ÉTUDE CLINIQUE
Il est peu de maladies qui, autant que la fièvre typhoïde, aient bénéficié des recherches de laboratoire. La découverte du bacille spécifique, puis la certitude, récemment acquise, de sa présence dans le sang avant même toute éclosion des premiers symptômes, ont modifié les idées médicales sur l’étiologie et la pathogénie de cette affection. Le cadre étroit dans lequel on l’avait enfermée s’est élargi. On ne doit pas la considérer à la façon de Louis, Chomel, Trousseau, Bretonneau, Murchison, Grisolle, Jaccoud, etc., comme une affection purement intestinale. Elle représente la localisation secondaire d’une infection générale produite par un bacille spécifique. Elle n’est qu’une modalité, la plus fréquente il est vrai, de la septicémie typhique, « au cours de laquelle les troubles de l’appareil digestif, pour aussi importants qü’ils soient, sont loin de représenter le symptôme principal de la maladie. » (H. Roger).
C’est précisément la nature septicémique de la fièvre typhoïde qui peut expliquer le luxe de symptômes sous lesquels elle se manifeste. Sur un fond assez uniforme de signes cliniques géné-
raux et nerveux se détachent des phénomènes morbides très divers, subordonnés eux-mêmes soit à une localisation particulièrement bruyante du bacille — la méningite par exemple — soit à la prédominance de l’un ou l’autre des symptômes ; soit à l’intervention sournoise ou inopinée d’une infection secondaire qui évolue parallèlement et dont l’expression clinique se superpose et se confond avec les signes propres à la fièvre typhoïde elle-même.
Ajoutons que cette dernière est, par excellence, la maladie à « surprises », celle dans laquelle le brutal fléchissement de la résistance organique offre le plus de place à l’imprévu.
11 en résulte, par conséquent, quelque difficulté à embrasser, en un seul cadre et dans leur ensemble, toutes les particularités qu’on peut observer dans la fièvre typhoïde.
Pour s’efforcer d’atteindre le double but de formuler une description aussi claire et aussi complète que possible, on a, dans cet ouvrage, décrit les symptômes de la fièvre typhoïde suivant le plan ci-après.
Dans un premier chapitre, on expose, en une sorte de tableau synthétique, les caractères cliniques de la forme la plus fréquente de la dothiénentérie.
Les principaux types cliniques sont ensuite envisagés dans une étude spéciale.
Enfin, en vue de fournir une étude détaillée de cette maladie si importante et compléter en même temps ce que la description précédente avait nécessairement de succinct, on reprend chacun des principaux symptômes d’après leur détermination anatomique et l’on en étudie les variétés. Ce dernier chapitreclinique est donc le complément nécessaire des précédents.