer les complications que l’on cherche précisément à éviter : hémorragies, perforations, péritonites. Si leur usage n’a pas toujours de conséquences aussi graves, il peut provoquer des élévations de température avec ou sans symptômes abdominaux. Courtellemont a observé assez souvent la mortpar perforation, du douzième au vingtième jour surtout, après administration d’un purgatif. La série suivante n’est pas rare : prise d’un laxatif ou d’un purgatif, deux jours après hémorragie, deux ou trois jours après, perforation et mort. Parmi les autres médicaments employés, les plus usités sont : le naphtol (î, à la dose de 2 gr. 50 par vingt-quatre heures (Bouchard) ; le bétol (salicylate de naphtol) ; le henzonaphtol, 2 à 4 gi’ammes en4 ou 8 doses, en suspension dans du lait; le salol associé ou non au salicylate de bismuth (Dujardin-Beaumetz) ; [’acide lactique sous forme de limonade à 15 ou 25 grammes dans la journée (Hayem); le peroxyde de magnésium en capsules kératinisées de 0 gr. 50, à la dose de deux capsules toutes les trois ou quatre heures (Kirkpatrick) ; le phénol camphré à la la dose de X gouttes toutes les deux heures ; Vurotropine (Chauffard, Triboulet et Lévy) qui, il ne faut pas l’oublier, peut provoquer des hématuries dans les cas de maladies infectieuses aiguës et particulièrement au cours de la fièvre typhoïde (Karkowski, Belkowski, Crowe), mais qui, en raison de son élimination par les voies biliaires, réalise une antisepsie à la fois biliaire et génito-urinaire, h'iode, à l’état de teinture fraîche, a été employé par Raymond, par Arnozan et Caries.
Médications diurétiques. — On a déjà insisté sur la nécessité de faire boire au typhique une grande quantité de liquide, afin de provoquer la diurèse et l’élimination par la voie rénale de tous les déchets toxiques. On a indiqué quelles boissons on doit donner au malade, et en quelle quantité.
TRAITEMENT
Les injections de sérum artificiel favorisent la diurèse. 11 en est de même des lotions froides, des bains et des lavements chauds (Forest). Ces divers procédés seront suffisants dans la plupart des cas. Cependant on pourra être amené à prescrire la lactose, la caféine, la digitale, alcool, qui ont des actions diurétiques mais répondent également à d’autres indications. On pourra donner la théobromine.
Médications toniques. — L'alcool, sous toutes ses formes (vins, rhum, cognac, liqueurs), est un bon tonique. Les Anglais administrent des doses d’alcool que nous estimons exagérées, parfois jusqu’à plus d’un litre par vingt-quatre heures! En France on donne en moyenne de 80 à 100 grammes d’alcool. On utilise fréquemment les vins, le champagne principalement, que les malades tolèrent et absorbent volontiers, surtout glacé.
La caféine, l’éther, répondent à des indications spéciales que nous examinerons plus loin.
Médications anti-infectieuses. — On a proposé l’emploi direct des substances colloïdales : collargol, électrargol, lantol (rhodium colloïdal), or colloïdal (Letulle). Leur action dans certains cas a paru favorable, mais les observations sont loin d’être probantes. Robin, qui s’est particulièrement attaché à l’étude de l’électrargol et du collargol, conclut à leur inefficacité dans le traitement de la fièvre typhoïde.